L’autre pro­tec­tion des ins­tru­ments de mu­sique

Dans notre vie mo­derne, tout est de nos jours as­su­ré, que ce soit notre mai­son, notre voi­ture, notre san­té ou… le train ou l’avion que nous man­quons. Nos ins­tru­ments qui comptent tant pour nous de­vraient bien l’être aus­si…

Keyboards Recording - - PROCESS - par Pa­trice Cre­veux

L’ été ap­proche… et nous al­lons soit em­por­ter avec nous nos pré­cieux ins­tru­ments en tournée ou sur la plage, soit les lais­ser « à la mai­son » à la mer­ci de cam­brio­leurs in­dé­li­cats ! L’as­su­rance des ins­tru­ments de mu­sique ne va ce­pen­dant pas en­core de soi pour de nom­breux mu­si­ciens ama­teurs ou pro­fes­sion­nels pour qui, pour­tant, le désar­roi est sans li­mites lors­qu’un sou­ci touche leur moyen d’ex­pres­sion… L’as­su­rance ne « couvre » pas le pré­ju­dice mo­ral ou psy­cho­lo­gique dé­cou­lant d’un si­nistre mais per­met au moins de trou­ver ra­pi­de­ment une so­lu­tion « tech­nique » de rem­pla­ce­ment… Pour peu que le contrat ait été bien sous­crit…

Un risque = une ga­ran­tie

Avant de sous­crire un contrat spé­ci­fique, il se­ra utile d’iden­ti­fier les risques aux­quels on pense exposer son ins­tru­ment, dans la me­sure où il n’est pas im­pos­sible que d’autres as­su­rances dé­jà sous­crites ap­portent une ga- ran­tie suf­fi­sante. Si votre ins­tru­ment ne « sort » pas de chez vous (pia­no, cla­ve­cin, harpe, orgue…) et qu’il est dif­fi­cile à vo­ler, il pour­ra être cou­vert par le contrat « mul­ti­risques ha­bi­ta­tion » ; outre le vol, les risques ma­jeurs ren­con­trés sont en ef­fet alors l’in­cen­die, le dé­gât des eaux et plus gé­né­ra­le­ment ceux ins­crits dans la ca­té­go­rie « dom­mages aux biens », no­tam­ment les cas de ca­tas­trophe na­tu­relle ou de tem­pête lors­qu’ils sont iden­ti­fiés. At­ten­tion, cer­taines com­pa­gnies re­fu­se­ront d’in­clure dans ce contrat votre ins­tru­ment pro­fes­sion­nel (c’est-à-dire ac­quis sous le cou­vert des frais pro­fes­sion­nels) ou im­po­se­ront une op­tion de ga­ran­tie si vous pos­sé­dez un ins­tru­ment de très haut de gamme, dont le prix fe­rait « ex­plo­ser » le mon­tant théo­rique ga­ran­ti par pièce d’ha­bi­ta­tion. À sur­veiller éga­le­ment, la pré­sence de la ga­ran­tie « van­da­lisme » qui cou­vri­ra la dé­gra­da­tion des ins­tru­ments. En­fin, si vous ne l’avez iden­ti­fié spé­ci­fi­que­ment, votre ma­té­riel in­for­ma­tique, tous vos lo­gi­ciels mu­si­caux et « plugs » de créa­tion uniques et les di­zaines de com­po­si­tions ori­gi­nales que vous avez pro­duites avec ne sus­ci­te­ront pas plus d’émo­tion au­près de votre as­su­reur que si vous vous étiez conten­té de ne faire avec que votre cour­rier et votre na­vi­ga­tion internet fa­mi­liale…

