Bien dans ses pompes

Joggeur - - Sommaire - Par Da­mien Bul­lot - Pho­tos Fotolia et DR

Gare aux chaus­sures inadaptées… !

SI COU­RIR RE­LÈVE D’UN PRIN­CIPE ÉLÉ­MEN­TAIRE POUR L’HOMME ET S’IL EST POS­SIBLE DE COU­RIR N’IM­PORTE OÙ, OU PRESQUE, IL N’EST PAS CONCE­VABLE A CONTRA­RIO DE COU­RIR AVEC N’IM­PORTE QUOI AUX PIEDS. MAIS ÊTRE MAL CHAUS­SÉ EN­GLOBE PLU­SIEURS DO­MAINES.

JOG­GEUR FAIT LE POINT SUR LES DIF­FÉ­RENTS CAS ET LES RISQUES EN­COU­RUS. i les fa­bri­cants ré­pondent à la de­mande des dif­fé­rentes pra­tiques et des pra­ti­quants, le risque de faire un mau­vais choix existe. De même, une mau­vaise uti­li­sa­tion ou une paire de chaus­sures dé­gra­dée sont au­tant de cas pou­vant en­traî­ner des sé­quelles. Nous avons ain­si re­le­vé quatre cas de fi­gure les plus cou­rants pour les­quels nous avons ana­ly­sé, avec l’aide de spé­cia­listes, les risques en­cou­rus au ni­veau mé­di­cal. À no­ter que pour l’en­semble des cas, la per­for­mance est for­cé­ment al­té­rée.

SDes chaus­sures inadaptées à son pied

D’abord, il faut éclair­cir un point. Da­vid Po­chot, res­pon­sable d’Asics, nous éclaire : « La pro­na­tion n’est pas une ma­la­die, c’est un phé­no­mène na­tu­rel qui sert d’amor­tis­se­ment. Mais de­puis plu­sieurs an­nées, on en a fait un re­jet. Au point qu’en France, on vend 40 % de pro­duits dits neutres, ce qui est une aber­ra­tion. Ce­la en­traîne des bles­sures ou de fausses idées sur cer­tains pro­duits. » Da­niel Ben­ja­min, po­do­logue, est d’ac­cord sur ce point et af­firme : « Les chaus­sures pro­duites sont faites pour s’adap­ter au plus grand nombre et la dif­fé­rence d’un mo­dèle à l’autre n’est pas phé­no­mé­nale. » Une fois le type de fou­lée éta­bli, et donc le type de chaus­sure ( cf. en­ca­dré « Quel type de fou­lée avez- vous? » ) , il ne faut pas se trom­per car choi­sir un mo­dèle in­adap­té en­traîne, se­lon Ar­naud Le­che­val­lier, ki­né et os­téo­pathe: « Des dou­leurs dites de com­pen­sa­tion. Les chaînes mus­cu­laires op­po­sées vont tra­vailler plus pour com­pen­ser le dé­ca­lage. Ce­la peut en­traî­ner des dou­leurs al­lant du ge­nou au dos en pas­sant par la hanche. Cer­taines bles­sures mus­cu­laires peuvent aus­si ap­pa­raître comme des contrac­tures ou, pire, des dé­chi­rures pen­dant un exer­cice de type frac­tion­né. »

Les risques en­cou­rus Ten­di­nite, en­torse, pu­bal­gie, pro­blèmes ar­ti­cu­laires, contrac­ture/ dé­chi­rure, bur­site ré­tro- ca­pi­tale, apo­né­vro­site plan­taire.

Des chaus­sures inadaptées à votre concep­tion de la course

S’il est en soit pos­sible de cou­rir avec n’im­porte quelle paire de chaus­sures, toutes ne sont pas adap­tées à la mor­pho­lo­gie et pour cou­rir avec ef­fi­ca­ci­té. Avec l’en­goue­ment pour le run­ning, il n’est pas rare de voir le di­manche des cou­reurs avec la pre­mière paire de bas­kets trou­vée au fond de l’ar­moire ou, pire, des chaus­sures dites « ur­baines » comme des Converses. Rap­pe­lons- le : pour cou­rir, il faut une paire de chaus­sures pré­vue pour la course à pied. Et n’ayez pas peur d’y mettre le prix ! Pour au­tant, il est pos­sible de ne pas cas­ser sa ti­re­lire grâce à des mo­dèles à par­tir de 75 € ( voire moins lors des pro­mo­tions). Deuxième évi­dence rap­pe­lée par Da­vid Po­chot, res­pon­sable tech­nique chez Asics : « Une chaus­sure de run­ning ne peut pas s’ache­ter sans conseil et sans es­sayage. » En fonc­tion de votre pra­tique et de votre mor­pho­lo­gie, il se­ra fa­cile de vous faire conseiller. Si la ten­dance veut que plus la dis­tance s’al­longe, plus l’amor­ti aug­mente, le dé­bat ou­vert

