Comment les opé­ra­teurs pré­parent la fin du RTC

La date fa­ti­dique de fin de com­mer­cia­li­sa­tion de la té­lé­pho­nie ana­lo­gique, ou RTC, se rap­proche : à la fin 2018, il ne se­ra plus pos­sible de com­man­der de lignes de té­lé­phones ana­lo­giques. Face à Orange et aux grands opé­ra­teurs, que disent et que pro­posent

Journal des Télécoms - - POINT MARCHÉ - PIERRE MANGIN

L e ré­seau com­mu­té té­lé­pho­nique ou RTC est ap­pe­lé à dis­pa­raître. Mais pas la té­lé­pho­nie fixe. Comme le rap­pe­lait l’Ar­cep (le ré­gu­la­teur des té­lé­coms) lors d’une consul­ta­tion sur ce dos­sier au prin­temps 2016, il est pré­vu de­puis des an­nées que France Té­lé­com, de­ve­nu Orange, s’en­gage dans un pro­gramme de mo­der­ni­sa­tion de ses ré­seaux. Cette mo­der­ni­sa­tion a tou­jours in­clus une tran­si­tion vers le « tout-IP » et donc le re­trait des au­to­com­mu­ta­teurs re­mon­tant 30 ans en ar­rière.

Dans la pra­tique, ce­la si­gni­fie que l’opé­ra­teur his­to­rique, tou­jours en charge du « ser­vice uni­ver­sel » et donc d’une large part de l’in­fra­struc­ture câ­blée de té­lé­com­mu­ni­ca­tion (ré­seau cuivre, ici), no­tam­ment dans les zones les plus re­cu­lées, de­vait en­tre­te­nir en­core quelque 300 gros au­to­com­mu­ta­teurs « pu­blics » ana­lo­giques, voués à l’ob­so­les­cence. Leur prin­ci­pale ca­rac­té­ris­tique est de com­mu­ter des « cir­cuits » tout en en­voyant de l’éner­gie, à hau­teur de 12 ou 24V, le plus sou­vent, sur du câ­blage cuivre en paire tor­sa­dées - ce­la pour ai­guiller les com­mu­ni­ca­tions vo­cales té­lé­pho­niques. Le sup­port et la main­te­nance de ces équi­pe­ments de tech­no­lo­gie dé­pas­sée coûtent cher, il est vrai. Et leur ex­ploi­ta­tion ex­pose,

« Avec les so­lu­tions xDSL, le câ­blage cuivre de­meu­re­ra en­core long­temps, pro­ba­ble­ment à hau­teur de 80 ou 90% des liens ». Ar­naud Clé­ment, di­rec­teur mar­ke­ting et avant-vente de la di­vi­sion Té­lé­com de Hub One

ob­jec­ti­ve­ment, à des dys­fonc­tion­ne­ments, voire des cou­pures de ser­vice. À no­ter que le re­trait de ces au­to­coms ana­lo­giques ne si­gni­fie pas la sup­pres­sion du ré­seau cuivre, contrai­re­ment à ce qui est dit par­fois ici ou là, à tort (cf. l’en­ca­dré p.29).

Le ré­seau cuivre a tou­jours sa rai­son d’être pour le sup­port d’autres formes de té­lé­com­mu­ni­ca­tions dé­sor­mais nu­mé­riques, comme les ser­vices de liai­sons spé­cia­li­sées (ou « liai­sons louées ») et, bien sûr, les ac­cès à In­ter­net xDSL (uti­li­sant des box ré­si­den­tielles ou pro­fes­sion­nelles, qui né­ces­sitent une ali­men­ta­tion élec­trique).