On the road…

As­su­rer ses ins­tru­ments peut être prudent lors­qu’on a dé­pen­sé une forte somme pour leur ac­qui­si­tion et que l’on est sus­cep­tible de les dé­pla­cer fré­quem­ment pour jouer. Dans

ce cas, il est évident que le contrat « mai­son » ne se­ra pas for­cé­ment adap­té, sauf s’il est éta­bli que vous ef­fec­tuez ré­gu­liè­re­ment un tra­jet don­né dans un même ter­ri­toire, par exemple entre chez vous où se si­tue ha­bi­tuel­le­ment l’ins­tru­ment et la salle de ré­pé­ti­tion. Il pour­ra être ju­di­cieux de vé­ri­fier si le contrat au­to­mo­bile ga­ran­tit les ob­jets trans­por­tés, et ce jus­qu’à quel prix, et quel est le mon­tant de la fran­chise en cas de si­nistre, avant de s’en­qué­rir du mon­tant d’une op­tion spé­ci­fique. Vé­ri­fier la clause concer­nant les ob­jets trans­por­tés en cas d’accident : votre cla­vier, « li­mite » en lon­gueur dans votre coffre, sup­por­te­ra-t-il l’ar­rêt contre votre pare-chocs de la voi­ture qui vous suit ? Il se­ra prudent de vé­ri­fier le mon­tant de la ga­ran­tie vol lorsque le vé­hi­cule est sta­tion­né hors de votre do­mi­cile (ce qui risque tout de même d’être sur­tout le cas !). Il fau­dra au­tre­ment pré­voir une as­su­rance liée au trans­port, d’au­tant plus si le prix de l’ins­tru­ment est consé­quent.

By the air…

Et l’avion ? En prin­cipe, l’IATA (In­ter­na­tio­nal Air Trans­port As­so­cia­tion) oblige les com­pa­gnies à ga­ran­tir les ba­gages en soute de leurs pas­sa­gers. Le mon­tant de l’in­dem­ni­sa­tion par une com­pa­gnie si­gna­taire de la Conven­tion de Mont­réal est de 1 220 € maxi­mum, ce qui est bien peu par rap­port au prix d’un ins­tru­ment de mu­sique… Les ba­gages en ca­bine ne sont pas ga­ran­tis et vous ne pour­rez ob­te­nir au­cune in­dem­ni­té si un pas­sa­ger in­dé­li­cat écrase sous son ba­gage à main votre flûte tra­ver­sière ou votre uku­lé­lé dans le coffre à ba­gages… Dans le cas d’un voyage en train, la SNCF dé­cline toute res­pon­sa­bi­li­té pour les ba­gages lais­sés aux em­pla­ce­ments pré­vus. La res­pon­sa­bi­li­té du trans­por­teur n’est en­ga­gée que dans le cas où les ba­gages ont été en­re­gis­trés. Mais… vous n’au­rez pour au­tant pas le droit d’ins­tal­ler votre vio­lon­celle à cô­té de vous, sans vous af­fran­chir d’un titre de trans­port, dis­po­si­tion aus­si va­lable pour l’avion. Si en­fin vous choi­sis­sez le car, que ce soit pour un voyage au long cours ou pour vous rendre de l’aé­ro­port au centre-ville, en prin­cipe : « Le trans­por­teur de voya­geurs est ac­ces­soi­re­ment te­nu d'une obli­ga­tion de ré­sul­tat re­la­ti­ve­ment au trans­port des ba­gages pla­cés en soute, de sorte qu'il est te­nu de ré­pondre de leur dis­pa­ri­tion » (Cour de Cas­sa­tion du 26/09/2006) même si la seule mise à dis­po­si­tion gra­cieuse d'une soute à ba­gages pour le temps de tra­jet des voya­geurs entre deux ar­rêts ne met à la charge du trans­por­teur au­cune obli­ga­tion contrac­tuelle de sur­veillance… En ré­su­mé, si vous sous­cri­vez une as­su­rance-voyage lors de l’achat de votre billet ou si vous avez si­gné un contrat spé­ci­fique au­près d’Eu­rop As­sis­tance, Al­lianz ou des com­pa­gnies si­mi­laires, elle se­ra sans doute adap­tée à votre flight-case de câbles et d’ac- ces­soires di­vers ou en­core à votre valise de par­ti­tions ou de CD (quoique…), mais pour votre ins­tru­ment, il fau­dra trou­ver autre chose, les « ef­fets pré­cieux » (rien ne spé­ci­fie d’ailleurs si les ins­tru­ments en font par­tie !) n’étant que par­tiel­le­ment in­dem­ni­sés…

Une cou­ver­ture « bé­ton »

