Jean-Phi­lippe Ry­kiel

Keyboards Recording - - EN UNE -

Né aveugle, Jean-Phi­lippe (fils de la cou­tu­rière de mode So­nia Ry­kiel) ap­prend le pia­no en au­to­di­dacte dès son plus jeune âge. Avide de ren­contres et d’ex­pé­riences, il tra­vaille pour des ar­tistes afri­cains comme Lo­kua Kan­za, Sa­lif Kei­ta, Pa­pa Wem­ba, le Su­per Rail Band de Ba­ma­ko et Yous­sou N’Dour. Ar­ran­geur, pro­gram­meur, réa­li­sa­teur et sound de­si­gner, on le re­trouve aux cô­tés de Leo­nard Co­hen, Catherine La­ra, Van­ge­lis, Jacques Hi­ge­lin, Bri­gitte Fon­taine, Alex­kid ou en­core La­ma Gyurme avec qui il réa­lise deux al­bums. Pa­ral­lè­le­ment, il pour­suit une dé­marche mu­si­cale qui ex­plore les in­fi­nies pos­si­bi­li­tés de la lu­the­rie élec­tro­nique… 1 C’est bien loin tout ça. Je pense que j’étais au Cameroun pour une sé­rie de concerts.

2 J’ai été in­ter­viewé pour Key­boards à l’oc­ca­sion de la sor­tie d’un de mes al­bums. Ce ma­ga­zine exis­tant ni en braille ni en ligne de ma­nière ac­ces­sible, je m’en suis fait lire des ar­ticles, mais je ne l’ai ja­mais lu moi­même…

3 Du bon et du mau­vais. Je ne suis pas un nos­tal­gique de l’ana­lo­gique. Le nu­mé­rique a ou­vert des portes in­ima­gi­nables dans le do­maine de la créa­tion, et il a per­mis une dé­mo­cra­ti­sa­tion sans pré­cé­dent des ou­tils d’en­re­gis­tre­ment et de syn­thèse. Mais il a aus­si per­mis une dis­tri­bu­tion in­con­trô­lée de la mu­sique. Nos en­fants ayant été très mal édu­qués sur ce su­jet consi­dèrent qu’il n’y a au­cune rai­son d’ache­ter de la mu­sique puis­qu’on la trouve gra­tui­te­ment, et même lé­ga­le­ment pour la somme mo­dique de 10 € par mois. Ils se fichent de la qua­li­té so­nore, ils n’ont pas ap­pris à faire la dif­fé­rence. Ils ne com­prennent pas que les mu­si­ciens es­sayent de vivre de leur mu­sique.

4 L’in­for­ma­tique mu­si­cale, pour le meilleur comme pour le pire. Le meilleur, ce sont les pos­si­bi­li­tés in­nom­brables qu’offre l’or­di­na­teur, les banques de sons in­fi­nies, des modes de syn­thèse tou­jours plus com­plexes et in­no­vants. Le pire, pour un aveugle, c’est l’ac­ces­si­bi­li­té de ces ou­tils qui ne per­met pas la même spon­ta­néi­té qu’avant. C’est le seul point sur le­quel l’ana­lo­gique me manque… ¶ http://jean­phi­lip­pe­ry­kiel.com

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