DGT 650

La tra­di­tion au­tri­chienne re­vient en force !

Keyboards Recording - - TESTS - par Pierre Em­ber­ger

Le­witt re­noue avec la tra­di­tion au­tri­chienne qui a mar­qué l’histoire de la cap­ta­tion tout comme l’histoire mu­si­cale quand Vienne était le centre du monde de la mu­sique clas­sique. Mais l’histoire a un ave­nir et, dans le do­maine du mi­cro­phone, il se di­rige tout droit vers le nu­mé­rique. C’est le cas du DGT 650, concept in­édit dont on se sou­vien­dra…

Le Le­witt DGT 650 n’est pas un mi­cro­phone di­gi­tal comme les autres. En fait, c’est un concept. D’abord, il s’adresse à la cap­ta­tion USB via l’or­di­na­teur sous Mac et PC. Une ap­pli­ca­tion est four­nie par le construc­teur pour pi­lo­ter ses ré­glages in­ternes dans ce cadre, bien faite, simple et ef­fi­cace, qui per­met d’ajus­ter les crêtes, de na­vi­guer entre les fonc­tions sans cou­pure nu­mé­rique. Le DGT 650 s’adresse aus­si à la cap­ta­tion iOS grâce à une se­conde ap­pli­ca­tion dé­diée elle aus­si et dis­po­nible sur l’App Store. Ce­la veut dire qu’on peut trans­for­mer son iPhone, iPad et iPod Touch en uni­té d’en­re­gis­tre­ment et de sto­ckage. La nou­veau­té, c’est une brea­kout box à la­quelle on bran­che­ra une gui­tare, un syn­thé­ti­seur/ma­chine en au­dio (à l’aide d’un jack TRS sté­réo) et/ou en MI­DI (dans les quatre modes) grâce au trans­fert USB asyn­chrone (qui per­met de trans­fé­rer si­mul­ta­né­ment sur une même ligne des don­nées et de l’au­dio). À no­ter une sor­tie casque puis­sam­ment am­pli­fiée.

Un ca­mé­léon bluf­fant

Le DGT 650 per­met quatre modes de cap­ta­tion : le mode Sté­réo X/Y avec ou­ver­ture de 90°, le mode Car­dioïde pour une cap­ta­tion pu­re­ment fron­tale, le mode Chan­teur/Com­po­si­teur où le ca­nal 1 sert à une cap­ta­tion car­dioïde et le ca­nal 2 d’en­trée ligne, et en­fin le mode Line-In Sté­réo qui per­met de cap­ter un si­gnal ligne sté­réo. Nous avons tes­té deux modes. Le mode Sté­réo : l’avan­tage des deux cap­sules rap­pro­chées qui équipent le DGT 650 ré­side dans le fait que la sté­réo a très peu d’ef­fet de phase, alors que si on éloigne deux mi­cros l’un de l’autre, on ob­tient plus de com­po­santes hors phase. Le DGT 650 fa­brique une sté­réo très sûre, sans mau­vaise sur­prise ni pro­blème de com­pa­ti­bi­li­té mo­no. En clair, si on met deux cap­sules phy­si­que­ment l’une sur l’autre, sauf dans les ex­trêmes ai­gus, il n’y a pas de gros dé­ca­lage de phase. Dans ce mode, la cap­ta­tion reste in­tacte de gauche à droite de la cap­sule, nor­mal, car l’une est orien­tée de face et l’autre à 90°. Pour mieux se rendre compte, Le­witt a pris le risque de mettre en ligne une vi­déo, et c’est à por­ter à son ac­tif, où l’on en­tend l’ex­cellent com­por­te­ment du DGT 650 face à un qua­tuor à cordes. Le ré­sul­tat est bluf­fant sa­chant que des ins­tru­ments à cordes comme le vio­lon sup­portent mal les dis­tor­sions et dés­équi­libres spec­traux des cap­teurs d’en­trée de gamme. Le mode Car­dioïde, lui, qui consiste ici à mé­lan­ger les deux cap­sules pour les som­mer en mo­no, nous a pa­ru as­sez large. Nous l’avons com­pa­ré à un U 67. Un spectre mé­dium certes un peu moins riche et glo­ba­le­ment plus d’ai­gus pour le DGT 650, mais, fran­che­ment, pas de grande dif­fé­rence. Si mé­diums et ai­gus res­sortent plus, ils nous ont pa­ru plu­tôt élé­gants. Cette brillance, nous avons pu la re­ti­rer fa­ci­le­ment en ap­pli­quant un shelf très doux de 2 à 3 dB à par­tir de 1 kHz. Le DGT 650 confirme tout ce­la dans la cap­ta­tion du qua­tuor à cordes que nous avons évo­quée. Si les cap­sules sont à élec­tret, en re­vanche les ai­gus ne sonnent pas ar­ti­fi­ciels comme trop fré­quem­ment avec cette tech­no­lo­gie… Le DGT 650 em­barque un pad at­té­nua­teur à trois po­si­tions 0, -10 et -20 dB très utile pour cap­ter des sources à forte pres­sion aus­si bien en stu­dio qu’à l’ex­té­rieur. N’ou­blions pas qu’ici nous sommes dans un contexte no­made. En­fin, le DGT 650 em­barque un filtre passe- haut à 80 Hz à 12 dB par oc­tave pour les voix chan­tées, par­lées, voire cer­tains ins­tru­ments et un se­cond filtre à 160 Hz qui concerne les prises sur pla­teau où on n’a pas be­soin de conte­nu de fré­quences graves ni de pro­blèmes is­sus du rum­bling. La ques­tion que tout le monde se pose : y a-t-il de la la­tence ? Le DGT 650 est un dis­po­si­tif USB, donc for­cé­ment il y en a, mais tout dé­pend de la fa­çon dont les construc­teurs s’en éman­cipent et de la taille du buf­fer. Dans notre cas, rien de par­ti­cu­lier à si­gna­ler, le mi­cro s’est com­por­té tout à fait nor­ma­le­ment.

Le DGT 650 et tous ses ac­ces­soires.

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