Le don du son : Jean-Do Sal­la­ber­ry

Des do­na­teurs pour Mu­sé­lec

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - par Klaus Blas­quiz

Ve­nus de par­tout, mu­si­ciens stars ou ano­nymes, lec­teurs de KR ou col­lec­tion­neurs, ama­teurs ou pro­fes­sion­nels : tous apportent leur pierre à l’édi­fice de Mu­sé­lec en lui confiant ins­tru­ments de mu­sique, ap­pa­reils au­dio, ac­ces­soires ou do­cu­men­ta­tion. Vé­ri­table pièce de mu­sée ou pe­tit ob­jet in­si­gni­fiant : ils ont tous leur place dans les col­lec­tions du mu­sée.

Jean-Do Sal­la­ber­ry (fi­gure 1) est gui­ta­riste pro de­puis l’âge de 18 ans, après un Bac lit­té­raire «ob­te­nua­vec­de­la­chance» . Prof de mu­sique de­puis l’âge de 25 ans, il a fait ses armes au CIM, où, tout en étant élève, il de­vient d’abord « as­sis­tant », avant d'être em­bau­ché comme pro­fes­seur à par­tir de 1985 pour les onze an­nées sui­vantes. Suivent plu­sieurs autres éta­blis­se­ments pri­vés ou as­so­cia­tifs (IACP, Mu­siques Tan­gentes, ARPEJ, CMDL…) et pu­blics (conser­va­toires de Pa­lai­seau et Longjumeau), et de nom­breux stages et coa­chings pour di­verses struc­tures. Mu­si­cien to­ta­le­ment au­to­di­dacte jus­qu’à 19 ans, il entre au CIM pour y suivre pen­dant deux ans les classes de l’im­mense Pierre Cul­laz. Il y suit éga­le­ment les cours de Laurent Co­ke­laere, qui de­vient son ami et men­tor, tout en se for­mant à l’ar­ran­ge­ment avec Ivan Jul­lien. Ses rêves d’ado­les­cent : par­ti­ci­per à des aven­tures col­lec­tives, jouer les mu­siques qu’il aime avec des amis…

Les maîtres du groove

Bien sûr, quelques gui­tar he­roes de cette époque guident ses pre­miers pas, par­ti­cu­liè­re­ment Jim­my Page, Rit­chie Bla­ck­more, To­ny Iom­mi, Mick Ron­son, Steve Mar­riott, Paul Kos­soff, Jeff Beck ou Billy Gib­bons. Bi­zar­re­ment, se­lon lui, il ne va s’in­té­res­ser à des « ins­ti­tu­tions » comme Ji­mi Hen­drix, Da­vid Gil­mour ou Eric Clap­ton que plus tard.

C'est vers ses 20 ans qu’il trouve ses in­fluences les plus dé­ter­mi­nantes, chez des gui­ta­ristes plu­tôt ac­com­pa­gna­teurs, mais maîtres ab­so­lus du groove : Steve Crop­per, Mel­vin « Wah Wah Watson » Ra­gin, Da­vid Spi­noz­za, Cor­nell Du­pree, John Tro­pea, Lee Ri­te­nour, Den­nis Cof­fey, Leo No­cen­tel­li… Son pre­mier se­tup, «on­ne­rit­pas» dit-il : une gui­tare Eko (ita­lienne) rouge Fer­ra­ri et un am­pli Sound (ita­lien) 20 W à lampes. La pre­mière pé­dale ar­rive peu de temps après, une wah-fuzz Double Sound Jen (ita­lienne éga­le­ment). De­puis, il col­lec­tionne les stomp­boxes, par di­zaines. En 1976, après les pre­miers concerts ou bals ré­mu­né­rés, et avec l'aide fa­mi­liale, il peut (en­fin) s’of­frir une Fen­der Strat et un Twin Reverb, ain­si que quelques pé­dales Elec­tro-Har­mo­nix. La pas­sion du ma­tos est amorcée…

La mu­sique et… la mu­sique

Son pre­mier groupe est créé au ly­cée, vers 1975, alors qu’il ne pos­sède une gui­tare que de­puis un an à peine, avec pour simple am­bi­tion de jouer du «goo­dol'rock» . En­suite, quelques groupes de re­prises plus sé­rieux, et des or­chestres de bal spé­cia­li­sés rock, qui per­mettent de «join­drel’uti­leà l'agréable» . Sa prin­ci­pale pas­sion, en de­hors de la pra­tique mu­si­cale reste… la mu­sique : à écou­ter bien sûr, mais éga­le­ment à tra­vers son his­toire, ses mé­ca­nismes, ses évé­ne­ments, ses per­son­na­li­tés, ses anec­dotes… Il va de­ve­nir un exé­gète très poin­tu des mu­siques soul, Stax et Mo­town no­tam­ment. Un temps fé­ru d’in­for­ma­tique mu­si­cale, à une époque où il fal­lait être pas­sion­né pour l’uti­li­ser, la chose fi­nit par lui pas­ser.

La rai­son de ses dons à Mu­sé­lec : «Par­ce­qu’onest amis,que­je­con­nais­ta­pas­sio­net­to­nen­ga­ge­ment dans­cet­te­dé­mar­che­de­mé­moire,et­queje sou­hai­tai­sy­con­tri­buer.Unei­ni­tia­ti­ve­trè­sim­por­tante àme­syeux,lors­qu’on­réa­li­seà­quel­point­le­ma­té­riel et­son­dé­ve­lop­pe­men­ton­tin­fluen­cél’évo­lu­tion mu­si­cale.Les­do­mai­nes­tech­ni­quee­tar­tis­ti­que­sont ab­so­lu­men­tin­dis­so­ciables.»

Ses dons à Mu­sé­lec : des ma­té­riels abon­dam­ment uti­li­sés lors­qu’il tra­vaillait beau­coup en ho­mes­tu­dio. D’abord un Akai S1000PB (fi­gure 2), au­quel il a ajou­té de la mé­moire et une in­ter­face SCSI pour connec­ter un hard disk ex­terne, puis une mixette ra­ckable seize voies Ro­land M-160, deux éga­li­seurs nu­mé­riques Akai PEQ6, ain­si que deux ex­pan­deurs : un Obe­rheim Ma­trix-6R (fi­gure 3) et un Ka­wai K1m !

Je ren­contre Jean-Do lorsque je re­joins le Grand Blues Band fin 89. Nous al­lons y jouer en­semble pen­dant plus de dix ans. Au­jourd’hui, nous par­ti­ci­pons en­core à une aven­ture col­lec­tive, celle des Co­ke­pits, avec Laurent Co­ke­laere là aus­si.

Mer­ci Mon­sieur Sal­la­ber­ry pour vos dons du son.

Jean-Do Sal­la­ber­ry, gui­ta­riste plu­tôt ac­com­pa­gna­teur, mais maître du groove !

très pri­sé des col­lec­tion­neurs : l’Obe­rheim Ma­trix-6R.

grand clas­sique des échan­tillon­neurs : le Akai S1000PB.

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