Avant de sous­crire un contrat spé­ci­fique, il peut être in­té­res­sant de consul­ter aus­si les condi­tions de la ga­ran­tie éven­tuelle que votre carte de cré­dit vous offre sur l’in­dem­ni­sa­tion vol d’un ob­jet ache­té par ce moyen de paie­ment. Si en­fin au­cune des pro­po­si­tions faites par des as­su­reurs « gé­né­ra­listes » ne vous sa­tis­fait, sans doute vous fau­dra-t-il vous orien­ter vers un contrat « tous risques » spé­ci­fique à nos ma­té­riels. La ta­ri­fi­ca­tion de ce type de contrat se­ra bien évi­dem­ment pro­por­tion­nelle à l’ori­gi­na­li­té des ins­tru­ments cou­verts et des risques en­ga­gés, ce qui pour­ra ame­ner à étu­dier avec at­ten­tion les condi­tions gé­né­rales et les condi­tions de ga­ran­tie. Un bon point en fa­veur de ces contrats spé­cia­li­sés concerne la prise en compte plus « adap­tée » de la vé­tus­té de l’ins­tru­ment : en ef­fet, pour un as­su­reur « lamb­da », un Mi­ni­moog ou un Fen­der Rhodes « d’ori­gine » est une

L’as­su­rance ne « couvre » pas le pré­ju­dice mo­ral ou psy­cho­lo­gique dé­cou­lant d’un si­nistre mais per­met au moins de trou­ver ra­pi­de­ment une so­lu­tion « tech­nique » de rem­pla­ce­ment…

fi vieille­rie qui ne « vaut plus rien » ! Les contrats spé­cia­li­sés consi­dèrent beau­coup mieux les ins­tru­ments vin­tage… Ils sont en gé­né­ral le fait de cour­tiers dis­po­sant d’une bonne connais­sance des condi­tions spé­ci­fiques dans les­quelles nous uti­li­sons nos ins­tru­ments. Dans le contexte de tels contrats, tout est en­vi­sa­geable, y com­pris le plus im­pen­sable et im­pro­bable, mais le ta­rif se­ra en pro­por­tion ! Nous ne pou­vons donc que vous en­cou­ra­ger à étu­dier at­ten­ti­ve­ment les ga­ran­ties et condi­tions gé­né­rales des dif­fé­rentes pro­po­si­tions afin de vé­ri­fier que les cou­ver­tures que vous sou­hai­tez sont bien prévues, et à quel prix ; en ef­fet, des « condi­tions par­ti­cu­lières » peuvent consi­dé­ra­ble­ment aug­men­ter le ta­rif de base de la prime à un « prix d’ac­croche » at­trac­tif. Il im­por­te­ra éga­le­ment de consi­dé­rer les zones de cou­ver­ture (France, Eu­rope, monde en­tier) et de les va­li­der au mo­ment de la si­gna­ture. Pour un mu­si­cien pro­fes­sion­nel, les primes d’as­su­rance de ce type de contrat sont évi­dem­ment dé­duc­tibles des re­ve­nus au titre des frais pro­fes­sion­nels.

Dé­fi­nir les ga­ran­ties

Les plus « pros » des as­su­reurs vous pro­po­se­ront du sur-me­sure, sur la base d’un contrat au­quel se­ront ajou­tées, le cas échant, les ga­ran­ties utiles, sans fran­chise (sauf pour le vol en vé­hi­cule). On trou­ve­ra ain­si des contrats pour mu­si­ciens ama­teurs, pro­fes­sion­nels, mais aus­si pour les pro­fes­sion­nels de la mu­sique (lu­thiers, ac­cor­deurs…) ou pour les or­chestres consti­tués ou oc­ca­sion­nels. Les ga­ran­ties va­rient évi­dem­ment en fonc­tion du pro­fil du sous­crip­teur et la prime se­ra en gé­né­ral cal­cu­lée sur un pour­cen­tage com­pris entre 1 et 2 % de la va­leur de l’ins­tru­ment, avec une va­leur de prime mi­ni­male. On peut aus­si trou­ver des contrats tem­po­raires sus­cep­tibles de ga­ran­tir un ins­tru­ment ou un

