L’art de pré­ser­ver

Ve­nus de par­tout, mu­si­ciens stars ou ano­nymes, lec­teurs de KR ou col­lec­tion­neurs, ama­teurs ou pro­fes­sion­nels : tous ap­portent leur pierre à l’édi­fice de Mu­sé­lec en lui confiant ins­tru­ments de mu­sique, ap­pa­reils au­dio, ac­ces­soires ou do­cu­men­ta­tion. Vé­ri­tab

Keyboards Recording - - STORY - par Klaus Blas­quiz

«C’

était­sym­pa­ton­pe­tit­net­toya­ged’oreilles,mes ami­son­ta­do­ré,il­sont­le­pro­jet­de­fai­reune pé­niche-concer­ti­ti­né­rante,et­pour­quoi­pa­sen hau­tren­de­ment…Bel­laLeNes­tou­retJohnAl­len (fi­gure 1), quim’ac­com­pa­gnaient,et­quit’ont­fait­don­de­cer­tain­s­élé­ments de­chaî­ne­hi-fi,des­mu­si­ciens-réa­li­sa­teurs,sont­de­sa­mis­de­lon­gue­date.J’ai no­tam­ment­fai­ta­ve­ceuxun­doc­sur­la­mu­si­queG­na­waa­vecB­ra­hi­mel

Bel­ka­ni,quia­vai­ten­re­gis­tré­le­fa­meux“NoQuar­ter”avecLedZep.» Cet ap­pel d’Éric Munch (fi­gure 1), il y a cinq ans dé­jà, était pour me re­mer­cier de l’ac­cueil que je leur avais ré­ser­vé au mu­sée.

Di­plô­mé de l’école Louis Lu­mière op­tion Son en 1982, Éric fait ses armes dans le court­mé­trage et le do­cu­men­taire. Il part en Afrique en 1983 pour tour­ner un road mo­vie mu­si­cal et mon­ter un groupe, Ghet­to Blas­ter, qui de­vien­dra un des tout pre­miers groupes d’afro­beat à Pa­ris. Il tra­vaille dans les pre­mières ra­dios libres comme réa­li­sa­teur, no­tam­ment à Ra­dio No­va, et pro­duit un disque d’afro­funk, TamTam. En 1995, il monte un stu­dio, Son Pour Son, avec So­phie Ta­ti­sheff, où il mixe de nom­breux films et do­cu­men­taires, no­tam­ment la ver­sion cou­leurs de Jour­de­fête de Jacques Ta­ti. Il tra­vaille en­suite avec Luc 2Du Jac­quet, sur La­mar­che­del’Empereur et plus ré­cem­ment sur Ilé­tai­tu­ne­fo­rêt. En 2000, il co­réa­lise avec Fran­çois Kot­lars­ki un court-mé­trage, Le­ci­né­maa­fri­cain?, ain­si qu’un do­cu­men­taire, LesFes­pa­kistes, sur le ci­né­ma afri­cain. De­puis quinze ans, il col­la­bore avec Na­wal Mla­nao, une chan­teuse sou­fie-folk ve­nant des Co­mores, en réa­li­sant ses disques et en tour­nant un do­cu­men­taire avec elle. Il se pas­sionne pour les nou­velles tech­no­lo­gies, dans le do­maine du son, en par­ti­cu­lier tout ce qui concerne la spa­tia­li­sa­tion (am­bi­so­nic, bi­nau­ral, WFS) et a re­joint ré­cem­ment l’équipe de Vir­tuel Au­dio qu’il connaît de­puis long­temps, au sein de la­quelle il réa­lise prises de son et mixages.

Mé­tal bros­sé

Le pre­mier ap­pa­reil ap­por­té par le trio est un in­té­gré (pré­am­pli/am­pli) Esart E150 S2, un 2 x 30 watts de fa­bri­ca­tion fran­çaise (Ma­la­koff) da­tant du mi­lieu des an­nées 70 (fi­gure 2, l'ap­pa­reil au-des­sus). Sur la doc tech­nique de la bête on peut lire : « Ce nou­vel am­pli dé­montre la su­pé­rio­ri­té tech­nique d’ESART. À prix com­pa­rable, il est le seul au monde of­frant à l’amateur : mixage in­té­gral per­met­tant toutes les com­bi­nai­sons entre les deux voies, bran­che­ment de deux pla­tines com­mu­tables sur la face avant, pos­si­bi­li­té de pas­ser en mo­no dès l’en­trée par simple pres­sion d’une touche, ré­glage ab­so­lu de sen­si­bi­li­té dès l’en­trée et à la sor­tie des pré­am­plis, une com­mu­ta­tion de deux groupes de HP sur chaque voie et une ga­ran­tie de trois ans. » Esart-Ten (Élec­tro­nique et Son ARTo­soul et Tech­niques Élec­tro­niques Nou­velles) est une marque fon­dée en 1958 par Jean Ar­to­zoul, concep­teur ayant éga­le­ment ou­vert une bou­tique à Pa­ris, CTA Per­cep­tion, ma­ga­sin exis­tant tou­jours. Esart, plus pré­ci­sé­ment Ten, avait aus­si réa­li­sé des en­ceintes équi­pées de HP Au­dax et Kef (twee­ter) et se trou­vait être four­nis­seur de l’ORTF. L’autre bel ob­jet est une ma­gni­fique pla­tine cas­settes Ma­rantz SD 3000 da­tant de 1979 (époque Su­per­scope) (fi­gure 2, l'ap­pa­reil au-des­sous). Elle pro­pose des po­si­tions de type de bande Type I, FeCr et Cr02 et une ré­duc­tion de bruit Dol­by de type B en plus du filtre MPX, les têtes étant des « su­per hard per­mal­loy ». En fa­çade : des en­trées mi­cro en jack (L et R) aux cô­tés d’une prise casque, et la belle cal­li­gra­phie Ma­rantz sur mé­tal bros­sé. La fa­meuse en­seigne, de­ve­nue ja­po­naise en 1966, avait été créée en 1952 par Saul B. Ma­rantz (1911-1997).

Mer­ci Éric Munch, Bel­la Le Nes­tour et John Al­len pour vos dons du son.

1 John Al­len, Bel­la Le Nes­tour et Éric Munch : des do­na­teurs aux « oreilles grat­tées ».

mé­tal bros­sé fleu­rant bon les an­nées 70.

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