MPC Live

La MPC se dé­branche ! Akai a su écou­ter ses clients, ceux qui sou­hai­taient que le fa­bri­cant nip­pon aille en­core plus loin en termes d’au­to­no­mie vis-à-vis de la créa­tion. C’est chose faite avec cette MPC Live, qui sait tou­te­fois se rat­ta­cher au monde ex­té

Keyboards Recording - - TESTS - par Éric Chau­trand

La MPC Live est li­vrée avec un adap­ta­teur sec­teur spé­ci­fique dé­dié à la re­charge de sa bat­te­rie in­terne, ca­pable de lui pro­cu­rer jus­qu’à 4 heures d’au­to­no­mie éner­gé­tique après une simple charge. Un câble USB 3 fait par­tie de la donne d’ori­gine, ain­si qu’un in­dis­pen­sable chif­fon de net­toyage de l’écran. Pour le reste, une doc de prise en main ré­duite à sa plus simple ex­pres­sion, en­ten­dez par là que vous n’ap­pren­drez pas à vous ser­vir de votre nou­velle ac­qui­si­tion avec ces quelques pages. En re­vanche, vous ti­re­rez par­ti du car­ton d’in­vi­ta­tion au té­lé­char­ge­ment sur le site de l’édi­teur des goo­dies (avec la doc com­plète) et des di­verses vi­déos de pré­sen­ta­tion y étant pro­po­sées. Sans ou­blier le ra­pa­trie­ment de la bê­ta la plus ré­cente de MPC 2.0 et des quelques gi­gas de boucles au­dio thé­ma­ti­sées et dé­diées aux en­vi­ron­ne­ments Mac et PC.

Cô­té phy­sique, la MPC Live se pré­sente comme un bloc qua­si pa­ral­lé­lé­pi­pé­dique, à l’ex­cep­tion de sa face ar­rière lé­gè­re­ment an­glée pour fa­vo­ri­ser les di­vers rac­cor­de­ments. Ses di­men­sions sont conte­nues (424 x 224 x 69 mm) pour un poids de 2,7 kg, ex­pli­qué par la bat­te­rie in­terne. Cette der­nière peut être rem­pla­cée en cas de pro­blème ou d’usure. La par­tie gauche de la sur­face de tra­vail est dé­diée aux seize pads sen­sibles à la pres­sion et re­pé­rés par ré­tro-éclai­rage RGB (fi­gure 1). Du­rant le jeu, l’uti­li­sa­teur peut faire ap­pel à huit banques de samples, com­mu­tables via la ran­gée su­pé­rieure de quatre bou­tons et l’aide de la touche Shift. La se­conde ran­gée sert à l’ap­pel de fonc­tions spé­ciales, utiles en live, comme la fonc­tion Note Re­peat, idéale pour en­voyer un char­ley à la double-croche sur le tem­po en cours. La par­tie droite est lar­ge­ment oc­cu­pée par le ma­gni­fique écran cou­leurs tac­tile de com­mande de la MPC (150 x 96 mm, dia­go­nale de 6,9’’, soit 176 mm). Le sys­tème à pro­ces­seur mul­ti-coeur dis­pose de 2 Go de RAM et offre 16 Go de sto­ckage dont 10 sont oc­cu­pés par les samples de dé­mo (ou de jeu), 4 étant ré­ser­vés à l’OS in­terne, le MPC OS. À droite de l’écran fi­gurent quatre en­co­deurs mul­ti-fonc­tions, sen­sibles au tou­cher et pro­gram­mables par l’uti­li­sa­teur se­lon quatre jeux de com­mandes via le pous­soir Q-Link. Ils sont se­con­dés par un en­co­deur de dia­mètre plus im­por­tant et cli­quable pour l’ac­cès aux pa­ra­mètres gé­né­raux. Sous l’af­fi­cheur, les bou­tons de fonc­tion à ac­cès ra­pide pen­dant le live et les com­mandes de trans­port. En­fin, les faces la­té­rales sont ajou­rées pour lais­ser res­pi­rer la MPC ! (fi­gure 2) Vue ar­rière

