Mixage élec­tro 10 règles à ob­ser­ver

Keyboards Recording - - NEWS REPORT -

Au­jourd’hui, une com­po­si­tion élec­tro sans mixage réus­si n’est rien, tant on peut dire que ce der­nier fait par­tie in­té­grante de la pro­po­si­tion. Après avoir rap­pe­lé les codes et res­sorts to­ta­le­ment propres au genre, je vous pro­pose 10 points-clés qui de­vraient vous ai­der à ne pas vous perdre dans votre propre mixage.

Les res­sorts du mix élec­tro

Contrai­re­ment aux autres types de mixes, le genre élec­tro peut s’af­fran­chir de toute pré­oc­cu­pa­tion de vrai­sem­blance ou de réa­lisme. At­ten­tion, ce­la ne veut pas dire que les codes n’existent pas ! Par dé­fi­ni­tion, le ni­veau re­cher­ché se­ra éle­vé et constant (fi­gure 1) et la marge dy­na­mique se­ra ex­trê­me­ment ré­duite. Les prin­cipes d’évo­lu­tion qui res­tent pos­sibles se­ront donc le fil­trage spec­tral, bien en­ten­du, mais aus­si la cou­pure et la ré­in­tro­duc­tion des ins­tru­ments et de leurs re­gistres. Et il fau­dra scru­pu­leu­se­ment y veiller, afin de mé­na­ger des contrastes ! Même avec aus­si peu « d’eau sous la quille », l’élec­tro ob­serve un vé­ri­table sens du scé­na­rio ! La sub­ti­li­té du genre consiste donc sou­vent à sa­voir faire de la place pour l’élé­ment qui rentre. Vous re­mar­que­rez par exemple que si les in­tros et sor­ties de mor­ceaux « plantent sou­vent le dé­cor » en uti­li­sant filtres ou brui­tages, le corps du mor­ceau et le fil conduc­teur sont conti­nus et peuvent s’avé­rer hyp­no­tiques ou « trans ». Au­cune réelle in­ter­rup­tion du beat n’est en­vi­sa­geable. Si ja­mais ce­la ar­rive, le tem­po reste sug­gé­ré et la pause est très courte. Le sché­ma glo­bal est presque tou­jours le sui­vant : un « warm up » sur une am­biance ou un son ré­duit… on de­vine, on amorce et puis… la grosse ar­tille­rie ar­rive. Le mix se dé­roule en­suite, sui­vant un prin­cipe qua­si im­muable : chaque en­trée d’une nou­velle par­tie d’ar­ran­ge­ment est mise en scène par une cou­pure ou un ef­fa­ce­ment par­tiel de l’exis­tant. La fin du titre, elle, peut dé­ro­ger à la règle et faire preuve d’ori­gi­na­li­té.

Par­lons spectre

Le grave, ab­so­lu­ment pri­mor­dial en élec­tro, est gé­ré au cordeau. Ça ne ri­gole pas ! (fi­gure 2) Grosse caisse, basse et sé­quences graves sont soi­gneu­se­ment ca­drées, cha­cune est can­ton­née dans un re­gistre très pré­cis. Elles se com­plètent pour don­ner un grave de ré­sul­tat plein et im­pac­tant, un peu comme si ces dif­fé­rents sons n’étaient les com­po­santes que d’un seul. Dans cer­tains titres, il de­vient même dif­fi­cile de dis­tin­guer le pied de la basse ; l’un fai­sant l’en­ve­loppe de l’autre et le « quan­tize » étant in­va­ria­ble­ment ré­glé sur 100 % ! Je ne veux voir (et en­tendre) qu’une tête… Les mixeurs adeptes du genre uti­lisent de plus en plus l’ef­fet side-chain consis­tant à dé­clen­cher la com­pres­sion d’une nappe ou d’une basse à par­tir du kick. L’ef­fet ob­te­nu est

L’es­pace sté­réo, lui non plus, ne s’em­bar­rasse pas de mo­dèles ou de règles. Si… par­don ! Une seule, l’ef­fi­ca­ci­té. Donc la ryth­mique et les thèmes sont tous par­qués dans un es­pace de type « 10 h 10 », un peu sté­réo, mais pas trop, qui fa­vo­rise l’im­pact au dé­tri­ment de la lar­geur et seuls les sé­quences et brui­tages sont pé­ri­phé­riques… presque à titre d’ef­fets.

Pro­fon­deur et ré­verbe La sté­réo

Cette mu­sique n’est pas celle des grands es­paces ! Son pro­pos est de don­ner une im­pres­sion désar­ti­cu­lée et syn­thé­tique à sou­hait pour ap­puyer le cô­té mé­ca­nique et hyp­no­tique de l’en­semble. Les sons vont s’op­po­ser et res­ter gé­né­ra­le­ment brefs et très ponc­tuels. Seuls des thèmes gras et sa­tu­rés ou cer­taines sé­quences vont avoir droit à une dé­ro­ga­tion très pas­sa­gère. Le mot d’ordre ? Faire de la place pour le beat ! Pour ac­cen­tuer ces en­ve­loppes courtes, les claps et char­leys se­ront sou­vent af­fu­blés d’une ré­verbe très courte, ré­duite dans son spectre… à la li­mite du « cheap » une ré­verbe pour clap de TR-808, quoi ! Avec le temps, bien sûr, les cou­rants plus ré­cents ont consi­dé­ra­ble­ment en­ri­chi cet uni­vers. Cer­tains mu­si­ciens élec­tro d’au­jourd’hui em­pruntent beau­coup à des genres so­phis­ti­qués comme le jazz… il faut alors bien faire de la place à plus de fi­nesse et de sub­ti­li­té !

Me­sure du ni­veau.

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