« LE TRAIL EST UNE VÉ­RI­TABLE VI­TRINE POUR NOUS »

Cou­reur de de­mi-fond dès ses 14 ans, An­dré Gi­raud est ce qu’on pour­rait ap­pe­ler un « enfant de la piste ». Créa­teur de la course Mar­seille-Cas­sis, il a gra­vi les éche­lons au sein de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise d’ath­lé­tisme, jus­qu’à en prendre la pré­si­dence, l

Jogging International - - Échauffement Interview - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR CLÉ­MENT EXCOFFIER, PHOTO FFA/BEN­JA­MIN LETUPPE

JOG­GING IN­TER­NA­TIO­NAL : COM­MENT S’EST DÉ­ROU­LÉE VOTRE PRISE DE FONC­TION ? AN­DRÉ GI­RAUD : J’étais dé­jà vice-président, je connais donc les dos­siers, et la tran­si­tion s’est ef­fec­tuée en dou­ceur. En de­hors d’un em­ploi du temps en­core plus char­gé, mon quotidien n’a pas été bou­le­ver­sé ! Sans être opé­ra­tion­nel dans toutes les dis­ci­plines, il faut co­or­don­ner l’en­semble et réus­sir à conser­ver une vi­sion glo­bale.

VOUS AVEZ DÉ­CLA­RÉ LORS DE VOTRE CAMPAGNE ET À LA SUITE DE VOTRE ÉLEC­TION QUE VOUS N’EFFECTUERIEZ QU’UN SEUL MAN­DAT. POUR­QUOI ? Par sou­ci de trans­pa­rence et car j’ai 69 ans. Je pense que l’in­té­rêt de l’évo­lu­tion d’une fé­dé­ra­tion, c’est de pré­pa­rer une re­lève. J’au­rai 73 ans à la fin de mon man­dat et il se­ra temps de lais­ser la place à des di­ri­geants plus jeunes. « Sans moi, vous n’êtes rien », très peu pour moi. J’ai quatre ans pour me­ner à bien les pro­jets de la FFA, il ne fau­dra pas perdre de temps, c’est sûr, mais c’est d’au­tant plus mo­ti­vant.

DE­PUIS FIN 2016, LES COURSES À OBS­TACLES SONT RATTACHÉES À LA FFA. QUELLES SONT VOS AM­BI­TIONS POUR CETTE DIS­CI­PLINE ? Le mi­nis­tère de la Jeu­nesse et des Sports a sol­li­ci­té la FFA pour prendre en charge le dé­ve­lop­pe­ment des courses à obs­tacles. D’abord, pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, mais aus­si pour se rap­pro­cher des pra­ti­quants de cette dis­ci­pline, plu­tôt jeunes, et qui pra­tiquent une forme d’ath­lé­tisme en cou­rant, sau­tant, lan­çant, lors de ces épreuves. Il ne fal­lait pas re­faire la même er­reur qu’avec les courses sur route, qui avaient été consi­dé­rées comme un ef­fet de mode à l’époque, et sur les­quelles nous avons toujours du re­tard au­jourd’hui. En­fin, l’as­pect fi­nan­cier ne peut pas être écar­té, puisque les courses à obs­tacles gé­nèrent des re­ve­nus im­por­tants, bien évi­dem­ment in­té­res­sants pour le dé­ve­lop­pe­ment de la FFA. Une course comme la Ch­ti’Dé­lire, in­té­gra­le­ment or­ga­ni­sée par la Ligue des Hautsde-France et non un or­ga­ni­sa­teur pri­vé, fait par­tie des mo­dèles dont nous nous ins­pi­rons.

LE TRAIL EST L’AUTRE DIS­CI­PLINE HORS STADE EN PLEINE EX­PAN­SION. QUELS SONT LES GRANDS AXES DE DÉ­VE­LOP­PE­MENT POUR CONTI­NUER SUR CETTE LAN­CÉE ? Le trail est en ef­fet ex­trê­me­ment po­pu­laire et les ré­sul­tats de l’équipe de France sont à la hau­teur de cet en­goue­ment. C’est une vé­ri­table vi­trine pour la FFA, à tra­vers les nom­breux titres de nos ath­lètes. Notre pré­sence se­ra toujours aus­si forte en mé­tro­pole et nous al­lons mettre l’ac­cent sur la Réunion, avec pour ob­jec­tif d’or­ga­ni­ser les cham­pion­nats du monde de Trail en 2019 ou 2020 dans ce dé­par­te­ment.

MAL­GRÉ LEURS TRÈS BONS RÉ­SUL­TATS, CER­TAINS ATH­LÈTES DE TRAIL DÉ­PLORENT LE MANQUE DE VI­SI­BI­LI­TÉ DE LEUR DIS­CI­PLINE. LES COM­PRE­NEZ-VOUS ? Cette mise en avant du trail fait par­tie de nos axes de tra­vail et le par­te­na­riat avec les chaînes SFR Sport nous per­met­tra de dif­fu­ser les cham­pion­nats de France en di­rect à la té­lé­vi­sion. Bien sûr, il n’est pas évident d’in­té­res­ser les mé­dias gé­né­ra­listes, même spor­tifs, mais notre vo­lon­té de com­mu­ni­quer au­tour de cette dis­ci­pline est néan­moins très forte.

LE PRO­JET MA­RA­THON, QUI VI­SAIT À RE­LAN­CER UNE ÉQUIPE NA­TIO­NALE PER­FOR­MANTE, N’A PAS ÉTÉ UN SUCCÈS, MAL­GRÉ LE TITRE EU­RO­PÉEN DE CH­RIS­TELLE DAUNAY. QUEL EST L’AVE­NIR DU MA­RA­THON FRAN­ÇAIS, À L’HEURE OÙ LES COU­REURS AFRI­CAINS ÉCRASENT LA DIS­CI­PLINE ? Il ne faut pas se leur­rer, nous ne pou­vons pas ri­va­li­ser avec ces cou­reurs pour l’ins­tant et je ne sais pas si nous le pour­rons à l’ave­nir. Si on ajoute le fait que les vain­queurs des grands ma­ra­thons (New-York, Londres, Pa­ris) sont bien plus connus que les cham­pions du monde de la dis­ci­pline et bien mieux payés, pas fa­cile de trou­ver des ath­lètes qui veulent se lan­cer avec si peu de chances de succès et de re­con­nais­sance. Je pense qu’il faut pri­vi­lé­gier dans un pre­mier temps les cham­pion­nats d’Eu­rope de ma­ra­thon par équipe, dans les­quels la France pour­rait se faire sa place sur cet as­pect plus col­lec­tif, pour re­lan­cer le ma­ra­thon chez nous.

NOMBRE D’AF­FAIRES DE DO­PAGE AGITENT LE MONDE DE L’ATH­LÉ­TISME. LES INS­TANCES DI­RI­GEANTES SONT-ELLES AS­SEZ SÉ­VÈRES AVEC LES ATH­LÈTES CONTRÔ­LÉS PO­SI­TIFS ? On connaît les pays qui sont sous sur­veillance, et la vo­lon­té de l’IAAF de lutter contre ces dé­rives est, bien sûr, très forte, tout comme à la FFA. En France, on ne fait pas de ca­deau aux tri­cheurs et ce­la ne chan­ge­ra pas. En tant que président de la FFA, je ne don­ne­rai pas le droit à l’er­reur et les sanc­tions se­ront exemplaires dès le pre­mier contrôle po­si­tif. •

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