UN CA­LEN­DRIER BIEN COM­MU­NI­QUÉ, BIEN RE­ÇU

À la de­mande de l’Ar­cep, Orange a com­mu­ni­qué aux autres opé­ra­teurs un ca­len­drier d’ar­rêt pro­gres­sif de ce ré­seau RTC. Orange s’est en­ga­gé à an­non­cer au moins 5 ans à l’avance l’ar­rêt tech­nique du RTC « sur une quel­conque par­tie du

ter­ri­toire ». Pour sa part, l’Ar­cep doit veiller à ce que les condi­tions de cette tran­si­tion tech­no­lo­gique per­mettent l’exer­cice d’une concur­rence ef­fec­tive et loyale entre les opé­ra­teurs.

Pour l’AFUTT, il y a éga­le­ment né­ces­si­té de re­pré­ci­ser le ser­vice uni­ver­sel : « la sup­pres­sion du RTC de­vrait être pré­cé­dée d’une ré­vi­sion du ca­hier des charges du ser­vice uni­ver­sel, ob­serve Ber­nard Du­pré, pré­sident de l’as­so­cia­tion de dé­fense des uti­li­sa­teurs de té­lé­com­mu­ni­ca­tions. Il faut no­tam­ment re­voir le dé­bit mi­ni­mum d’ac­cès à In­ter­net et re­voir le dé­tail de la fac­tu­ra­tion ». Le ser­vice RTC se­ra fer­mé pro­gres­si­ve­ment. Au 4ème tri­mestre 2018, Orange ces­se­ra de créer de nou­velles lignes ana­lo­giques sur RTC. Un an plus tard, ce se­ront les lignes nu­mé­riques T0 (ou RNIS Nu­mé­ris) qui ne se­ront plus com­mer­cia­li­sées. Se­ra alors créée une nou­velle offre de gros (« Ac­cès es­sen­tiel ») per­met­tant aux opé­ra­teurs al­ter­na­tifs de dé­ve­lop­per une offre de té­lé­pho­nie sur IP non cou­plée à In­ter­net (avec box ou modem).

Et « au plus tôt en 2022 », avec la mi­gra­tion vers le tout-IP, les pre­mières fer­me­tures tech­niques du RTC in­ter­vien­dront par plaques géo­gra­phiques, à rai­son de 150000 ac­cès par an en­vi­ron (soit 3 à 5% du parc de lignes ana­lo­giques concer­nées, sur un to­tal de 10 mil­lions de lignes RTC). Cette mi­gra­tion s’éta­le­ra au-de­là de 2025, confirme Franck Zie­lon­ka, res­pon­sable sup­port mar­ke­ting all-IP chez Orange Bu­si­ness Ser­vices. À no­ter qu’une « plaque » consti­tue une zone de des­serte d’un ou plu­sieurs équi­pe­ments tech­niques, cor­res­pon­dant à un re­grou­pe­ment de com­munes et/ou d’ar­ron­dis­se­ments.

Pour les mi­gra­tions de clients en « parc », Orange étu­die­ra une so­lu­tion ba­sée sur des cartes POTS, mais avec des « li­mi­ta­tions d’éli­gi­bi­li­té ». L’opé­ra­teur his­to­rique confirme que le dé­grou­page par­tiel conti­nue­ra d’être com­mer­cia­li­sé, ain­si que le « bits­tream non nu » (DSL Ac­cess).

« Pour nous, les opé­ra­teurs al­ter­na­tifs, qui pe­sons plus d’un mil­liard d’eu­ros, il y a ur­gence, car la fibre est le point d’ac­cès ré­seau idéal pour tout opé­ra­teur. L’al­ter­na­tive ra­dio, c’est plus com­pli­qué, trop cher, même si nous sommes opé­ra­teur MVNO avec SFR ». Alexandre Ni­caise, p-dg d’Al­pha Link

DES OPÉ­RA­TEURS AL­TER­NA­TIFS PLU­TÔT SE­REINS

Pour la plu­part des opé­ra­teurs al­ter­na­tifs, la com­mu­ni­ca­tion sur ce ca­len­drier est plu­tôt claire. « Ce ne se­ra pas un“big­bang ”, ob­serve Alexandre Ni­caise, p-dg d’Al­pha­link.

