Ma­ra­thon de Pa­ris Ré­cit : « J’ai gui­dé Me­lis­sa, cou­reuse mal­voyante »

Jogging International - - Jogging Sommaire - BRU­NO LA­CROIX, PHO­TOS FRAN­ÇOIS BAR­ROIS ET VINCENT LYKY

Comme l’an der­nier, les cou­reurs du Ma­ra­thon de Pa­ris avaient pris l’op­tion « cha­leur » pour 42,195 km qui ont vu un couple ke­nyan s’im­po­ser. Pen­dant ce temps, au mi­lieu des 42 500 fi­ni­shers, un de nos jour­na­listes ac­com­pa­gnait une cou­reuse mal­voyante à une al­lure un rien plus faible...

On l’an­non­çait de­puis le dé­but de la se­maine, le so­leil de­vait être de la par­tie pour ac­com­pa­gner les cou­reurs sur le ma­ca­dam pa­ri­sien. Le di­manche 9 avril, il était bien là, du genre om­ni­pré­sent – voire pe­sant – pour les cou­reurs par­tis des ChampsÉ­ly­sées dans les der­nières vagues, au­tour de 10 heures. Pas­sé le bois de Vin­cennes, où le pe­lo­ton ap­pré­ciait un peu de fraî­cheur, la pre­mière grosse cha­leur de l’an­née, sur un par­cours ur­bain et des quais à dé­cou­vert, a ren­du la course dif­fi­cile pour les or­ga­nismes pré­pa­rés dans le froid. En dé­pit des mises en garde de l’or­ga­ni­sa­tion sur l’im­por­tance de bien s’hy­dra­ter dès les pre­miers postes de ra­vi­taille­ment, et mal­gré la pré­sence de nom­breux points d’ar­ro­sage et d’épon­geage, la fin de par­cours au­ra été in­évi­ta­ble­ment plus pé­nible que pré­vu pour nombre de cou­reurs. On consta­te­ra d’ailleurs beau­coup de dé­faillances sur les der­niers ki­lo­mètres.

BELLE AM­BIANCE

Cette mé­téo es­ti­vale au­ra au moins eu l’avan­tage de faire ve­nir plus de spec­ta­teurs le long du par­cours. Certes, on est en­core loin des am­biances lon­do­nienne ou new-yor­kaise, où pas un hec­to­mètre du tra­cé n’est lais­sé libre par le pu­blic, mais cer­tains points chauds du ma­ra­thon pa­ri­sien prennent dé­sor­mais des al­lures de col du tour de France. Émo­tion et coup de boost à la clef pour tous les par­ti­ci­pants. De cette 41e édi­tion, on re­tien­dra aus­si le nou­veau des­sin de la fin de par­cours : les quais de Seine agréa­ble­ment pro­lon­gés de deux ki­lo­mètres, l’hor­rible mon­tée du bou­le­vard Su­chet entre les km 33 et 34, avant de s’en­fon­cer dans le bois de Bou­logne et ses longues al­lées. Res­tait une der­nière sur­prise, avec ce cro­chet in­édit dans le bois pour pas­ser aux pieds de la ma­jes­tueuse fon­da­tion Louis Vuit­ton, sou­le­vant l’émer­veille­ment des cou­reurs. Le ma­ra­thon est alors proche de son terme. 2 000 m avant le rond-point de la porte Dau­phine et, bien­tôt, les 200 der­niers : hur­le­ments, mar­tel­le­ment des pan­neaux pu­bli­ci­taires par un pu­blic sou­vent dé­li­rant. Der­nières images gra­vées dans la mé­moire. Der­nier plein d’émo­tion. Tout spé­cia­le­ment lors­qu’on fi­nit son pre­mier ma­ra­thon. Ils étaient plus d’un tiers dans ce cas, cette an­née à Pa­ris, après trois à six heures de course. Paul Lo­nyan­ga­ta, lui, au­ra at­ten­du moins long­temps pour goû­ter à ce fi­nal émou­vant. En 2 h 06 min 10 s, il rem­porte l’épreuve et n’a que quelques mi­nutes à pa­tien­ter pour voir ar­ri­ver la pre­mière femme, Pu­ri­ty Rio­no­ri­po, sa com­pa­triote et… son épouse ! Cô­té fran­çais, belle sa­tis­fac­tion pour Has­san Chadhi, 12e au scratch, en 2 h 10 min 20 s, pour son deuxième ma­ra­thon. S’il ne tombe pas en des­sous des 2 h 10 comme es­pé­ré, il bat très lar­ge­ment sa pre­mière marque éta­blie l’an der­nier, à Rot­ter­dam (2 h 15 min 59 s).

Avec la cha­leur, la fin de par­cours au­ra été plus pé­nible que pré­vu pour nombre de cou­reurs. En at­testent les mul­tiples dé­faillances sur les der­niers ki­lo­mètres.

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