The Host Sound The Charge

Keyboards Recording - - AUTOPROD STUDIO DES POTES -

a at­taque d’en­trée de jeu, sûr, on sonne la charge, on charge le son, puis on dé­colle ! Et on part loin… Qu’il nous fasse ca­va­ler en pleine pro­jec­tion amé­ri­caine ou pla­ner sur les ondes élec­triques en cieux an­glo-saxons, le « folk’n’rock » de The Host conduit le convoi avec un contrôle to­tal. Ryth­mique du diable, gui­tares du feu de dieu, chant et choeurs im­pec­ca­ble­ment conju­gués dans un an­glais par­fai­te­ment maî­tri­sé, et ce ne se­rait rien sans ces com­pos qui chopent au col­let, et dont l’in­ter­pré­ta­tion res­serre en­core plus l’emprise tant on sent com­bien les mu­si­ciens vivent leurs mor­ceaux, au-de­là de les jouer. C’est du cô­té de Mar­seille que cette tor­nade a pris son es­sor. Cet al­bum concentre cinq an­nées de créa­tion, de concerts, de ren­contres, de sé­duc­tion, comme celle qui a vu des poin­tures telles que Ken String­fel­low ou Dan Cox s’in­ves­tir dans le pro­jet. Le ré­sul­tat so­nore prouve com­bien les réunions de ta­lents et de sa­voir-faire dans la maî­trise de son ma­té­riel font des mer­veilles, et c’est là qu’in­ter­vient Vic­to­ria Ver­dol­lin, in­gé-son stu­dio du groupe, as­sis­tée d'Oli­vier Plan­chard, in­gé­son live, éga­le­ment au mas­te­ring fi­nal sur cet al­bum. La mai­son de Vic­to­ria a été un pôle de prise de son, mo­bi­li­sant le parc du stu­dio qu’elle a mon­té : Al­ter­na­tive Live Stu­dio. Et ils ont su ad­mi­ra­ble­ment quoi faire des Pro Tools 11, carte UAD Oc­to, plug-ins UAD Ultimate, conver­tis­seur An­te­lope Orion 32, consoles TAC Mat­chless 36 et DDA Q2, tranche Ava­lon VT-737, com­pres­seur LA-2A clo­né, mul­tiples mi­cros… Avec, pour le mix, Lexi­con 300, Warm Au­dio WA76, dbx 160, Ava­lon VT-747, SPL Vi­ta­li­zer MK2-T, Tran­sient De­si­gner et Dy­naMaxx… À l’is­sue de l’al­bum dé­gus­té jus­qu’à la der­nière note, on res­sort de là com­blé, l’âme oxy­gé­née, le cer­veau quelque peu ébou­rif­fé, qui ar­rive en­core à pro­non­cer : s’il vous plaît, en­voyez la charge sui­vante !

KR : Ken String­fel­low a as­su­ré la pré-prod, les ar­ran­ge­ments et le mix d'une bonne par­tie de vos mor­ceaux sur cet al­bum. Outre votre mu­sique, à votre avis quelles sont vos autres ca­rac­té­ris­tiques qui l'ont dé­ci­dé à par­ti­ci­per ? Et en termes ar­tis­tiques, a-t-il fait des choix aux­quels vous n'au­riez pas pen­sé, voire qui vous ont sur­pris ?

