B­TONS OU PAS ?

L’USAGE DES B­TONS S’EST GÉNÉRALISÉ EN TRAIL, MÊME SUR DES COURSES AVEC PEU DE DÉ­NI­VE­LÉ. BIEN SOU­VENT AUTORISÉS, PAR­FOIS TO­TA­LE­MENT IN­TER­DITS (GRAND RAID DE LA RÉUNION) OU PAR­TIEL­LE­MENT (SUR LE DÉ­BUT DE LA MONTAGN’HARD PAR EXEMPLE), ILS FONT PAR­FOIS L’OBJ

Joggeur - - Sommaire -

C’est la ques­tion que se posent beau­coup de trai­lers ? On fait le point…

Un peu de bio­mé­ca­nique d’abord. Lorsque le ter­rain de­vient pen­tu, his­ser le poids de son corps de­mande un ef­fort sup­plé­men­taire. Dans un es­ca­lier, il n’est pas rare de s’ai­der d’une rampe et, sur cer­tains che­mins es­car­pés, on peut trou­ver une main cou­rante. Lorsque la pente de­vient très raide, le bi­pède que nous sommes de­vient ex­trê­me­ment lent en com­pa­rai­son de cer­tains qua­dru­pèdes dont le sque­lette est plus adap­té à évo­luer sur ter­rain pen­tu. Les membres in­fé­rieurs poussent et les membres su­pé­rieurs tractent. Une sorte de ver­sion ani­male de la trac­tion au­to­mo­bile in­té­grale. De plus, la flexion des ar­ti­cu­la­tions du cha­mois lui per­met en­core plus d’ai­sance. À la dif­fé­rence de l’homme qui est un plan­ti­grade, notre cha­mois est un on­gu­li­grade, avec no­tam­ment un le­vier im­por­tant au ni­veau du pied. Il pos­sède donc une force mus­cu­laire bien plus consé­quente. Sur une pente très forte, l’homme au­ra ten­dance à se pen­cher en avant, à éven­tuel­le­ment po­ser les mains au sol en cher­chant un point de trac­tion : ra­cine, branche, pierre. Cet ajout d’un ou deux membres pour se dé­pla­cer est une aide pré­cieuse, mais la po­si­tion en qua­si-rep­ta­tion ne per­met pas une bonne ven­ti­la­tion, avec une com­pres­sion de la cage tho­ra­cique et une tête di­ri­gée vers le bas. Il existe une po­si­tion in­ter­mé­diaire, avec le buste in­cli­né et les mains po­sées sur les cuisses, te­nable bien plus long­temps. Voi­là des di­zaines d’an­nées que les mon­ta­gnards ou autres mar­cheurs de longue dis­tance s’aident de bâ­tons pour avoir plus de sta­bi­li­té et ai­der à la pro­pul­sion. Les skieurs de fond éga­le­ment uti­lisent des bâ­tons. Peu à peu, les pra­ti­quants de la course à pied en mon­tagne ont adop­té l’uti­li­sa­tion du bâ­ton, dé­ve­lop­pant même du ma­té­riel spé­ci­fi­que­ment adap­té. En uti­li­sant les bâ­tons, on ob­tient une po­si­tion du corps re­le­vée, per­met­tant une meilleure vi­sion et lec­ture du ter­rain, as­so­ciée à de meilleures ca­pa­ci­tés res­pi­ra­toires. Se­lon la na­ture du ter­rain et son in­cli­nai­son, on pour­ra adop­ter deux types d’uti­li­sa­tion du bâ­ton : soit en “croi­sant” jambe gauche de­vant, bras droit en avant, soit en plan­tant si­mul­ta­né­ment les deux bâ­tons, par­ti­cu­liè­re­ment sur une pente vrai­ment très raide (ty­pi­que­ment sur un ki­lo­mètre ver­ti­cal). Une uti­li­sa­tion ef­fi­cace des bâ­tons né­ces­site une bonne co­or­di­na­tion neu­ro­mus­cu­laire ain­si qu’une par­faite syn­chro­ni­sa­tion entre les membres in­fé­rieurs pro­pul­seurs et les membres su­pé­rieurs trac­teurs. C’est un as­pect à réel­le­ment tra­vailler à l’entraînement. Dans cer­tains cas, il pour­rait être plus dif­fi­cile de ten­ter de mal uti­li­ser ses bâ­tons plu­tôt que de cou­rir les mains libres. Un bon gai­nage est éga­le­ment né­ces­saire, ain­si qu’une bonne mus­cu­la­ture des bras et des muscles dor­saux et pec­to­raux. Ef­fec­tuer quelques exer­cices de ren­for­ce­ment mus­cu­laire pour­ra aus­si ai­der à ne pas se cris­per ni ter­mi­ner sa course pé­tri de cour­ba­tures dans le haut du corps.

Bâ­tons, mode d’em­ploi

Il existe deux types de bâ­tons : mo­no­brins, donc de lon­gueur fixe, et mul­ti­brins (en 3 ou 4 par­ties). Ce type de bâ­ton a pour avan­tage d’être com­pact une fois plié, ce qui fa­ci­lite le transport (voyage en avion par exemple) et per­met de le ran­ger fa­ci­le­ment dans ou sur son sac lors des por­tions de course où

Si les bâ­tons pro­curent un bel avan­tage en mon­tée, ils peuvent être han­di­ca­pants quand le ter­rain de­vient plus plat. L’op­tion « re­pliable » est dans ce cas in­dis­pen­sable.

Par Fred Poi­rier Le bâ­ton mul­ti­brin a l’avan­tage de se plier en trois et d’oc­cu­per peu de place. Il offre un peu moins de ri­gi­di­té qu’un mo­no­brin.

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