« Avec nos par­te­naires, nous cer­nons mieux les cas d’usage de l’IoT »

Oli­vier On­det, di­rec­teur So­lu­tions IoT et Ana­ly­tics chez Orange Bu­si­ness Ser­vices, dé­taille ici les grandes lignes de la stra­té­gie des par­te­na­riats dans le do­maine de l’IoT. Pour l’es­sen­tiel, c’est une sy­ner­gie entre des com­pé­tences plu­rielles.

Journal des Télécoms - - DOSSIER - n PIERRE MANGIN

jDT : Comment or­ga­ni­sez-vous votre offre IoT pour les en­tre­prises ?

Oli­vier On­det : Notre ac­ti­vi­té « IoT en­tre­prises » couvre quatre sec­teurs ver­ti­caux : au­to­mo­bile & trans­port, villes in­tel­li­gentes (ou smart ci­ties, dont ma­ga­sins, bu­reaux et quar­tiers in­tel­li­gents...), in­dus­trie & pro­cess opé­ra­tion­nels (ges­tion de cuves, bennes à or­dure, etc.), via le ré­seau LoRa et, en­fin, les « wea­rables » ou ob­jets connec­tés per­son­nels (do­maines san­té, bien-être, sport, smart home, etc.).

Dans cha­cun de ces sec­teurs d’ac­ti­vi­té, nous tra­vaillons sur quatre com­po­santes avec une quin­zaine de par­te­naires, comme Eo­lane, Sa­gem­com... C’est là la di­men­sion de notre offre Da­ta­ve­nue.

Pri­mo, il y a des par­te­na­riats au­tour des ob­jets connec­tés : le plus sou­vent, ce sont nos par­te­naires qui dé­tiennent ou iden­ti­fient les meilleurs ob­jets. Mais un pro­jet avec Har­mo­nie-Mu­tuelle est un bon exemple, où nous pou­vons conce­voir un ter­mi­nal : ici, il s’agit d’un in­ter­phone connec­té via un pe­tit “hub”.

Deu­zio, nous bé­né­fi­cions d’une cou­ver­ture in­ter­na­tio­nale sur 28 pays. Mais ce­la ne suf­fit pas. Nous avons éga­le­ment construit des al­liances, au-de­là du “roa­ming”, en rai­son de spé­ci­fi­ci­tés “M2M” (“Ma­chi­ne­to-ma­chine”), par exemple. Pour la cou­ver­ture du ré­seau LoRa, aux Pays-Bas, nous al­lons faire du « roa­ming » (avec KPN). Il faut sa­voir que 33 opé­ra­teurs ont dé­ployé du LoRa ou un équi­valent, dans le monde ; mais il n’existe pas en­core de stan­dard de “roa­ming” pour ces ré­seaux IoT. Nous sa­vons dé­ployer nos propres pas­se­relles, avec nos propres an­tennes à l’étran­ger, par exemple, sur cer­tains ports d’Afrique.

Ter­cio, la pla­te­forme Live gère le ma­na­ge­ment des “de­vices”, en étant com­pa­tible avec les pla­te­formes du mar­ché, sou­vent orien­tées Cloud (Mi­cro­soft, Sie­mens, Bosch...). Nous y ajou­tons le vo­let « in­té­gra­tion ».

Qua­tro, nous ve­nons d’an­non­cer, ce mois de mai, l’ac­qui­si­tion de Bu­si­ness & Dé­ci­sion. En France, nous n’avons pas les ac­tifs pour nous po­si­tion­ner à 100% comme intégrateur. Nous dé­te­nons 3 à 4% du mar­ché, alors qu’IBM, clas­sé 4ème, est à 7 ou 8% du mar­ché.

Ce sont donc là les pi­liers de notre stra­té­gie de par­te­na­riat. Au Sa­lon Si­DO, nous avons pré­sen­té notre nou­veau ca­ta­logue pré­sen­tant 50 ob­jets connec­tables (sur LoRa no­tam­ment), en lien avec nos par­te­naires. Nous sommes éga­le­ment en re­la­tion avec de nom­breuses star­tup (ré­seau French Tech) et sommes im­pli­qués dans un éco­sys­tème asia­tique.

