Légendes du son : Wal­ly Hei­der

Wal­ly Hei­der (1922-1989) fonde en 1968 un stu­dio de lé­gende à San Fran­cis­co, stu­dio exis­tant tou­jours au­jourd’hui, sous le nom de Hyde Street Stu­dios. La splendeur du son de San Fran­cis­co.

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - par Klaus Blas­quiz

Wal­ly Hei­der a vu son stu­dio em­prun­té par les plus grands groupes et mu­si­ciens de rock des an­nées 60 et 70. Avant de dis­pa­raître en 1989, à l’âge de 66 ans, il pro­dui­sait en­core une sé­rie de vi­déos sur le jazz (Swing­time Vi­deo). Dans un pre­mier temps, il avait tra­vaillé avec des chefs d’or­chestre comme Les Brown, Woo­dy Her­man et Bud­dy Rich dans ses stu­dios de Los An­geles et de San Fran­cis­co, puis avait fon­dé, et re­ven­du, son propre la­bel Hind­sight, spé­cia­li­sé dans des in­édits de big bands.

À la Put­nam

Après avoir pra­ti­qué, avec suc­cès, l’in­gé­nie­rie du son dans les an­nées 40 et 50, comme as­sis­tant et in­gé­nieur aux stu­dios Uni­ted Wes­tern Re­cor­ders (Bill Put­nam, « le père de l’en­re­gis­tre­ment mo­derne »), il va contri­buer à fa­çon­ner le son de San Fran­cis­co à la fin des an­nées 60. Par­mi les pro­duc­tions les plus mar­quantes ayant été réa­li­sées dans ses stu­dios, on re­marque Eve­ry­bo­dyK­nowsT­hisIsNow­here de Neil Young et Cra­zyHorse, Dé­jàVu de Cros­by, Stills, Nash & Young (aaaah le son de la Mar­tin D-28 de Stills !), Elec­tricWar­rior de T. Rex, Tu­pe­loHo­ney de Van Mor­ri­son, Green Ri­ver de Cree­dence Clear­wa­ter Re­vi­val ou en­core le grand Abraxas de San­ta­na. En dé­pit du suc­cès incroyable ren­con­tré par son stu­dio, il ne s’en­dor­mi­ra ja­mais sur ses lau­riers et cher­che­ra constam­ment à amé­lio­rer sa tech­nique, aus­si bien en fixe qu’en mo­bile. Ce qui va lo­gi­que­ment se ré­per­cu­ter sur la qua­li­té des pro­duc­tions qui y se­ront réa­li­sées. On en ju­ge­ra en se re­por­tant sur les en­re­gis­tre­ments du Mon­te­rey Jazz Fes­ti­val en 1966 et du fa­meux Mon­te­rey Pop Fes­ti­val en 1967. En 1969, son stu­dio mo­bile est équi­pé d’un ma­gné­to­phone 24 pistes, quand beau­coup de stu­dios pro ne pro­posent en­core que des 16pistes, voire des 8-pistes ! En 71, il va même y dis­po­ser de deux 24-pistes syn­chro­ni­sés ! C’est lui qui en­re­gistre le fa­meux fes­ti­val Watts­tax en 72, avant de fon­der en 1975 un stu­dio à Los An­geles, au 1604 North Ca­huen­ga Bou­le­vard, où il tra­vaille­ra de plus en plus. Les stu­dios, A, C et D, sont conçus par Dave Man­ci­ni et les équi­pe­ments, consoles et autres ma­chines cus­tom, sont construits par Frank DeMe­dio, à par­tir d’élé­ments de console UA et de com­po­sants de qua­li­té mi­li­taire. La console (rem­pla­cée à terme par une Quad Eight dans le stu­dio A), que l’on trouve éga­le­ment dans le stu­dio 3 à Los An­geles mais aus­si dans le stu­dio mo­bile, est d’em­blée une 24-ca­naux, avec huit ca­naux de mo­ni­to­ring, et les écoutes sont des Al­tec 604-E, ali­men­tées par des am­plis à lampe McIn­tosh 275.

Simple et ef­fi­cace

La pre­mière pro­duc­tion à sor­tir du stu­dio C est le Vo­lun­teers de Jef­fer­son Air­plane. On ver­ra en­suite pas­ser des ar­tistes comme Har­ry Nils­son, le Gra­te­ful Dead, Cream, le Steve Miller Band, CSNY, on l’a dit, ou Cree­dence Clear­wa­ter Re­vi­val, qui y a réa­li­sé son Cos­mo’sFac­to­ry. Les in­gé­nieurs du son à de­meure sont Bill Hal­ver­son, Ste­phen Barn­card et sur­tout Glyn Johns, Hei­der lui­même ne pra­ti­quant plus cet art qu’ac­ces­soi­re­ment. Il est pour­tant tou­jours là pour mettre son grain de sel. Un jour qu’il contrôle avec l’in­gé­nieur Sher­man Keene une dis­po­si­tion de mi­cros sur un pu­pitre de cuivres, il lui dé­crit la mé­thode la plus simple et la plus ef­fi­cace pos­sible : «Nou­sa­vons tou­jours­po­si­tion­né­le­mi­cro­cuivre lé­gè­re­men­tau-des­sus­de­la­po­si­tionde l’ins­tru­men­ten­po­si­tio­nas­sise, par­ti­cu­liè­re­ment­quan­dils’agitd’une­prise live.Les­mi­cros­sont­pa­railleurs­lé­gè­re­ment hor­saxe.On­ne­sait­ja­mais­quan­dun­mu­si­cien va­pren­dreun­so­lo,ce­qui­fait­que­le­mi­cro­pla­céau-des­sus­capte par­fai­te­ment­la­cho­se­quand­le­mu­si­cien­se­lève.Quand­le­mi­croest­bien pla­cé,onn’aja­mais­be­soin­de­tou­che­rau­fa­der.» Le stu­dio est ven­du à Film­ways en 1978, mais Hei­der y reste ma­na­ger, jus­qu’en 1980, quand Film­ways est ven­du au trio Dan Alexan­der, Tom Sharples et Mi­chael Ward, le­quel di­rige tou­jours au­jourd’hui les Hyde Street Stu­dios.

Les Hyde Street Stu­dios à Los An­geles.

Stills, Nash et Cros­by en ses­sion d’en­re­gis­tre­ment dans les stu­dios de Wal­ly Hei­der.

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