À l’ar­rière (fi­gure 3), d’abord six sor­ties, une paire sté­réo clas­sique dé­diée à un mixeur / en­ceintes am­pli­fiées et quatre in­di­vi­duelles des­ti­nées à rou­ter cer­taines pistes de l’ar­ran­ge­ment vers d’autres en­trées d’un mixeur pour une cor­rec­tion dif­fé­rente (ou autre). Cha­cune de ces prises est en jack 6,35 TRS, donc sy­mé­trique. Un mi­ni-po­ten­tio­mètre gère le mas­ter vo­lume. Une sor­tie casque au for­mat 2,5 (?) com­plète la donne. Viennent les en­trées, une paire de RCA pour pla­tine vi­nyles avec prise de terre et une paire de jacks ni­veau ligne. Cel­les­ci sont dé­vo­lues au sam­pling en live (ou pas), à par­tir d’un disque ou d’une source au­dio ex­terne, avec ni­veau ajus­table (Rec Vol). Pas d’en­trée mi­cro, ni ins­tru­ment, ni Blue­tooth/Wi­Fi. Ces deux der­nières fonc­tions sont im­plan­tées dans la MPC, il faut at­tendre une pro­chaine mise à jour firm­ware pour dé­tailler ce qu’il se­ra pos­sible d’en faire (liai­son sans fil vers des en­ceintes BT, Able­ton Link, etc.). Une double in­ter­face MI­DI DIN (Out/In) pro­pose la connexion de syn­thés/contrô­leurs com­pa­tibles et, si tel n’est pas le cas, il est pos­sible de pas­ser par la paire d’em­bases USB 3 type 1 po­si­tion­née à leur cô­té. Un slot SD Card et ces deux em­bases per­mettent d’ac­cueillir des pé­ri­phé­riques de sto­ckage ex­ternes, tels disques durs, clé, carte SD donc et même un cla­vier d’or­di­na­teur, au be­soin. L’em­base USB 3 type B est pré­vue pour le rac­cor­de­ment à un or­di­na­teur et la com­mande du lo­gi­ciel MPC. Pour clore ce des­crip­tif, un bou­ton d’al­lu­mage, au rou­ting peu évident, gère la mise sous ten­sion de la MPC.

