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Keyboards Recording - - ARTISTES RENCONTRE -

Vous êtes ori­gi­naire d’une ré­gion plu­tôt ru­rale, vous y ré­si­dez tou­jours ?

Da­mien Fé­lix : Oui, j’ha­bite près de StLaurent-en-Grand­vaux dans le Haut-Ju­ra et on s’est ren­con­trés au ly­cée avec Aman­dine. Ce n’est pas évident de nous si­tuer parce qu’il n’y a pas de grosse ville dans la ré­gion, ce qui n’em­pêche pas la scène franc-com­toise d’être très vi­vante, spé­cia­le­ment avec Be­san­çon comme centre cultu­rel et l’in­fluence de la Suisse. Mais c’est vrai qu’on a un pe­tit cô­té « re­clus » dans notre coin, du fait que notre lo­cal est sur place et qu’on fait presque tout à la mai­son. Quelle a été votre for­ma­tion mu­si­cale ?

La bat­te­rie a été le pre­mier ins­tru­ment que j’ai étu­dié sé­rieu­se­ment dans une école de mu­sique, à la fois sur l’as­pect tech­nique, théo­rique et la lec­ture ryth­mique. J’ai com­men­cé au col­lège et j’ai pris pas mal de cours, en­suite je me suis mis à l’har­mo­ni­ca/gui­tare avec un ap­pren­tis­sage plus per­son­nel. Quant à Aman­dine, elle a com­men­cé à la flûte tra­ver­sière. Qu’est-ce qui vous a pous­sés à créer ce duo ?

On a for­mé Cat­fish il y a quatre/cinq ans, mais on avait dé­jà par­ta­gé la scène pen­dant long­temps à tra­vers dif­fé­rentes for­ma­tions qui avaient un line-up plus standard de quatre ou cinq mu­si­ciens et l’ex­pé­rience nous avait pa­ru par­fois un peu frus­trante, à cause des conces­sions qu’il fal­lait faire à pro­pos des choix ar­tis­tiques. Quand on se re­trouve avec cinq cer­veaux, cinq idées dif­fé­rentes, ça de­vient un peu dur de pous­ser une idée loin. Le fait de se re­trou­ver à deux et de bien s’en­tendre mu­si­ca­le­ment et hu­mai­ne­ment nous conduit sou­vent dans le même sens, ce qui fait qu’on a moins de com­pro­mis à faire dans la mu­sique et qu’on peut avoir des par­tis pris qui sont plus francs, c’est ce qui nous in­té­res­sait. Comment abor­dez-vous les pro­blé­ma­tiques de la scène ?

Comme il n’y a pas de bas­siste dans Cat­fish, on est obli­gés de com­pen­ser sur scène avec des per­cus­sions qui sont ré­glées très bas, en par­ti­cu­lier le tom basse et la grosse caisse. On es­saie aus­si de pro­lon­ger les notes graves par l’ajout de cla­viers en live et j’uti­lise deux am­plis dont l’un va gé­né­rer le bas et l’autre les ai­gus à par­tir d’un com­bo. Le nom du groupe évoque un pois­son vi­vant dans la vase du Mis­sis­sip­pi, c’était ça l’idée ?

Bien sûr et ça rap­pelle le standard « Cat­fish Blues », mais le concept du pro­jet était sur­tout de faire une mu­sique qui soit vrai­ment brute, dé­pouillée, mais cha­leu­reuse à la fois. Ce n’est pas un son qui est très propre et c’est vrai­ment ce qu’on a re­cher­ché au dé­but et en­core plus sur ce se­cond al­bum, avoir des sources qui soient bien grasses et as­sez sales, tout en étant quand même maî­tri­sées, ce n’est pas un ex­tré­misme à la Jon Spen­cer ! Vous avez une ré­par­ti­tion bien dé­fi­nie de vos rôles ?

Dans le concept de base du groupe sur scène, on di­vise la bat­te­rie en deux, je joue la grosse caisse, le char­ley et les per­cus­sions ain­si que la gui­tare et Aman­dine s’oc­cupe du reste de la bat­te­rie, c’est-à-dire du tom basse, de la caisse claire et des cym­bales. Ce­la donne une ryth­mique où les pat­terns ne vont for­cé­ment pas être standard puis­qu’on les joue à deux. Pour ce qui est des textes, c’est Aman­dine qui les écrit ex­clu­si­ve­ment et, pour la mu­sique, j’ap­porte sou­vent une idée plus ou moins fi­nie d’un mor­ceau avec un dé­but d’ar­ran­ge­ment qu’on va re­bos­ser tous les deux en ré­pé­ti­tion. Une fois qu’on a un sque­lette suf­fi­sam­ment dé­fi­ni, je re­tra­vaille la réa­li­sa­tion chez moi en pré­pa­rant les ses­sions pour le stu­dio. Aman­dine pos­sède-t-elle une culture an­glo-saxonne ?

Pas spé­cia­le­ment, elle a ap­pris l’an­glais à l’école mais elle a pas­sé un an en Aus­tra­lie, ce qui a pas mal ai­dé.

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