Mais ce­la ré­veille des frus­tra­tions la­tentes, concer­nant no­tam­ment l’ac­cès à la fibre FTTH ac­ti­vée : l’Ar­cep ne s’est tou­jours pas pro­non­cée sur la vente en gros. Ça n’avance pas, dé­plore-t-il. Pour nous, les opé­ra­teurs al­ter­na­tifs, qui pe­sons plus d’un mil­liard d’eu­ros, il y a ur­gence, car la fibre est le point d’ac­cès ré­seau idéal pour tout opé­ra­teur. L’al­ter­na­tive ra­dio, c’est plus com­pli­qué, trop cher, même si nous sommes opé­ra­teur MVNO avec SFR ». De­puis mars, Al­pha­link lance l’offre BroadC­loud de Broad­soft, ap­por­tant des ser­vices de com­mu­ni­ca­tion uni­fiée sur tout le ter­ri­toire, grâce à la boucle lo­cale. « L’en­goue­ment est là car notre pla­te­forme, très mo­derne, est mul­ti­ser­vices : sup­port des smart­phones (An­droid, iOS, Win­dows) avec tous les connec­teurs utiles (Of­fice 365, Skype for Bu­si­ness, Sa­les­force...). Dans les 6 mois, tous nos clients y au­ront ac­cès. Nous comp­tons pas loin de 200000 uti­li­sa­teurs par jour sur 40000 sites connec­tés, dont cer­tains en fibre jus­qu’à 10 Go (en

FTTB) ». Al­pha­link pro­pose par­fois des fais­ceaux hert­ziens avec TDF, ty­pi­que­ment sur des zones blanches avec des dif­fi­cul­tés de gé­nie ci­vil. « Nous res­tons à un prix équi­valent à un ac­cès fibre à 10Mé­ga hors zone ur­baine ». L’opé­ra­teur teste ac­tuel­le­ment des rou­teurs 4G en par­te­na­riat avec SFR et en­vi­sage une ar­chi­tec­ture 5G à l’ho­ri­zon 2020-2022.

« Au­jourd’hui, comme nous ne com­mer­cia­li­sons plus de lignes ana­lo­giques, il faut com­prendre comment s’éta­blissent les flux, les pics d’ac­ti­vi­té… Et il faut in­té­grer la com­po­sante té­lé­pho­nie dans la com­mu­ni­ca­tion ».

L’ADSL, UNE RÉA­LI­TÉ FIABLE

Chez Al­liance Te­le­com à Mont­pel­lier, Maxime De­nis, res­pon­sable com­mer­cial, ob­serve que la VoIP, avec l’ADSL, est en­fin de­ve­nue une réa­li­té fiable. Et pour 6 à 8 ap­pels si­mul­ta­nés, un lien ga­ran­ti à 2 Mbp/s en SDSL est suf­fi­sant. Pour 30 postes, un seul lien ne suf­fit pas. « À nous de pro­po­ser des so­lu­tions de sé­cu­ri­té. Comme opé­ra­teur de liens IP, nous pro­po­sons du “ba­ckup” au­to­ma­tique, avec re­rou­tage vers les mo­biles ». Al­liance Té­lé­com pro­pose la re­don­dance des liens sur des iPBX avec IP na­tif (d’ori­gine Xor­com, Is­raël) et une sur­couche lo­gi­cielle (“Com­plete PBX 5”) pour 20 à 800 postes, qui sim­pli­fie le pa­ra­mé­trage et l’ad­mi­nis­tra­tion. Pour la vi­sio­con­fé­rence, est pro­po­sée l’offre GrandS­tream sur An­droid (donc com­pa­tible Skype for Bu­si­ness, Whatsapp, Google Han­gout, etc., sans in­ter­con­nexion, sans sys­tèmes pro­prié­taires).

