Ƥ^?F $FH<

Va­sh­kar

Jazz Magazine - - DOSSIER - SO

Par­mi les en­re­gis­tre­ments qui im­po­sèrent Paul Bley comme l’un des grands ré­for­ma­teurs du pia­no jazz du tour­nant des an­nées 1960 (au même titre que Bill

Evans et Ce­cil Tay­lor, aux deux ex­tré­mi­tés du spectre sty­lis­tique de la mo­der­ni­té), les séances Sa­voy de son trio com­po­sé de Steve Swal­low et Pete La Ro­ca, consti­tuent des ja­lons in­con­tour­nables. Sur un ré­per­toire ori­gi­nal mê­lant à quelques com­po­si­tions per­son­nelles des thèmes d’Or­nette Co­le­man et sur­tout de sa femme Car­la, com­po­si­trice en­core peu connue, Bley po­sait les bases d’un dis­cours pia­nis­tique très libre, ly­rique, abs­trait et dé­li­cieu­se­ment el­lip­tique, tout en ex­pé­ri­men­tant une concep­tion ré­vo­lu­tion­naire du trio in­vi­tant les ins­tru­ments à en­trer dans un rap­port éga­li­taire, en une sorte de “tri­logue” flot­tant tout en as­so­cia­tions libres in­cons­cientes et spon­ta­nées. La ma­gis­trale in­ter­pré­ta­tion, toute en conci­sion, de l’énig­ma­tique pe­tite mé­lo­pée de Car­la Bley Va­sh­kar, offre un ma­gni­fique exemple de ce que le pia­niste ap­por­tait alors de ra­di­ca­le­ment neuf. Avec un sens in­né de l’es­pace, à la fois “por­té” par la bat­te­rie aé­rienne, dé­cons­truc­ti­viste et poin­tilliste de La Ro­ca, et comme “an­cré” par l’éton­nant os­ti­na­to ly­rique de la contre­basse de Swal­low, Bley dé­ve­loppe là, en tout juste quatre mi­nutes, toutes les di­men­sions contra­dic­toires de la mé­lo­die, mys­té­rieuse à force de sim­pli­ci­té. • Paul Bley, “Foot­loose”, Sa­voy, 1963

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.