Clare Fi­sher

Ni­ge­rian Walk

Jazz Magazine - - DOSSIER -

Pour ceux qui n’au­raient ja­mais en­ten­du par­ler de ce pia­niste, di­sons que Clare Fi­scher était une sorte de Bill Evans de la côte Ouest. Bien sûr, au­cun des deux hommes n’au­rait ap­pré­cié cette com­pa­rai­son sim­pliste, mais outre la res­sem­blance phy­sique (lu­nettes à mon­ture épaisse et raie sur le cô­té), la proxi­mi­té sty­lis­tique était bien réelle. À com­men­cer par la ma­nière dont les membres de leur trio in­ter­agis­saient à im­por­tance égale (no­tam­ment Ga­ry Pea­cock qui s’illus­tra au­près des deux, et aus­si ma­gis­tra­le­ment que Scott LaFa­ro dans ce disque). Si l’on per­çoit dans le tou­cher ou les har­mo­nies du pia­niste un pro­fond an­crage clas­sique, c’est plu­tôt le rythme en 3/4 que l’on re­marque d’abord dans cette Ni­ge­rian Walk au groove sin­gu­lier. La dé­con­trac­tion avec la­quelle cha­cun évo­lue sur cette valse, et l’in­ven­ti­vi­té constante dont ils té­moignent, suf­fi­raient presque à qua­li­fier ce mor­ceau de chef-d’oeuvre. Mais le lea­der s’y dis­tingue en­core par un phra­sé doc­te­ment ac­ci­den­té et des mo­tifs mé­lo­diques tout en cir­con­vo­lu­tions dont on pour­rait dire, à dé­faut d’autres ré­fé­rences, qu’ils em­pruntent à Len­nie Tris­ta­no ou Lee Ko­nitz (sa plus grande in­fluence, cu­rieu­se­ment), alors qu’ils sont en fait to­ta­le­ment per­son­nels. Gra­ti­fié de cinq étoiles à sa sor­tie par DownBeat et qua­li­fié de « sur­prise de l’an­née », “First Time Out” pré­sen­tait à tra­vers son mor­ceau d’ou­ver­ture un mu­si­cien réel­le­ment aven­tu­reux comme le confir­me­ra plus tard son at­trait pour les mu­siques la­tines ou les cla­viers élec­tro­niques. • JG Clare Fi­scher, “First Time Out”, Pa­ci­fic Jazz, 1962

Clare Fi­scher

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.