Work­flow créa­tif

Ceux qui connaissent dé­jà la sé­rie MPC ne se­ront pas dé­rou­tés, pour les autres, quelques ex­pli­ca­tions s’im­posent. À l’al­lu­mage, la MPC af­fiche des pro­jets de dé­mo mon­tés ser­vant de base à la dé­cou­verte du son, dans un pre­mier temps, ou d’ar­chi­tec­ture d’un nou­veau pro­jet sur la base des samples char­gés. Il est aus­si pos­sible de par­tir « from scratch », à sa­voir, avec rien de char­gé. Dans ce cas, un pro­jet par dé­faut est créé. Ce­lui-ci contient une sé­quence vide (jus­qu’à 128 com­bi­nables) qui contient el­le­même une piste vide (jus­qu’à 128 éga­le­ment). L’uti­li­sa­teur tape sur le BPM et le mo­di­fie via l’en­co­deur et fait de même avec le nombre de me­sures qu’il sou­haite en­re­gis­trer. Se­lon le même prin­cipe, la piste à construire peut ty­pi­que­ment être de drums (les samples sont char­gés se­lon une lo­gique de BAR sur les pads), d’ins­tru­ment (les samples sont ré­par­tis par notes puis par oc­tave via les pads Bank), de sé­quences (des boucles dé­jà construites), MI­DI (en­trée MI­DI ex­terne) ou CV (pas en­core uti­li­sés). En par­tant sur Drums, seuls les packs cor­res­pon­dants ins­tal­lés dans la mé­moire in­terne sont sé­lec­tion­nables et char­geables sur les pads de la piste en cours. Un Shift - Me­nu offre de se dé­pla­cer dans la bi­blio­thèque avec pré-écoute pos­sible du kit poin­té. Rien n’em­pêche de char­ger du ma­té­riel au­dio com­plé­men­taire, il suf­fi­ra de créer la piste correspondante pour en bé­né­fi­cier dans l’ar­ran­ge­ment au mo­ment où il se­ra né­ces­saire de les sé­quen­cer. Après re­pé­rage des samples sur les pads, il convient de se lan­cer dans l’en­re­gis­tre­ment. Un tap sur Rec puis un sur Play lance une me­sure de dé­compte avant lan­ce­ment (vo­lume de click ajus­table), la quan­ti­sa­tion étant ac­ti­vée par dé­faut (ajus­table de 1/4 à 1/64 T et by­pas­sable). Avec le mode boucle ac­ti­vé, la sé­quence passe au­to­ma­ti­que­ment en over­dub sur la piste. Si l’on craint de faire une er­reur, mieux vaut stop­per l’en­re­gis­tre­ment et créer une nou­velle piste pour com­plé­ter le groove en cours. Si l’on sou­haite en­re­gis­trer une par­tie de pia­no et que l’on n’est pas pia­niste, le mode Pad Per­form du me­nu sert à dé­clen­cher des ac­cords dé­jà réa­li­sés en mode pro­gres­sion (gamme har­mo­ni­sée), chro­ma­tique ou se­lon un doig­té pré­dé­fi­ni (1-3-5 / 1-3-5-7b, etc.). Il est même pos­sible de ne conser­ver qu’une par­tie des me­sures en­re­gis­trées pour une piste don­née. La phase d’édi­tion s’ef­fec­tue en mode Grid Edit et offre la sé­lec- tion, le dé­pla­ce­ment, l’écri­ture, l’ef­fa­ce­ment d’élé­ments. Viennent en­suite le mixage au­dio des pistes, vo­lume, pan, mute, so­lo, etc., et l’édi­teur de vé­lo­ci­té / ajout ou sup­pres­sion d’évé­ne­ments. Une ma­trice 2D sert en­fin à gé­rer un ef­fet à choi­sir par­mi 18 pour agir sur le mix en live, avec filtres de bande, pha­ser, de­lay… (fi­gure 4)

Plus…

Là, nous ne tra­vaillons que sur le ma­té­riel four­ni en stan­dard, mais rien n’em­pêche d’uti­li­ser le sam­pleur in­terne ca­pable de cap­tu­rer une source re­liée à l’ar­rière de la MPC, puis de la pas­ser à la mou­li­nette de l’édi­teur au­dio. Ce­lui-ci coupe/conserve la par­tie utile de l’ac­qui­si­tion, sait faire des slices de­dans pour les ré­par­tir di­rec­te­ment sur les pads en vue de dé­clen­che­ments à la vo­lée, etc. Après quelques heures de tra­vail avec la MPC, on ar­rive vite à en­trer dans la lo­gique de fonc­tion­ne­ment et tout ce qui pa­rais­sait long à re­pé­rer au dé­part de­vient vite évident. Une lo­gique que l’on re­trouve sur la ver­sion lo­gi­cielle, la MPC Live de­ve­nant tour à tour contrô­leur et contrô­lée

(fi­gure 5). Le mu­si­cien/pro­duc­teur/DJ pro­fite alors de sa pa­no­plie de plug-ins VST/AU ins­tal­lée sur son or­di­na­teur pour con­fec­tion­ner de nou­velles boucles/car­bu­rant à la Live, une fois la per­for­mance ter­mi­née et de re­tour au home-stu­dio. Le meilleur des deux mondes avec une seule ma­chine donc !

1 La sur­face de tra­vail.

5 L’in­ter­face de MPC 2.0.

4 Ma­ni­pu­la­tion des ef­fets via la ma­trice 2D.

3 La face ar­rière.

Les faces la­té­rales ajou­rées. 2

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