« Sans pas­se­relles, la té­lé­pho­nie se vir­tua­lise di­rec­te­ment sur nos or­di­na­teurs. Le té­lé­phone de bu­reau va de­ve­nir mi­no­ri­taire, et on s’af­fran­chi­ra tou­jours plus du câ­blage ». Avec son offre re­po­sant sur l’OS As­te­rix, l’opé­ra­teur des­cend à des coûts in­fé­rieurs à 10 eu­ros par mois, par poste, comme c’est le cas à la mai­rie de Noi­seau (94) pour une tren­taine de postes, en illi­mi­té.

“CEN­TREX MO­BILE” CHEZ KEYYO

« Nous avons fait le pa­ri du Cen­trex IP ou té­lé­pho­nie hé­ber­gée dès le dé­part, il y a 10 ans », rap­pelle Phi­lippe Hou­douin, p-dg de Keyyo Com­mu­ni­ca­tions.

« Sans pas­se­relles, la té­lé­pho­nie se vir­tua­lise di­rec­te­ment sur nos or­di­na­teurs. Le té­lé­phone de bu­reau va de­ve­nir mi­no­ri­taire, et on s’af­fran­chi­ra tou­jours plus du câ­blage ». Maxime De­nis, res­pon­sable com­mer­cial chez Al­liance Te­le­com

« Gé­né­ra­le­ment, pour les PME, il est re­com­man­dé de dé­dier un lien à la voix et un autre à la da­ta, avec la pos­si­bi­li­té, en cas d’in­ci­dent, de pas­ser d’un lien sur l’autre ». À par­tir de cet été, Keyyo va pro­po­ser une autre so­lu­tion sé­cu­ri­sée avec une offre de « Cen­trex mo­bile » : il s’agit d’in­té­grer les mo­biles dans le sys­tème, dans la nu­mé­ro­ta­tion abré­gée. L’uti­li­sa­teur pour­ra donc pré­sen­ter, in­dif­fé­rem­ment, son nu­mé­ro fixe ou mo­bile, tout en bé­né­fi­ciant des mêmes ser­vices que sur le fixe (pré­sence, nu­mé­ros abré­gés, vi­sio, « chat »... ).

Ce dé­ve­lop­pe­ment, sur base open source, est lié aux ser­vices de MVNO de Keyyo au­près d’Orange. Dans les en­tre­prises, un quart des uti­li­sa­teurs se­rait in­té­res­sé par ce bas­cu­le­ment vers le mo­bile. L’offre, dont le prix reste à fixer, se­ra pro­po­sée aux par­te­naires de Keyyo (une cen­taine en France). Pour le client, c’est juste une sous­crip­tion à sai­sir sur le por­tail et le té­lé­char­ge­ment d’une « mo­bile app » sur les smart­phones. Le prix ac­tuel, « fixe », se si­tue entre 30 et 40 € se­lon les ser­vices uti­li­sés.

OPENIP : L’OP­TION CLOUD

OpenIP a pro­po­sé dès 2005 la voix sur IP au­tour de ser­vices Cen­trex IP. Mais face à la ré­sis­tance des équi­pe­men­tiers, l’opé­ra­teur gros­siste s’est tour­né vers des offres SIP Trun­king. De­puis 2011, il a in­ves­ti dans le Cloud construi­sant six da­ta­cen­ters (dont trois à Pa­ris) pour des offres de té­lé­pho­nie et de vi­sio hé­ber­gées (com­mu­ni­ca­tion uni­fiée Cis­co Spark, Mi­cro­soft Skype for Bu­si­ness, Al­ca­tel OpenTouch...). En es­comp­tant une ou­ver­ture de la fibre FTTH, il conti­nue d’en­ri­chir sa pla­te­forme MyO­penIP, un por­tail ERP­mul­ti-ser­vices in­cluant la fac­tu­ra­tion. « Pour s’in­ter­con­nec­ter avec les autres opé­ra­teurs en SIP, nous avons in­ves­ti 1,5 mil­lion d’eu­ros », af­firme Laurent Sil­ves­tri, pré­sident d’Open IP. Et les liens avec les édi­teurs (Cis­co, Al­ca­tel, Broad­soft, 3CX, Me­tas­witch...) ont été mul­ti­pliés. Comp­tant 700 par­te­naires (dont cer­tains en marque blanche), il re­cense 10000 clients VoIP en France (pour plus de 20 mil­lions de mi­nutes/ mois). Il vise 1500 ac­teurs par­mi les 7000 in­té­gra­teurs exis­tant en France.