Vincent : Après écoute de notre tra­vail, Ken a été in­té­res­sé par une col­la­bo­ra­tion avec un groupe in­dé. Non pas qu'il cher­chait ab­so­lu­ment à bos­ser sur des au­to­prods avec des pe­tits moyens fi­nan­ciers, mais plu­tôt à boos­ter un pro­jet dont il per­ce­vait le po­ten­tiel. Mais dont il sen­tait aus­si quelques li­mites. Je crois pou­voir af­fir­mer que son prin­ci­pal ap­port a été de don­ner confiance au groupe par des pa­roles ras­su­rantes. Sa di­rec­tion ar­tis­tique fut li­bé­ra­trice, avec pour presque seule consigne de nous lâ­cher. Ce­la nous a par­lé, car ce qu’on vou­lait faire sen­tir dans cet al­bum c'est l'éner­gie du live. Avant d'in­ter­ve­nir dans les mix et la pré-prod, Ken a adhé­ré au son et aux com­pos qu’on avait. Lors de notre ren­contre, il nous a don­né sa vi­sion de l'art et de la mu­sique et dans le dé­tail il nous a pous­sés à dé­cou­vrir notre po­ten­tiel, en don­nant quelques in­di­ca­tions, no­tam­ment sur les prises bat­te­rie et les in­ten­tions du chant. Il n'était pas pré­sent à l'en­re­gis­tre­ment et c'est donc en gar­dant en tête ses in­di­ca­tions que l’on a don­né le meilleur de nous-mêmes. On a pu sen­tir sa patte lors­qu’on a re­çu les pre­miers mix, des so­no­ri­tés de cla­viers, des deuxièmes voix étaient ra­jou­tées avec beau­coup d'à-pro­pos.

Cô­té scène aus­si, vous avez convain­cu du beau monde : pre­mière par­tie de John­ny Win­ter, The Shoes, Eif­fel, Gaë­tan Rous­sel, Skip The Use et j'en passe ! Se­lon vous, quel est le meilleur mode d'ap­proche pour par­ve­nir à rendre ces belles aven­tures pos­sibles ?

Ça ne s'est pas fait en un jour. On est un groupe qui s'est for­gé so­li­de­ment de­puis douze ans. D'abord par une en­tente in­faillible sur nos ob­jec­tifs, sou­dés par une ami­tié de­ve­nue fra­ter­nelle. À force de per­sé­vé­rance, d'au­to­cri­tique, d’en­re­gis­tre­ments et de confron­ta­tions au pu­blic – pas loin de 300 concerts –, on a convain­cu les uns après les autres, d'abord des pro­gram­ma­teurs lo­caux, un pu­blic cu­rieux qui s'est lais­sé sur­prendre, rem­por­té un trem­plin qui nous a mis sur la route d'un tour­neur, ren­con­tré notre in­gé-son live pour fi­na­li­ser la dream team… Je ne crois pas qu’on ait ja­mais fait autre chose que d'avan­cer, pas à pas. Rien n'est ja­mais ac­quis dans ce mi­lieu. Mais on a su aus­si ap­pré­cier ces beaux dé­fis que sont les pre­mières par­ties où tu fais face à un pu­blic nom­breux qui n'est pas ve­nu pour toi mais qu’on a tou­jours sur­pris et convain­cu, on est là pour lui avant toute chose. Tout ce­la c'est du pas à pas : de la créa­ti­vi­té, des en­re­gis­tre­ments, des trem­plins, des fi­nan­ce­ments par­ti­ci­pa­tifs, des de­mandes de sub­ven­tions, des concerts, des ren­contres avec des pros du son, de l'image, du boo­king, l'en­tou­rage, son sou­tien au­tant que ses com­pé­tences… le tout en au­to­pro­duc­tion. Il y a cer­tai­ne­ment une meilleure fa­çon de faire, mais c'était la nôtre. Il est évident qu'une pro­fes­sion­na­li­sa­tion de tout le pro­ces­sus, ce que l’on re­cherche par le biais d'un la­bel ou d'une pro­duc­tion, nous per­met­trait de faire da­van­tage de concerts, d'en­re­gis­tre­ments et peut-être de vivre de notre mu­sique. Oli­via Clain

Ci-des­sus : Jul­lien Ar­niaud (chant, gui­tare, cla­viers) et Vincent Fra­schi­na (basse, choeurs). à gauche : Tho­mas Cam­pion (bat­te­rie, per­cus, choeurs). Ci-des­sous : Vic­to­ria Ver­dol­lin, in­gé-son stu­dio du groupe.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.