Un peu de ré­gle­men­ta­tion…

Si l’as­su­rance de nos ins­tru­ments est très spé­ci­fique, elle s’ins­crit ce­pen­dant dans le code gé­né­ral des as­su­rances, et sup­pose donc une pro­cé­dure ré­gle­men­tée ; n’es­pé­rez donc pas, si plu­sieurs contrats peuvent re­cou­vrir le même risque, bé­né­fi­cier d’une in­dem­ni­sa­tion com­plète de cha­cun. La dé­cla­ra­tion du si­nistre doit être faite dans un dé­lai de cinq jours maxi­mum (sauf ca­tas­trophe na­tu­relle) au­près de la com­pa­gnie, ac­com­pa­gnée d’une co­pie du dé­pôt de plainte éven­tuel. Vous de­vrez aus­si in­for­mer la com­pa­gnie à qui vous en­voyez les do­cu­ments de l'exis­tence éven­tuelle d’autres as­su­rances ga­ran­tis­sant le même risque. En cas de vol, si vous ve­nez à avoir connais­sance de la per­sonne qui dé­tient le bien vo­lé ou si vous le ré­cu­pé­rez, vous conser­vez votre bien si l’in­dem­ni­té n’a pas été ver­sée. Vous tou­che­rez alors une in­dem­ni­té correspondant aux dé­té­rio­ra­tions éven­tuel­le­ment su­bies et aux frais que vous avez pu en­ga­ger pour la ré­cu­pé­ra­tion des biens vo­lés. Une as­su­rance donne tou­jours l’im­pres­sion de « coû­ter cher »… Mais est-ce réel­le­ment le cas, lorsque l’accident sur­vient ? Si rien n’est in­dis­pen­sable pour un équi­pe­ment de bas de gamme, il est sans doute avi­sé d’étu­dier la ques­tion lorsque l’on monte en gamme et qu’il s’agit d’un ins­tru­ment de tra­vail… Bonne mu­sique !

Le site des As­su­rances Vers­pie­ren.

Le site des As­su­rances Le­roy.

De­vis en ligne chez Le­roy.

parc d’ins­tru­ments le temps d’un con­cert. Le Ca­bi­net Le­roy pro­pose un contrat à des­ti­na­tion des ins­tru­ments acous­tiques ou des ins­tru­ments élec­triques ain­si que des équi­pe­ments in­for­ma­tiques qui ga­ran­tit le vol, la dé­té­rio­ra­tion suite à un vol ou une ten­ta­tive de vol, sur site ou lors d’un trans­port pu­blic ou pri­vé, mais aus­si les dom­mages ac­ci­den­tels : bris, chute, choc ou en­core le van­da­lisme, la perte, les dom­mages cau­sés par l'eau, le feu ou l’in­cen­die, la tem­pête, les ca­tas­trophes na­tu­relles, les ex­plo­sions et at­ten­tats. Le mon­tant de l’in­dem­ni­sa­tion est éta­bli se­lon une va­leur agréée, sur pré­sen­ta­tion d’une fac­ture d’achat ou d’une es­ti­ma­tion d’ex­pert de moins de deux ans. La prise en charge des frais de lo­ca­tion d’un ins­tru­ment de rem­pla­ce­ment et son as­su­rance ain­si que les ac­ces­soires dé­cla­rés sont éga­le­ment cou­verts. Les ga­ran­ties pro­po­sées par le Ca­bi­net Vers­pie­ren sont as­sez voi­sines. À no­ter leur offre à des­ti­na­tion des en­sembles mu­si­caux qui, au-de­là des ga­ran­ties spé­ci­fiques aux ins­tru­ments, pro­pose une as­su­rance Res­pon­sa­bi­li­té Ci­vile et dom­mages aux biens, ef­fets et ba­gages des mu­si­ciens. À no­ter éga­le­ment chez Vers­pie­ren l’offre de géo­sur­veillance Brac­tra­ker pour les ins­tru­ments : une balise GPS dis­crète (Na­no : 6 mois de veille ou 1 000 po­si­tions, ou Ex­pert : 18 mois de veille ou 3 000 po­si­tions) per­met le re­pé­rage de l’ins­tru­ment et l’in­ter­ven­tion de forces de po­lice pour pro­cé­der à sa ré­cu­pé­ra­tion. Le risque tech­nique pro­fes­sion­nel (pour les lu­thiers et ré­pa­ra­teurs) et la pré­voyance in­di­vi­duelle du mu­si­cien dis­posent aus­si de cou­ver­tures. Le site geo­tra­ceur.fr

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