HUB ONE : DU CEN­TREX AU CLOUD

Hub One pousse de plus en plus la fibre.

« Avec les so­lu­tions xDSL, le câ­blage cuivre de­meu­re­ra en­core long­temps, pro­ba­ble­ment à hau­teur de 80 ou 90% des liens », ex­plique Ar­naud Clé­ment, di­rec­teur mar­ke­ting et avant-vente de la di­vi­sion Té­lé­com de Hub One.

« Pos­sé­dant notre propre in­fra­struc­ture [au­près d’Aé­ro­ports de Pa­ris], nous es­ti­mons que 30% de nos lignes res­te­ront en ana­lo­gique. Les mi­gra­tions prennent du temps chez nos clients. Au mieux, 70% de notre parc au­ra mi­gré en IP d’ici à 2021. L’offre ToIP re­pose sur des IPBX hé­ber­gés chez nous et notre offre Cen­trex (ana­lo­gique à l’ori­gine, de­puis 40 ans) est pas­sée, avec la vir­tua­lia­tion, sur le Cloud ». L’équi­pe­men­tier par­te­naire s’ap­pelle Mi­tel. La so­lu­tion de té­lé­pho­nie IP, avec des ter­mi­naux Cis­co ou HP, peut s’ins­tal­ler sur le LAN de l’en­tre­prise. Par­mi ses ré­fé­rences, hors de l’uni­vers aé­ro­por­tuaire, Hub One compte le groupe de presse NOCO (La Nou­velle Ré­pu­blique-Centre Ouest). Son in­fra­struc­ture in­for­ma­tique est uti­li­sée pour vé­hi­cu­ler la voix, grâce à l’offre Smart Call, sur 900 postes. Cette offre po­si­tion­née à par­tir de 14€ par poste com­prend la ligne té­lé­pho­nique, un poste fixe ou DECT2, la gra­tui­té des ap­pels in­ter-sites, la confé­rence té­lé­pho­nique (jus­qu’à 8 per­sonnes), le trans­fert et ren­voi d’ap­pels, et les com­mu­ni­ca­tions fixes illi­mi­tées vers la France, l’Eu­rope, les États-Unis et le Ca­na­da. La ges­tion du ser­vice s’opère de­puis un por­tail web, y com­pris pour des op­tions com­plé­men­taires (fax-to-mail, In­ter­net xDSL ou fibre ; ap­pels vers les mo­biles en illi­mi­té...)

