« Des mo­dèles éco­no­miques qui res­tent fra­giles »

Keyboards Recording - - PRODUCTION ELECTRO -

Di­plô­mé en ad­mi­nis­tra­tion et ges­tion de la mu­sique en 2000, Olivier Pel­le­rin est tout d’abord at­ta­ché de presse, tra­vaillant dans les uni­vers du jazz, du hip hop et de l’élec­tro, de la Ci­té de la mu­sique à la Salle Pleyel. Il in­tègre Ra­dio France en 2010, à la pro­gram­ma­tion et à la pro­duc­tion d’émis­sions mu­si­cales, avant de re­joindre la cel­lule in­no­va­tion de Ra­dio France, où il dé­ve­loppe les ap­pli­ca­tions mu­si­cales du son 3D/bi­nau­ral. Il se concentre dé­sor­mais sur ses ac­ti­vi­tés de ré­dac­teur et de jour­na­liste free-lance…

sans ex­clure l’uti­li­sa­tion d’ins­tru­ments dits clas­siques. Mais nous avons ex­clu de cette ma­nière tous les genres de mu­sique qui font aus­si ap­pel à l’élec­tro­nique dans leur com­po­si­tion, la pop, le rock, le hip hop… car l’élec­tro­nique, en tant que tech­nique, a au­jourd’hui in­ves­ti l’in­té­gra­li­té du champ mu­si­cal. Pour af­fi­ner ce champ des mu­siques élec­tro­niques, nous nous sommes aus­si ré­fé­rés aux agents qui les pro­gramment, en live ou non (clubs, fes­ti­vals, me­dias, etc.). Avez-vous abor­dé, ou mis en pa­ral­lèle, votre étude et le mar­ché de la ma­nu­fac­ture de ma­té­riels spé­ci­fiques à la pro­duc­tion élec­tro­nique pour dé­fi­nir un poids éco­no­mique glo­bal ?

Nous avons contac­té des ac­teurs de l’in­dus­trie mu­si­cale par­mi les fa­bri­cants de hard­ware et soft­ware. Mais dans le temps im­par­ti et en l’état des don­nées dis­po­nibles (vo­lumes de ventes, chiffres d’af­faires, etc.), il ne nous a pour l’ins­tant pas été pos­sible de dé­fi­nir un poids éco­no­mique du ma­té­riel élec­tro­nique suf­fi­sam­ment pré­cis pour être uti­li­sé. Nous nous en sommes te­nus à ce qu’un ac­teur de ce mi­lieu nous a ex­pli­qué être con­si­dé­ré comme un fait dans l’in­dus­trie de l’équi­pe­ment mu­si­cal : le poids de ce mar­ché dans le monde équi­vaut à ce­lui du fer à re­pas­ser. Ce qui, au-de­là d’être une com­pa­rai­son as­sez ima­gée, n’est pas as­sez si­gni­fi­ca­tif pour être ex­ploi­té. Quels en­sei­gne­ments peut-on ti­rer de cette étude ?

En ré­su­mé, il en res­sort que les mu­siques élec­tro­niques sont en plein es­sor, une vé­ri­table pra­tique mu­si­cale des jeunes gé­né­ra­tions, qui ta­lonne juste le hip hop et le R’n’B. Ce­pen­dant, les mo­dèles éco­no­miques res­tent fra­giles pour une culture qui fait en­core par­fois l’ob­jet d’une cer­taine mé­con­nais­sance, même si c’est dé­jà un pro­grès par rap­port à la vé­ri­table dé­fiance dont elle a pâ­ti sur ces 15 pre­mières an­nées. Le sec­teur se di­vise en deux en­sembles aux fonc­tion­ne­ments an­ta­go­nistes : d’une part, la dance, qui tire de larges re­ve­nus de ses dif­fu­sions sur les mé­dias tra­di­tion­nels, mais dont les ar­tistes, très chers, se pro­duisent peu en France ; d’autre part, la tech­no/house et tous ses sous-genres, qui tire la qua­si in­té­gra­li­té de ses re­ve­nus du live, mais qui n’est à l’in­verse ab­so­lu­ment pas dif­fu­sée sur les mé­dias. Quoi qu’il en soit, ces pra­tiques ré­vo­lu­tionnent le live en ex­plo­sant le for­mat du concert tra­di­tion­nel, pour lui pri­vi­lé­gier une ex­pé­rience in­clu­sive et beau­coup plus longue. Y a au­ra-t-il une suite don­née à cette étude ?

Oui, comme je l’ex­pli­quais, il est né­ces­saire d’ap­pro­fon­dir le tra­vail éta­bli pour en pré­ci­ser les en­sei­gne­ments et pou­voir mettre en oeuvre des ac­tions de pé­ren­ni­sa­tion et de trans­for­ma­tion des fonc­tion­ne­ments des ac­teurs qui struc­turent ce sec­teur, qu’il s’agisse des ar­tistes, des la­bels ou des lieux qui les pro­gramment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.