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Keyboards Recording - - ARTISTES RENCONTRE -

Quel prin­cipe est à l’ori­gine de ces « âmes soeurs » (Soul­mates) ?

Les­lie Man­do­ki : Nous avons tous gran­di dans les an­nées 70 au mo­ment où la mu­sique vou­lait chan­ger le monde et a pris une telle place dans la so­cié­té. J’étais en­core un en­fant der­rière le ri­deau de fer et je voyais ces grands groupes émer­ger à l’Ouest comme Je­thro Tull, Cream, Wea­ther Re­port et Miles Da­vis. À l’époque, j’ha­bi­tais en Hon­grie et j’étais fas­ci­né car je n’avais ja­mais vu Pa­ris ni New York. J’ai eu une vi­sion d’ap­par­te­nir à tout ce­la, d’en être une par­tie et de vivre mes rêves plu­tôt que de rê­ver ma vie ! Une fois ré­fu­gié en Al­le­magne, quand on m’a de­man­dé ce que je comp­tais faire, j’ai ré­pon­du que je vou­lais de­ve­nir un mu­si­cien pour jouer avec mes idoles de l’époque comme Ian Anderson, Jack Bruce ou Al Di Meo­la. En 1992, ils sont de­ve­nus les membres fon­da­teurs du groupe Man Do­ki Soul­mates. Entre-temps, j’ai fait de mon mieux comme mu­si­cien de stu­dio, au­teur, com­po­si­teur et pro­duc­teur au­dio­vi­suel et j’ai fi­ni par at­teindre ce rêve. Je suis quel­qu’un de très chan­ceux d’avoir le pri­vi­lège de jouer avec des mu­si­ciens aus­si pres­ti­gieux. Com­ment fais-tu pour convaincre ces « stars » de se ras­sem­bler au­tour de toi ?

C’est la mu­sique qui nous a réu­nis en pre­mier, j’ai écrit des titres pour l’un ou joué avec l’autre, il y a d’ailleurs un do­cu­men­taire qui re­trace cette his­toire. Ces types sont in­tou­chables nor­ma­le­ment, mais j’ai eu vrai­ment de la chance qu’ils ap­pré­cient ce que je fais. Vous mé­lan­gez tes propres com­po­si­tions et des tubes mon­dia­le­ment cé­lèbres, est-ce que ça gé­nère des pro­blèmes de droits d’au­teur ?

Non, il n’y a pas d’his­toires de co­py­rights entre nous, ce n’est pas du bu­si­ness, ça fait 25 ans que nous jouons en­semble avec une sorte d’idéa­lisme dans le coeur qui n’est pas mon­nayable. Com­ment dé­fi­ni­rais-tu le style des Man Do­ki Soul­mates ?

Je di­rais que c’est du « pro­gres­sive jazz rock », une sorte de rock pro­gres­sif avec des in­fluences jazz pour les im­pro­vi­sa­tions. Nous avons ras­sem­blé de vé­ri­tables lé­gendes des dé­buts du pro­gres­sif : entre autres, Greg Lake, le chan­teur/bas­siste de King Crim­son et d’Emer­son, Lake & Pal­mer, Ian Anderson, l’in­croyable flû­tiste de Je­thro Tull ou le sax de Su­per­tramp John Hel­li­well. Ces mu­si­ciens se sont mé­lan­gés avec des poin­tures du jazz telles que Vic­tor Bai­ley qui a suc­cé­dé à Ja­co Pas­to­rius dans Wea­ther Re­port, les frères Bre­cker du fa­meux la­bel ECM, le vir­tuose de la basse An­tho­ny Jack­son qui a tra­vaillé avec Mi­chael Jack­son, Mi­chel Ca­mi­lo ou Al Di Meo­la, le gui­ta­riste de Re­turn To Fo­re­ver et de l’in­ou­bliable trio avec John McLaugh­lin et Pa­co de Lu­cia. As-tu ren­con­tré des fric­tions en ras­sem­blant des per­son­na­li­tés aus­si fortes avec des ego pro­ba­ble­ment bien dé­ve­lop­pés ?

Non, au­cun pro­blème d’ego, l’ego dé­truit la mu­sique, ce que sait par­fai­te­ment cha­cun des Soul­mates, qui ont été des lea­ders dans leurs groupes res­pec­tifs. Com­ment fonc­tionnes-tu avec les mu­si­ciens pour pré­pa­rer ton show ?

Juste au mo­ment où tu m’as contac­té, j’étais dans mon stu­dio (Red Rock – NdlR) en train de tra­vailler sur les re­pré­sen­ta­tions que nous al­lons don­ner

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