SE­WAN : LE GROS­SISTE DE LA VOIP

Né en 2007, cet « opé­ra­teur-hé­ber­geur mul­ti­ser­ver­vices » gère un ré­seau de 500 par­te­naires, dont des gros­sistes en marque blanche. Son offre re­pose en grande par­tie sur la com­mu­ni­ca­tion uni­fiée Mi­cro­soft (dont Skype for Bu­si­ness) et sur la tech­no­lo­gie Broad­soft « amé­lio­rée », ex­plique Da­vid Brette, di­rec­teur as­so­cié de Se­wan. Pour l’hé­ber­ge­ment de ses ser­vices sur le Cloud, gé­rés à par­tir d’un por­tail sur des pla­te­formes VM­ware, l’opé­ra­teur s’ap­puie no­tam­ment sur Equi­nix, Te­le­house... et sur le ré­seau SFR et sur les boucles lo­cales de SFR et Orange (en étant MVNO Orange et SFR). « Notre point fort, c’est la large pa­lettes de nos ser­vices, dont le Cen­trex IP sur le Cloud (90000 abon­nés), grâce aux dé­ve­lop­pe­ments très avan­cés de notre sys­tème d’in­for­ma­tion. Notre mo­dèle est très sca­lable, sou­ligne Da­vid Brette. Nous sa­luons le fait que la France ait adop­té un ca­len­drier de mi­gra­tion jus­qu’en 2030, confor­table, alors que l’Al­le­magne ne se donne que deux ans et la Suisse en­core moins ». Seule ré­cri­mi­na­tion : la non-ou­ver­ture du mar­ché FTTH à la re­vente, « alors que l’Es­pagne l’a ou­vert en 2016 ». Mais l’ADSL ap­porte de bonnes ré­ponses :

« 80% des par­ti­cu­liers ont mi­gré, mais 30% des en­tre­prises seu­le­ment. Cer­taines in­voquent, à tort, le fax, car il existe des so­lu­tions dé­ma­té­ria­li­sées ».

SFR ET BOUYGUES : FIBRE ET BOXES FIXE/MO­BILE

Chez SFR, la pre­mière ré­ponse face à l’ar­rêt du RTC est une plus large cou­ver­ture en fibre op­tique. Mi­chel Pau­lin,dg de SFR, pré­voit le dé­ploie­ment de 2 mil­lions de prises par an jus­qu’en 2020 et l’élar­gis­se­ment de la cou­ver­ture 4G, 4G+ et bien­tôt 5G. La voix sur WiFi cou­plée à la 4G ap­porte aus­si une par­tie de la ré­ponse. SFR vient d’in­tro­duire sa Box 4G, sans câ­blage, pour les TPE : elle in­tègre une carte SIM, des fonc­tions Call Ma­na­ger (ren­voi, fil­trage, etc.) pour gé­rer jus­qu’à 4 postes à un coût glo­bal de 45€/mois.

Vincent Poul­bère, di­rec­teur mar­ke­ting et di­gi­tal chez SFR Bu­si­ness, ré­ca­pi­tule toutes les offres dis­po­nibles - dont la VoIP via le xDSL ou la fibre, avec des « boxes » ou des rou­teurs. Les so­lu­tions Trunk SIP in­té­ressent les clients mul­ti­sites dé­te­nant un ré­seau da­ta qu’il faut sé­cu­ri­ser. Et d’autres so­lu­tions s’ajoutent, liées à la com­mu­ni­ca­tion uni­fiée ma­na­gée dans le Pack Bu­si­ness de SFR (ver­sions En­tre­prise ou Cor­po­rate). Pour s’y re­trou­ver, SFR donne ren­dez-vous sur son Bu­si­ness Room, sur son por­tail : c’est un confi­gu­ra­teur, simple d’ac­cès, pour qua­li­fier son ins­tal­la­tion et choi­sir la so­lu­tion la plus adé­quate.

Bouygues Te­le­com n’est pas en reste et, outre le ren­for­ce­ment de son in­fra fibre op­tique, a éga­le­ment dé­ve­lop­pé une « box » al­ter­na­tive in­cluant l’ac­cès mo­bile.

« Nous sa­luons le fait que la France ait adop­té un ca­len­drier de mi­gra­tion jus­qu’en 2030, confor­table, alors que l’Al­le­magne ne se donne que deux ans et la Suisse en­core moins ». Da­vid Brette, di­rec­teur as­so­cié de Se­wan

Pour conti­nuer à fonc­tion­ner, les opé­ra­teurs al­ter­na­tifs ré­clament un ac­cès au ré­seau fibre d’Orange.

Hub One es­time que d’ici à 2021, 70% de son parc au­ra mi­gré vers l’iP.

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