Fred Hersch

So In Love

Jazz Magazine - - DOSSIER -

Fred Hersch l’a écrit lui-même dans le li­vret : « Pro­ba­ble­ment la bal­lade la plus lente que j’aie ja­mais en­re­gis­trée. » Le choix du tem­po est cru­cial dans cette ver­sion d’une chan­son as­sez peu jouée de Cole Por­ter. Écrite à quatre temps, la mé­lo­die se voit éti­rée ici dans une me­sure à trois temps qui, au tem­po choi­si, en rend le dé­bit plus im­mé­diat, presque na­tu­rel. En com­pa­rant cette prise à celle gra­vée en 5/4 par le même pia­niste en trio (“Night And The Mu­sic”, Pal­met­to, 2007), on me­su­re­ra l’es­pace in­ouï d’ap­pro­pria­tion d’une com­po­si­tion qui peut s’of­frir à un mu­si­cien de jazz d’une telle en­ver­gure. « Une confes­sion in­time entre une per­sonne et une autre... », nous dit-il en­core. L’in­tros­pec­tion est puis­sante et pal­pable, dé­nuée de la miè­vre­rie qui guette pour­tant les meilleurs pia­nistes se confron­tant, avec cette len­teur, à un ré­per­toire pro­pice à tous les sté­réo­types har­mo­niques. Non moins im­pres­sion­nante est la maî­trise des plans so­nores au-des­sus des­quels s’élève le chant, car c’est bien de chant ins­tru­men­tal dont il est ques­tion ici et tout au long de ce triple al­bum, qui fait date dans la dis­co­gra­phie du grand Fred Hersch. • VC Fred Hersch, “Songs Wi­thout Words”, No­ne­such, 2000

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