An­drew Hill

Il­lu­sion

Jazz Magazine - - DOSSIER -

Il­lu­sion est ex­trait d’une séance re­grou­pant au­tour du pia­niste An­drew Hill, le saxo­pho­niste Sam Ri­vers, le bas­siste Wal­ter Boo­ker et le bat­teur JC Moses. Da­tée de 1966, elle se­ra pu­bliée une pre­mière fois en 1975 avec une autre séance de Sam Ri­vers et au nom de ce der­nier sous le titre “In­vo­lu­tion”, puis ti­trée sé­pa­ré­ment “Change” en 2007. S’y trouve mis en évi­dence le jeu in­no­vant d’An­drew Hill, le si­tuant aux portes de l’avant-garde. Il­lu­sion com­po­sée par le pia­niste, dé­bute avec quelques simples ac­cords aux échos la­tins dé­ri­vant ra­pi­de­ment vers une courte im­pro­vi­sa­tion entre har­mo­nies et dis­so­nances, où les ombres de ses maîtres Bud Po­well et The­lo­nious Monk se glissent in­si­dieu­se­ment dans son jeu aty­pique. Courtes phrases in­ache­vées, contre­temps, ac­cords sug­gé­rés ou de­struc­tu­rés, toute la mo­der­ni­té de son jeu se trouve ici conden­sée, et quand Ri­vers entre dans cette libre et im­pres­sion­niste struc­ture har­mo­nique, l’in­ten­si­té du quar­tette monte en­core d’un cran. Ni bop ni réel­le­ment free, Il­lu­sion té­moigne de la ca­pa­ci­té d’An­drew Hill à mai­tri­ser ses in­fluences, à les pro­lon­ger pour mieux s’en échap­per et s’ou­vrir d’autres voies no­va­trices. Ain­si, dans un re­gistre plus lan­ci­nant et mi­ni­ma­liste, le pia­niste en­re­gis­tre­ra plus tard une ver­sion al­ter­na­tive d’Il­lu­sion (“One For One”, Blue Note, 1969), cette fois-ci com­plé­tée d’un qua­tuor à cordes. • JPV An­drew Hill, “Change”, Blue Note, 1966

An­drew Hill

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