EDI­TO #8

Joggeur - - Edito - BER­TRAND SAN­LA­VILLE, DI­REC­TEUR DE LA RÉ­DAC­TION

Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Moi, je cours ! Tout le temps ! C’est de­ve­nu une drogue. Je m’ac­corde un jour de re­pos mais j’ai l’en­vie ir­ré­pres­sible d’y re­tour­ner le len­de­main comme pour com­bler un manque »… Les exemples de cou­reurs pour qui le run­ning a conduit à une ad­dic­tion sé­vère sont nom­breux, même si à la base ils n’étaient pas pré­des­ti­nés à ali­gner des ki­lo­mètres avec, en guise de cein­ture, un car­dio. La course à pied a la par­ti­cu­la­ri­té d’être accessible, peu oné­reuse, simple à pra­ti­quer. Elle séduit éga­le­ment à tout âge. On ga­lope quand on est ga­min, on fait du sport quand on est jeune, on s’en­tre­tient et l’on cherche le se­cond souffle quand on se fait ap­pe­ler « vé­té­ran ». À chaque tranche d’âge sur­git le plai­sir lié au dé­fou­le­ment, au chrono ou au bien-être comme nous vous l’ex­pli­quons dans le gros dos­sier de ce nu­mé­ro. Il est ce­pen­dant es­sen­tiel de connaître les li­mites d’une pra­tique trop ré­gu­lière ou trop in­tense pour ne pas se re­trou­ver « cra­mé », sans jus, dé­pi­té, las de voir que les perfs stag­nent et qu’au plai­sir a suc­cé­dé la frus­tra­tion. L’hy­per ac­ti­vi­té, qu’elle soit liée au tra­vail ou au sport, en­traîne les mêmes ef­fets se­con­daires sou­vent ra­va­geurs. On ne parle même pas ici des pe­tites bles­sures aux­quelles il faut prendre garde à tout âge, mais du gros coup de mou dé­bar­qué par exemple un jour de prin­temps par forte cha­leur, symp­tôme d’une rup­ture psy­cho­lo­gique. « Burn out », « ner­vous break-down », c’est ça ? Oui et c’est sou­vent dur à ad­mettre puisque le sport, c’est bien connu, n’ap­porte que des ef­fets po­si­tifs sur la san­té. C’est même mar­qué dans Jog­geur !!! Sauf que l’ex­cès est l’en­ne­mi du bien à quelque ni­veau de com­pé­ti­ti­vi­té que ce soit, d’au­tant plus quand les ob­jec­tifs que vous vous êtes fixés se re­fusent à vous. Man­ger trop de viande, boire trop d’al­cool, re­gar­der trop la té­lé… nuit gra­ve­ment à la vie. On se trouve en­ser­ré dans une sorte de cercle vi­cieux, sans is­sue évi­dente, de plus en plus iso­lé so­cia­le­ment puisque sou­vent en mode né­ga­tif face à des contra­rié­tés phy­siques in­ex­pli­quées, des baisses de mo­ral sou­daines, un ap­pé­tit contra­rié… Dans tous les cas de fi­gure et puis­qu’on parle de course à pied, c’est la voie de ga­rage as­su­rée, l’ar­rêt obli­ga­toire pour re­char­ger les bat­te­ries, re­fue­ler avant d’es­pé­rer re­trou­ver la flamme. On ne le ré­pé­te­ra ja­mais as­sez, l’es­sen­tiel de­meure le plai­sir et le plai­sir doit se consom­mer avec une forme de modération pour en pré­ser­ver la saveur. Les ac­ti­vi­tés com­plé­men­taires à la course à pied sont es­sen­tielles (on vous dit tout sur le yo­ga!) pour se res­sour­cer, s’ac­cep­ter, ac­cep­ter les dé­fis de de­main sans prise de tête.

« L’ES­SEN­TIEL DE­MEURE LE PLAI­SIR ET LE PLAI­SIR DOIT SE CONSOM­MER AVEC UNE FORME DE MODÉRATION POUR EN PRÉ­SER­VER LA SAVEUR… »

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