Soyez éco-res­pon­sables

Joggeur - - Sommaire - Par Laurent Cha­de­las - Pho­tos DR

Rou­tier ou cou­reur, à cha­cun son em­preinte…

LE RÉ­CENT RAP­PORT DU GROUPE D’EX­PERTS IN­TER­GOU­VER­NE­MEN­TAL SUR LES CONSÉ­QUENCES DU RÉ­CHAUF­FE­MENT CLI­MA­TIQUE CONCLUT À LA NÉ­CES­SI­TÉ D’AGIR AU­JOURD’HUI AFIN DE LI­MI­TER LA HAUSSE DE LA TEM­PÉ­RA­TURE DE LA PLA­NÈTE. QUEL EST LE RAP­PORT AVEC LA COURSE À PIED ? L’EM­PREINTE… CAR­BONE ! ans son rap­port ren­du pu­blic en avril, le GIEC pointe la res­pon­sa­bi­li­té de l’ac­ti­vi­té hu­maine dans le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique via le tris­te­ment cé­lèbre ef­fet de serre. Si la lec­ture des conclu­sions de ce rap­port in­ter­pelle le ci­toyen vert, ses causes et ses consé­quences concernent aus­si les cou­reurs. L’ac­ti­vi­té spor­tive n’est pas res­pon­sable au pre­mier rang du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et de la dé­gra­da­tion de l’en­vi­ron­ne­ment mais elle y contri­bue. 500000 bou­teilles d’eau en plas­tique sur un ma­ra­thon de Pa­ris, 2500000 ( deux mil­lions et de­mi, si, si) go­be­lets en plas­tique sur un ma­ra­thon de New- York pour 40000 par­ti­ci­pants. Ces chiffres de la dé­me­sure des block­bus­ters du bi­tume donnent le ver­tige à dé­faut d’en­ivrer, force reste à l’eau sur ces épreuves. Des bou­teilles et des go­be­lets qu’il a fal­lu pro­duire et trans­por­ter sur des cen­taines voire des mil­liers de ki­lo­mètres, qu’il fau­dra col­lec­ter, trai­ter, re­cy­cler, créant une ac­ti­vi­té qui im­pacte l’en­vi­ron­ne­ment. Si l’eau, c’est la vie, force est de consta­ter qu’elle est al­lè­gre­ment gâ­chée. Les bou­teilles dis­tri­buées aux ra­vi­taille­ments sont en ef­fet à peine en­ta­mées avant d’être je­tées par terre par les concur­rents. Der­rière la fo­rêt de plas­tique bien vi­sible et les ri­vières d’eau gâ­chées se cache l’océan de ké­ro­sène, in­vi­sible et qua­si­ment in­odore. La part des transports dans le coût en­vi­ron­ne­men­tal glo­bal des évé­ne­ments spor­tifs est de très loin la plus im­por­tante ( jus­qu’à 95 %). Et l’avion peut re­pré­sen­ter jus­qu’à 98 % de l’em­preinte car­bone liée aux transports. L’em­preinte car­bone peut

Dêtre dé­fi­nie comme la somme des im­pacts sur les res­sources na­tu­relles de notre pla­nète que nos be­soins et dé­si­rs gé­nèrent, dans des sec­teurs aus­si va­riés que l’ali­men­ta­tion, l’ha­bi­tat, le chauf­fage, les transports, l’ha­bille­ment… Pour un im­pact neutre sur l’en­vi­ron­ne­ment, chaque ci­toyen ne doit pas gé­né­rer, en moyenne, plus de 1,9 ton­neé­qui­valent CO2 par an et par per­sonne. Un al­ler- re­tour Pa­ris- NewYork en gé­né­rant une tonne à lui seul, la fac­ture en­vi­ron­ne­men­tale per­son­nelle monte très vite. Dès lors, deux so­lu­tions peuvent ef­fleu­rer l’es­prit du cou­reur. D’abord: cou­rir est un plai­sir que je re­fuse de sa­cri­fier, peu im­porte la pla­nète. En­suite : la sur­vie de l’hu­ma­ni­té est trop im­por­tante, j’ar­rête tout et je pars – à pied – éle­ver des chèvres en Ar­dèche. La deuxième so­lu­tion, certes éco- res­pon­sable, est un poil ex­trême. Une troi­sième voie de­meure en­vi­sa­geable. Cette voie, Di­dier Le­hé­naff ( voir en­ca­dré) nous la trace à grands traits verts.

Cou­reur éco­res­pon­sable, qui es- tu ?

