LE BAD TRIP D’AY­ME­RIC CA­RON, JOUR­NA­LISTE

Joggeur - - Equipement Tourisme Sportif -

« Jus­qu’à pré­sent, le ma­ra­thon m’était ap­pa­ru comme l’une des plus belles ex­pé­riences hu­maines contem­po­raines. Un exer­cice so­li­taire su­bli­mé par le col­lec­tif. L’af­fir­ma­tion de soi ren­due pos­sible par le nous. Et la va­lo­ri­sa­tion d’une mo­rale mal­me­née par notre époque : l’en­traide, la so­li­da­ri­té, l’ef­fort jus­te­ment ré­com­pen­sé et, last but not least, l’ab­sence de cu­pi­di­té. On cou­rait pour rien, pour la beauté du geste, en n’es­pé­rant au­cun autre bé­né­fice que ce­lui d’une vic­toire sur soi-même et la sen­sa­tion re­trou­vée de congé­nères unis dans la gé­né­ro­si­té d’une même aven­ture. Stop. Rem­bal­lons le pia­no et les nappes de syn­thés de Van­ge­lis. Le monde idéal n’existe pas, même dans la course de fond pour ama­teurs. De l’eau a cou­lé sous les ponts de­puis les pre­miers ma­ra­thons des an­nées 70, qui ne re­grou­paient que quelques cen­taines de pas­sion­nés que cer­tains ap­pe­laient alors “fê­lés”. Dé­sor­mais, VO2max Voyages, il y a une course à étapes en Laponie fin mars, mê­lant course à pied et chiens de traî­neau par exemple, ou le triath­lon de l’île Mau­rice (fin no­vembre), avec deux dis­tances pos­sibles. Chez Contrastes Voyages, une for­mule “croi­sière et course à pied” se­ra pro­po­sée dans le cadre de Mar­seille-Cas­sis en oc­tobre 2017 : course le di­manche ma­tin, puis croi­sière d’une se­maine au dé­part de Mar­seille avec es­cales à Bar­ce­lone, Pal­ma de Ma­jorque, Rome, les Cinque Terre (La Spe­zia), Sa­vone puis re­tour à Mar­seille. Avec les ma­ra­thons in­ter­na­tio­naux at­tirent des di­zaines de mil­liers de cou­reurs du di­manche, du mar­di, du jeu­di et du sa­me­di. La grande ma­jo­ri­té d’entre eux, comme moi, comme vous sans doute, s’ins­crit à ses épreuves avec la naï­ve­té sin­cère du type ou de la na­na qui veut juste re­trou­ver l’ex­pé­rience ori­gi­nelle de l’Homme, celle de la course. Nous vou­lons re­nouer avec ce geste gra­tuit et sa­lu­taire qui nous dé­con­necte pen­dant trois, quatre ou cinq heures du sta­tut de mar­chan­dise au­quel nous sommes sou­vent ré­duits. Hé­las. Les ma­ra­thons sont de­ve­nus, eux aus­si, des ma­chines à fric dont nous, cou­reurs, sommes les pi­geons in­vo­lon­taires. Les so­cié­tés or­ga­ni­sa­trices l’ont bien com­pris, qui en­grangent de gé­né­reux bé­né­fices. Et dé­sor­mais fleu­rit le bu­si­ness des agences de voyages spé­cia­li­sées, qui pro­mettent une prise en charge in­té­grale de l’or­ga­ni­sa­tion du ma­ra­thon qui se dé­roule à l’étran­ger. Ces agences se sou­cient-elles à chaque es­cale une dé­cou­verte de la ville en cou­rant.

Les gens du voyage

Si pour cou­rir cer­tains ma­ra­thons, le re­cours à une agence de voyages agréée par l’or­ga­ni­sa­tion de­meure in­con­tour­nable, l’en­semble des pres­ta­tions et ser­vices pro­po­sés sur les autres courses où l’on pour­rait tout or­ga­ni­ser soi-même peut consti­tuer une très bonne so­lu­tion : la sim­pli­ci­té d’avoir un in­ter­lo­cu­teur unique pour l’en­semble de la pres­ta­tion reste un plus in­dé­niable tan­dis que la no­tion de réel­le­ment toutes des cou­reurs, de­ve­nus des « clients » ? Non. En sep­tembre der­nier, à cause de l’une d’entre elles, je n’ai pas cou­ru le ma­ra­thon de Ber­lin, alors que j’avais dé­bour­sé près de 2 000 eu­ros. Comment ? Pour­quoi ? L’af­faire est un peu longue, je la ra­conte page 128 en fin de ma­ga­zine. Dans l’his­toire, j’ai éga­le­ment éga­ré des ca­ma­rades et “amis”. Mais au moins, j’ai ap­pris : non, le ma­ra­thon n’est pas tou­jours une belle aven­ture hu­maine où l’on croise des gens for­mi­dables. Il n’échappe pas à la vie, tout sim­ple­ment. » groupe reste toute re­la­tive, cha­cun sur place étant libre de son pro­gramme. Se­lon les sou­haits de cha­cun, le choix se fe­ra sou­vent sur les pres­ta­tions pro­po­sées : te­nue per­son­na­li­sée, trans­ferts ré­ser­vés pour l’agence, vi­sites de la ville, ac­com­pa­gne­ment des non-cou­reurs sur le par­cours du

PRÉ­FÉ­REZ LE BOUCHE-À-OREILLE PLU­TÔT QUE LES FO­RUMS SUR IN­TER­NET POUR CHOI­SIR LA BONNE AGENCE SANS SE TROM­PER !

ma­ra­thon, etc. En­fin, der­nier con­seil pour la route : soyez à l’écoute des dif­fé­rentes ex­pé­riences de vos proches : le bouche-à-oreille reste pré­fé­rable plu­tôt que de sur­fer sur les avis d’in­ter­nautes, qu’il faut prendre avec des pin­cettes !

Quand une agence chou­choute ses clients, elle leur pro­pose des T-shirt ou autres pon­chos pour se cou­vrir après la course... et res­ter iden­ti­fiable !

Pen­sez aus­si aux trails et aux courses à étapes (comme le Treg, en plein dé­sert, qui a lieu dé­but fé­vrier).

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