sur les chaus­sures minimalistes va à contre­sens. Se­lon Be­noît Gran­gier, res­pon­sable chez Vi­bram : « Un cou­reur bien en­traî­né n’a pas be­soin d’amor­ti dans sa chaus­sure, que ce soit pour un 10 km et/ ou un ma­ra­thon. Et par bien en­traî­né, je veux dire qu’il est ca­pable de cou­rir avec une prise d’ap­pui avant pied sur n’im­porte quelle dis­tance. » Le po­do­logue est moins af­fir­ma­tif. Se­lon lui : « Les ar­gu­ments des ven­deurs de chaus­sures minimalistes di­sant que l’on se blesse moins avec ce type de pro­duits sont faux. » Et d’ajou­ter : « Je ne suis pas contre le mi­ni­ma­lisme. Il est avé­ré qu’une frange de cou­reurs a op­té pour ces chaus­sures et n’a plus connu de bles­sures. En re­vanche, ce­ci n’est pas une vé­ri­té ab­so­lue et ne s’ap­plique pas à tous. Il est vrai que cer­tains cou­reurs n’ont pas be­soin de beau­coup d’amor­ti.

NE CRA­QUEZ PAS POUR LE LOOK D’UN MO­DÈLE MAIS POUR SES QUA­LI­TÉS!

Je vois des pa­tients qui se blessent avec et in­ver­se­ment, j’ai des pa­tients qui se sentent très bien avec des minimalistes et ce n’est pas moi qui vais les leur en­le­ver. »

Les risques en­cou­rus Apo­né­vrose de la voûte plan­taire, ten­di­nite du ta­lon d’Achille, pro­blèmes ar­ti­cu­laires, en­torse, pu­bal­gie, contrac­ture/ dé­chi­rure, bur­site ré­tro- ca­pi­tale, am­poules plan­taires.

Des chaus­sures adap­tées mais usées

Une en­taille dans la se­melle ou du tex­tile ar­ra­ché, voi­ci des signes évi­dents de l’usure de votre chaus­sure. Mais si­non, com­ment dé­fi­nir qu’il est temps de chan­ger ? Da­vid Po­chot nous éclaire : « Pour un cou­reur qui uti­lise ré­gu­liè­re­ment ses chaus­sures, à sa­voir deux à trois fois par se­maine avec des sor­ties d’une heure à une heure trente ( NDLR: soit une four­chette de 1000 et 2300 km!), il convient de chan­ger ses chaus­sures tous les huit à douze mois. Par contre, si l’on ne s’en sert pas ré­gu­liè­re­ment, les ma­té­riaux dur­cissent ce qui oc­ca­sionne une perte de sou­plesse. » L’usure peut in­ten­si­fier un pro­blème de sta­bi­li­té. Notre po­do­logue prend un exemple : « Avec une fou­lée su­pi­na­trice, la tige de la chaus­sure va se tordre et ac­cen­tuer l’ef­fet su­pi­na­teur, ce qui cause des pro­blèmes aux genoux. » Ar­naud Le­che­val­lier pré­cise que : « Dans cer­tains cas, il y a risque d’en­torse. »

Les risques en­cou­rus Syn­drome de l’es­suie- glace dans cer­tains cas, en­torse, ten­di­nite.

Des chaus­sures à la mau­vaise poin­ture

Si la va­so­di­la­ta­tion est évi­dente, il ne faut pas faire n’im­porte quoi. On conseille sou­vent d’es­sayer ses chaus­sures le ma­tin plu­tôt qu’après une jour­née au so­leil. Le po­do­logue ré­sume: « Prendre une ou deux tailles au- des­sus n’est pas une chose évi­dente. En fonc­tion de la poin­ture, ce n’est pas le même pour­cen­tage. J’ai donc ten­dance à conseiller une de­mi- taille en plus pour les pe­tites poin­tures et une taille pour les plus grandes. Mais ce n’est pas une règle uni­ver­selle. » Si les risques sont cu­ta­nés ( am­poules, échauf­fe­ments), l’os­téo­pathe ajoute : « Ils peuvent en­traî­ner des pro­blèmes ar­ti­cu­laires et/ ou in­flam­ma­toires à cause d’un chan­ge­ment de la fou­lée dû aux pro­blèmes cu­ta­nés. »

Les risques en­cou­rus Am­poules, échauf­fe­ments, ten­di­nite, in­flam­ma­tion ar­ti­cu­laire, per­ios­tite ti­bial.

En conclu­sion

Ou­til in­dis­pen­sable de la course à pied, la chaus­sure ne doit pas être né­gli­gée. Au contraire, vous de­vez por­ter une at­ten­tion par­ti­cu­lière dans votre choix et ne pas cra­quer pour un mo­dèle en fonc­tion de son look mais bien pour ses qua­li­tés réelles à s’adap­ter à votre pied et à votre pra­tique. L’in­con­fort et la dou­leur sont les in­di­ca­teurs d’une paire in­adap­tée.

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