« Le cou­reur éco- res­pon­sable, c’est ce­lui qui est at­ten­tif à sa ma­nière de pra­ti­quer au quo­ti­dien. Que je pra­tique en mi­lieu ur­bain, pé­ri­ur­bain ou ru­ral, quel est mon im­pact trans­port pour me rendre sur site ? Estce que je fais le tra­jet seul en voi­ture, est- ce que j’ai es­sayé le co­voi­tu­rage ? Ai- je pen­sé au train ? Ai- je cher­ché des courses de pleine na­ture au plus près de chez moi plu­tôt que de par­cou­rir des cen­taines de ki­lo­mètres pour m’y rendre ? Plu­tôt que de dé­pen­ser 100 eu­ros pour s’ins­crire à un ma­ra­thon dont l’or­ga­ni­sa­tion em­poche au fi­nal plus de la moi­tié, pour­quoi ne pas se tour­ner vers des or­ga­ni­sa­teurs res­pon­sables qui dé­dient une par­tie de leurs bé­né­fices à des

as­so­cia­tions ? Il faut sou­te­nir les marques qui re­versent une par­tie de leur chiffre d’af­faires à des pro­grammes so­ciaux ou en­vi­ron­ne­men­taux via l’ONG “1 % pour la pla­nète” créée par Yvon Chouinard, fon­da­teur de Pa­ta­go­nia. Pour l’équi­pe­ment, le cou­reur éco­res­pon­sable achè­te­ra plu­tôt lo­cal que glo­bal, des pro­duits de qua­li­té, du­rables, réa­li­sés dans des condi­tions ac­cep­tables so­cia­le­ment et éco­no­mi­que­ment pour les po­pu­la­tions qui les ont fa­bri­qués. Pour la pra­tique, les stages et dé­pla­ce­ments, il pré­fé­re­ra le trans­port ter­restre à l’aé­rien, le train à la voi­ture, tou­jours le moindre im­pact car­bone. Il choi­si­ra ses zones de com­pé­ti­tions et des stages au plus près de chez lui. Quand il voya­ge­ra, il pren­dra l’avion, cher­chant à at­té­nuer son em­preinte car­bone en fai­sant des dons à des as­so­cia­tions comme le WWF ou en ame­nant du matériel utile aux ha­bi­tants des pays vi­si­tés. Pour l’ali­men­ta­tion, il consom­me­ra en prio­ri­té les pro­duits sous- condi­tion­nés, bio, de sai­son plu­tôt que des pro­duits

L’EAU, UN BIEN PRÉ­CIEUX

TEL­LE­MENT G­CHÉ.

em­bal­lés in­di­vi­duel­le­ment. De l’eau, du si­rop de fruc­tose et du jus de pomme, ça fait une bonne bois­son éner­gé­tique. Sans de­ve­nir vé­gé­ta­rien, il n’est pas in­utile de li­mi­ter sa consom­ma­tion de pro­téine ani­male, émet­trice de CO2 ( 11000 litres d’eau né­ces­saires pour pro­duire un ki­lo de boeuf!). Quand les run­nings sont usées, met­tez- les dans la boucle du re­cy­clage. Une piste d’ath­lé, c’est 75000 paires de run­nings ré­cu­pé­rées et va­lo­ri­sées ! » In­ta­ris­sable, Di­dier est à l’écoute de ceux qui sou­haitent or­ga­ni­ser des évé­ne­ments plus res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment. Il les ac­com­pagne en leur pro­po­sant des so­lu­tions simples et ef­fi­caces : ins­tal­ler des bat­te­ries d’eau du ro­bi­net à haut dé­bit pour les ra­vi­taille­ments, convaincre les four­nis­seurs de mettre à dis­po­si­tion des pro­duits bio sans condi­tion­ne­ment. Prendre conscience de l’im­pact de nos agis­se­ments n’est pas sy­no­nyme d’ar­rêt de toute ac­ti­vi­té. C’est un en­cou­ra­ge­ment à la res­pon­sa­bi­li­sa­tion du ci­toyen face à ses gestes quo­ti­diens et à leurs consé­quences sur l’en­vi­ron­ne­ment. S’il s’agit de moins faire, il est avant tout ques­tion de mieux faire pour de­ve­nir un ci­toyen éco- res­pon­sable à plein- temps, avec ou sans bas­kets. sv­pla­nete. blog­spot. fr

500 000 bou­teilles d’eau sont uti­li­sées dans le cadre du ma­ra­thon de Pa­ris. 500 000 ob­jets qu’il s’agit de pro­duire avant de les trans­por­ter et de les re­cy­cler. Ce qui a for­cé­ment un im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment.

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