Thomas Fop­pia­ni, un vi­sion­naire chez Sco­pe­lec

Journal des Télécoms - - PORTRAIT - ÉMILE MARZOLF

Avant de prendre les rênes du Groupe Sco­pe­lec, Thomas Fop­pia­ni a pi­lo­té de longs pro­jets de ré­ha­bi­li­ta­tion des ter­mi­nus de mé­tro de la RATP en par­kings, dé­pôts... Une mis­sion, en somme, qui ne sem­blait pas à la hau­teur de cet in­gé­nieur des Mines de 35 ans « qui a

en­vie d’al­ler vite », se­lon les mots de Jé­rôme Gu­chet, di­rec­teur des opé­ra­tions de la branche In­fra­com. En 2006, il fait ses pre­miers pas dans le monde des té­lé­coms au sein d’Eu­ro­com, une PME d’en­vi­ron 80 per­sonnes. C’est là qu’il se forge un ré­seau de clients et par­te­naires, par­mi les­quels Orange et Sco­pe­lec, so­cié­té qu’il re­join­dra en 2011 pour prendre la di­rec­tion ad­jointe de l’une des quatre ré­gions d’opé­ra­tion du groupe, la ré­gion Île-de-France GrandOuest. Plu­tôt que dans les va­leurs co­opé­ra­tives de Sco­pe­lec, c’est dans l’in­dé­pen­dance et dans les « va­leurs équi­li­brées » des hommes et les femmes de l’en­tre­prise que Mr. Fop­pia­ni dit se re­con­naître. La forte crois­sance et la vi­sion stra­té­gique de l’en­tre­prise de Re­vel fe­ront le reste. L’homme ne re­nonce pas pour au­tant aux prin­cipes d’une coo­pé­ra­tive, au contraire. À l’en croire, c’est pour jouer un rôle dans la ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique et son im­pact sur la so­cié­té qu’il re­joint Sco­pe­lec, une so­cié­té qu’il dé­crit comme dy­na­mique et qui lui per­met de réa­li­ser ses am­bi­tions en­tre­pre­neu­riales. Ce sont, semble-t-il, ses qua­li­tés hu­maines et de ges­tion qui l’ont ame­né à grim­per si ra­pi­de­ment les éche­lons. « Ce n’est pas un pa­ra­chu­té. Nous cher­chions quel­qu’un à qui confier les clés pour conso­li­der le groupe dans la ré­gion Îlede-France et Grand-Ouest, c’était l’homme de la si­tua­tion », ex­plique Gé­rard Le­rais­nable, ce­lui qui l’a re­cru­té à l’époque et qui pré­side au­jourd’hui In­no­vance, un pôle de com­pé­tences et de l’em­ploi dans le sec­teur des ré­seaux. « Il a fait ses preuves et ap­por­té des ré­sul­tats

ex­trê­me­ment po­si­tifs tout en ré­vé­lant ses ca­pa­ci­tés d’écoute et de clair­voyance », pour­suit-il. Au bout de deux ans, l’in­gé­nieur prend la di­rec­tion gé­né­rale de la ré­gion. Et au bout de quatre ans, il de­vient di­rec­teur gé­né­ral de Sco­pe­lec. Il su­per­vise alors la ré­or­ga­ni­sa­tion du groupe, alors très cen­tra­li­sé, pour ren­for­cer son an­crage ter­ri­to­rial et ga­gner en proxi­mi­té. En plus de re­dy­na­mi­ser la di­vi­sion en­tre­prises, il par­ti­cipe au dé­ve­lop­pe­ment com­mer­cial de la so­cié­té, qui s’en­gage da­van­tage dans les RIP (ré­seaux d’ini­tia­tive pu­blique) et la smart ci­ty, mé­tiers pour les­quels il créé des di­vi­sions dé­diées. Dans ces mis­sions, il n’a écar­té per­sonne, se­lon ses col­la­bo­ra­teurs. « Il a une in­tel­li­gence

de fonc­tion­ne­ment, confie Jé­rôme Gu-

chet. Il a su ag­glo­mé­rer toutes les forces jeunes et an­ciennes de l’en­tre­prise sans lais­ser per­sonne der­rière lui ». Thomas Fop­pia­ni semble avoir réus­si à por­ter l’hé­ri­tage de son pré­dé­ces­seur, Jean-Luc Can­de­lon. « Il a su re­gar­der les qua­li­tés de Sco­pe­lec pour en faire une en­tre­prise tour­née vers l’ave­nir », ex­plique Gé­rard Le­rais­nable. Mieux, il a même « dé­pous­sié­ré la vi­sion ou­vrière de la coo­pé­ra­tive en lui don­nant une fonc­tion plus par­ti­ci­pa­tive », qui convien­drait mieux à la con­cep­tion col­la­bo­ra­tive de notre époque, se­lon Jé­rôme Gu­chet. Au­jourd’hui, la coo­pé­ra­tive est pré­sente sur la qua­si-to­ta­li­té de l’hexa­gone et de l’outre-mer, et compte plus de 3200 col­la­bo­ra­teurs pour 380 mil­lions d’eu­ros de chiffres d’af­faires.

Ré­cem­ment nom­mé pré­sident du groupe Sco­pe­lec, Thomas Fop­pia­ni a su re­don­ner un coup de jeune à l’en­tre­prise, tout en por­tant l’hé­ri­tage de ses pré­dé­ces­seurs.

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