Dans le cadre des par­te­na­riats, quel rôle te­nez-vous ?

Nous avons deux mis­sions à rem­plir : va­li­der que ces ob­jets sont sûrs et bien sé­cu­ri­sés et que l’émis­sion/ré­cep­tion ra­dio fonc­tionne bien (ce que nous vé­ri­fions ave notre la­bo Orange) ; et s’as­su­rer que l’usage est bien ren­du (qua­li­té et pré­ci­sion des me­sures re­le­vées). Les fa­bri­cants d’ob­jets font un pa­ri : LoRa est-il conforme à ses pro­messes de per­for­mances ? La tech­no­lo­gie 2G (GPRS) est ef­fi­cace, mais n’est pas op­ti­male en consom­ma­tion d’éner­gie face à LoRa qui est 15 à 20 fois plus éco­nome, car les mi­croé­met­teurs à bas dé­bit sont di­rec­te­ment ins­tal­lés sur les ap­pa­reils.

Nous sui­vons aus­si les évo­lu­tions 4G+ et 5G avec l’op­ti­mi­sa­tion lo­gi­cielle “Mo­bile IoT”. C’est toute la ques­tion du choix entre la “nar­row band” de l’IoT et le LTE-M - évo­lu­tion de la 4G, qui se ré­vèle ex­cel­lente en Bel­gique ; son dé­ploie­ment est plus com­pli­qué en France en rai­son du re­lief. L’im­por­tant c’est de bien iden­ti­fier les cas d’usage et que les ob­jec­tifs de ser­vice soient at­teints. C’est tout l’in­té­rêt de notre ca­ta­logue, qui ap­porte une forme de la­bel. Nous ra­jou­tons du conseil pour sus­ci­ter la confiance in­dis­pen­sable.

Le nombre d’ob­jets sup­por­tés va-t-il ra­pi­de­ment aug­men­ter ?

Notre but n’est pas d’avoir un très vaste ca­ta­logue de 1000 ob­jets ! Il faut d’abord ga­ran­tir le ni­veau d’ex­per­tise et les per­for­mances pour un fonc­tion­ne­ment op­ti­mal. En 2018, nous de­vrions comp­ter 100 ob­jets ou plus. Mais nous vou­lons gar­der le même ni­veau de qua­li­té. Il nous faut faire en sorte d’ap­prendre au fur et me­sure, tout en ac­com­pa­gnant nos clients dans leur trans­for­ma­tion di­gi­tale, avec nos par­te­naires. Il faut donc faire pro­gres­ser l’IoT avec une bonne ges­tion du risque et s’as­su­rer que le ser­vice est ren­du à 100%. À ce jour, à tra­vers son ré­seau, OBS sup­porte 12M d’ob­jets, soit deux fois plus qu’en 2015.

Quel est le mo­dèle éco­no­mique ?

Pour les ob­jets, c’est quelques eu­ros par ob­jet en in­ves­tis­se­ment ou en lo­ca­tion. Nous pou­vons co­fi­nan­cer cer­tains pro­jets comme ce­lui d’un boî­tier pour la ges­tion de flottes de vé­hi­cules (sur 2 ans). La connec­ti­vi­té ne coûte que quelques eu­ros par mois, par ob­jet. Et l’in­té­gra­tion se compte comme ha­bi­tuel­le­ment en « hommes/jours » et en fonc­tion des en­vi­ron­ne­ments (Mi­cro­soft, SAP, etc.). Et nous pou­vons pa­cka­ger l’en­semble, comme dans le cas de la ges­tion de parcs de vé­hi­cules (Re­nault ou Peu­geot, Ci­troën), avec pré-in­té­gra­tion de la so­lu­tion. Un boî­tier re­monte la géo­lo­ca­li­sa­tion, pré­vient des vi­sites tech­niques, et per­met des re­com­man­da­tions de conduite ou de meilleurs iti­né­raires, etc. Le coût s’élève à quelques di­zaines d’eu­ros par mois.

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