FRÉ­DÉ­RIC BROS­SARD

Joggeur - - Sante Barefoot -

de pre­mier ordre. À cette con­di­tion, des té­moi­gnages at­testent de pro­grès voire de ré­édu­ca­tion de la fou­lée par cette forme de pra­tique.

Qu’en est-il des per­for­mances ?

Toutes les mo­di­fi­ca­tions évo­quées in­fluent sur les per­for­mances. La vi­tesse est si­gni­fi­ca­ti­ve­ment ré­duite au dé­but de la pra­tique ba­re­foot ou mi­ni­ma­liste. Si des pro­grès ap­pa­raissent ra­pi­de­ment, cer­tains ne re­trou­ve­ront ja­mais leur ni­veau de per­for­mance réa­li­sée chaus­sés et amor­tis. Ce­pen­dant, les re­cords mon­diaux dé­te­nus par des cou­reurs pieds nus tels qu’Abebe Bikila, laissent pen­ser que ce­la est pos­sible. L’en­du­rance, c’est-à-dire la ca­pa­ci­té de sup­por­ter les as­pé­ri­tés du ter­rain et l’échauf­fe­ment des pieds, est mi­nime au dé­but. Le jog­geur est alors contraint d’in­ter­rompre l’en­traî­ne­ment et ain­si d’ac­cep­ter de ré­gres­ser ou alors de pour­suivre sa séance en en­fi­lant ses an­ciennes chaus­sures pour pro­gres­ser ( ndlr : c’est même conseillé du­rant les quatre à six pre­miers mois de tran­si­tion). La fré­quence des séances Cou­reur dé­ter­mi­né, conver­ti au minimalisme

JOG­GEUR : QU’EST-CE QUI T’A AME­NÉ À LA COURSE À PIED ? Fré­dé­ric Bros­sard : À l’école, j’étais tou­jours le der­nier en course à pied. […] À 18 ans, j’ai dé­ci­dé de m’en­traî­ner tous les soirs rs et de m’ins­crire à des com­pé­ti­tions […] ar­ri­vant nt dans des temps iden­tiques à ceux des der­niers vé­té­rans 4. J’ai donc ra­pi­de­ment op­té pour […]…] le golf. Vingt ans plus tard […], mes en­fants se sont mis à l’ath­lé­tisme […]. Je me suis uis dit que ce se­rait un moyen yen in­té­res­sant de m’oc­cu­per er en at­ten­dant.

POUR­QUOI CE CHOIX DE COU­RIR EN MI­NI­MA­LISTE ? Dans le même club que mes en­fants […], j’ai re­joint un groupe d’adultes ltes hors stade où, lorsque le grou­peupe fai­sait deux tours de stade, j’en fai­sais ais pé­ni­ble­ment une moi­tié moi­tié. Mal­gré mon poids de 66 kg pour 1m84, mon coach trou­vait que j’étais un cou­reur… lourd et que je me dé­pla­çais… as­sis […]. Je vi­vais sous ten­di­nite achi­lienne per­ma­nente. À l’époque […], j’ai dé­cou­vert le livre de McDou­gall « Born to Run » et sa quête ef­fré­née de la meilleure fa­çon de cou­rir. Je me suis dit que per­sonne dans mon club ne connais­sait cette tech­nique et que ce­la va­lait peut-être le coup de m’y mettre et de les éton­ner de mes pro­grès (en­fin !) ful­gu­rants... et ce fut le cas !

RQUELLES MO­DI­FI­CA­TIONS CE­LA A-T-IL AP­POR­TÉ À TA FA­ÇON DE COU­RIR ? Ce­la a ra­di­ca­le­ment mo­di­fié mon ap­proche de la course à pied ! Tout d’abord, je me suis frac­tu­ré un or­teil de fa­tigue… puis j’ai écrit un bou­quin van­tant les mé­rites du minimalisme ! Plus sé­rieu­se­ment, j’ai consi­dé­ra­ble­ment al­lé­gé ma fou­lée, ré­dui­sant les ten­sions dans le bas de mes jambes et n’ai plus ja­mais en­ten­du par­ler de ten­di­nite. En­suite, je me suis mis à cou­rir beau­coup plus vite car, dé­pen­sant moins d’éner­gie […], je pou­vais for­cer les al­lures. En­fin, j’ai dé­cou­vert que « sen­tir » le sol était un plai­sir proche du nir­va­na ! Plai­sir dont nous privent les chaus­sures hy­per amor­ties […] Je ne suis pas un phi­lo­sophe du re­tour à la terre et je ne vais pas faire une grande théo­rie sur le su­jet, d’au­tant qu’il faut es­sayer soi-même pour com­prendre…

TES PER­FOR­MANCES SE SONT-ELLES AMÉ­LIO­RÉES ? F. B. : Je suis juste pas­sé, en moins d’un an, de 3 h 40 à 3 h 10 sur ma­ra­thon, et de 47 mi­nutes à 39’45” sur 10 km !

AS-TU RES­SEN­TI DES DOU­LEURS, DES GÊNES EN PAS­SANT AU MINIMALISME ? Bi­zar­re­ment, je n’ai res­sen­ti au­cun des symp­tômes contre les­quels les ou­vrages fon­da­teurs amé­ri­cains met­taient en garde les po­ten­tiels dé­bu­tants mi­ni­ma­listes. Il faut dire que j’avais en­ta­mé une phase de tran­si­tion avant même de sa­voir que ce­la exis­tait car je cou­rais de­puis quelques mois en New­ton, avec leurs fa­meux pa­tins per­met­tant une bas­cule ra­pide vers l’avant. J’ai juste été vic­time d’une frac­ture de fa­tigue d’un mé­ta­tarse im­pu­table à 800 km réa­li­sés en deux mois en Vi­bram Five Fin­gers, ce qui était pro­fon­dé­ment stu­pide en termes de quan­ti­té de ki­lo­mètres, mais éga­le­ment en termes de chaus­sures uti­li­sées...

Bikila, une lé­gende : vain­queur d’un ma­ra­thon pieds nus (à Rome), il ve­nait d’une ré­gion où tous ses col­lègues de la garde im­pé­riale éthio­pienne (il était mo­ni­teur de sport) cou­raient éga­le­ment pieds nus.

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