MIS­SION IM­POS­SIBLE !

Joggeur - - Course Viaduc De Millau -

L’aven­ture com­mence quelques jours avant la course. On avait dé­ci­dé d’y al­ler en groupe, mais plus la date ap­pro­chait… À quelques jours de l’évé­ne­ment, notre co­pine Caroline de­vait re­non­cer à cause d’une contrac­ture, puis Ma­li­ka suc­com­bait à la va­ri­celle ! Pas de chance… Du coup, on se re­trouve à quatre. Après quelques pé­ri­pé­ties du­rant le tra­jet, l’aven­ture conti­nue… Comme nous sommes en re­tard, tous les res­tos sont en train de fer­mer… Dé­jà, trouver un menu pré-com­pét s’avère com­pli­qué, alors si comme moi on a une in­to­lé­rance au glu­ten, ça de­vient mis­sion im­pos­sible ! La jour­née com­mence tôt : pe­tit-déj, uni­forme de com­bat, dos­sard épin­glé et puce at­ta­chée aux la­cets, c’est par­ti ! On marche par des ruelles en pente, toujours en­tou­rés de cou­reurs qui, comme nous, ir­ra­dient un mé­lange d’ex­ci­ta­tion et im­pa­tience. Jean-Phi et Sam partent vers les pre­miers SAS, Ma­rine et moi avons en­core du temps et nous pro­fi­tons de l’am­biance fes­tive. Im­pos­sible de cou­rir au dé­part ! Les SAS ou­verts à tous débordent de cou­reurs, alors nous de­vons nous conten­ter de trot­ti­ner en fai­sant at­ten­tion à ne pas mar­cher sur les autres. Et ça com­mence à mon­ter ! La pente de­vient plus raide et, quand le souffle manque, de plus en plus des gens marchent au­tour de nous. Le via­duc ap­pa­raît de plus en plus im­po­sant sur nos têtes, la pente de­vient plus dure… et nous ar­ri­vons au pre­mier ra­vi­to, ra­vies. Ma­rine prend un gel, moi, je me li­mite à l’eau, l’op­tion la plus pru­dente en connais­sant mon es­to­mac ca­pri­cieux. Ça y est, on at­taque le via­duc ! Le géant nous a pré­pa­ré un drôle d’ac­cueil… Faux plat mon­tant et rafales de vent fu­rieux nous coupent les ailes. On se bat pour avan­cer. À ce rythme-là, on va frô­ler dan­ge­reu­se­ment les 3 heures... Bous­cu­lées par le vent, on arrive au bout pour faire de­mi-tour en­fin… Après 12 km de mon­tée, le dé­ni­ve­lé né­ga­tif est un grand bon­heur pour nos jambes. Les ki­lo­mètres dé­filent plus vite et on ne s’at­tarde pas au deuxième ra­vi­to. Les der­niers ki­lo­mètres se dé­roulent sur des che­mins si­nueux de terre et cailloux, jus­qu’à l’en­trée de la ville où le bi­tume reçoit les pre­mières gouttes de pluie qui an­noncent un beau dé­luge. Les jambes ac­cusent les pentes et la fa­tigue. Un “je n’en peux plus” s’échappe de la bouche de ma Bre­tonne pré­fé­rée… Ah non, non, non, là, il faut qu’on fasse notre cé­lèbre sprint ! On l’a fait ! On a réus­si ! Un sac bien rem­pli de nour­ri­ture nous at­tend, plus une belle mé­daille. Con­tentes de re­joindre les co­pains, mouillées jus­qu’aux os et avec les larmes aux yeux, on rentre rê­veuses. Un di­manche ma­gique.

Le via­duc a été en­tiè­re­ment fer­mé et « pri­va­ti­sé ». Une chance unique de fou­ler le pont au­to­rou­tier le plus haut d’Eu­rope tous les deux ans !

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