SLOO Es­saim d'os­cil­la­teurs en ap­proche…

Le pro­duc­teur et in­ter­prète de mu­sique élec­tro­nique Tim Shaw, plus connu sous son nom d'ar­tiste, Tim Exile, nous pro­pose un ins­tru­ment ori­gi­nal et très ver­sa­tile, SLOO (Shed Loads Of Os­cil­la­tors). Ba­sé sur le mo­teur de Reak­tor 6, SLOO, qui per­met de pro­du

Keyboards Recording - - TESTS - Des ré­glages très fins… par Pierre Es­tève

Pour ex­pli­quer le prin­cipe de « Swarm » (es­saim, nuée, etc.) à la base de SLOO, Tim Exile prend l'exemple de la nuée d'oi­seaux dans la­quelle chaque oi­seau vole de ma­nière par­tiel­le­ment in­dé­pen­dante, tout en te­nant compte du vol des autres, la nuée se com­por­tant elle-même comme un méta-or­ga­nisme au­to­nome. Ici, les oi­seaux sont des os­cil­la­teurs, 48 pour être pré­cis. Au mi­lieu de la nuée, on en­tend les oi­seaux. De loin, c'est l'en­semble qui prime. L'uti­li­sa­teur in­ter­vient à l'échelle de la nuée, sur le type d'os­cil­la­teur, le filtre ré­so­nant mul­ti­mode, la fré­quence de modulation, le LFO pa­ra­mé­trique et la ma­trice de modulation. Et plus in­té­res­sant, il peut « mor­pher » le son glo­bal entre di­vers états de tous ces pa­ra­mètres. Le son de SLOO est donc ba­sé sur deux prin­cipes : l'in­ter­ac­tion entre les 48 os­cil­la­teurs lorsque leurs pa­ra­mètres évo­luent en mode Swarm par rap­port à un point cen­tral et, deuxiè­me­ment, la ma­nière dont ces pa­ra­mètres morphent entre deux états, vi­sibles à droite et à gauche de l'in­ter­face uti­li­sa­teur. Pour se fa­mi­lia­ri­ser avec ces concepts, la meilleure so­lu­tion est de s'amu­ser avec les ex­cel­lents pre­sets pro­duits par Tim Exile. Ils sont ras­sem­blés en quatre dos­siers : Synth, FX, Bass et Per­cus­sive.

Les cinq zones

L'in­ter­face de SLOO est di­vi­sée en cinq zones. La pre­mière, en haut, à droite du nom SLOO, avec le ca­dran à seize repères en­tou­ré de deux icônes for­mées de cinq points, est celle des pat­terns de Swarm et de l'his­to­rique des pat­terns de Swarm. Les pre­miers dé­crivent com­ment in­ter­agi­ront les dif­fé­rents pa­ra­mètres. On gé­nère les swarm pat­terns de ma­nière aléa­toire en cli­quant sur l'icône à cinq points de chaque pa­ra­mètre (zone 5). On peut aus­si ti­rer au ha­sard l'en­semble des pa­ra­mètres en cli­quant sur l'une des icônes à cinq points de la zone 1. Les pat­terns sont alors au­to­ma­ti­que­ment sto­ckés dans l'his­to­rique qui se rap­pelle des seize der­niers pat­terns (voir le ca­dran cen­tral). On peut rap­pe­ler l'his­to­rique des pat­terns par l'au­to­ma­tion, ou par des « note on » MI­DI. Quatre pos­si­bi­li­tés : off, en avant, en ar­rière et en ran­dom. Sous le nom SLOO à gauche, dans la se­conde zone, on règle l'en­ve­loppe ADSR, le gate, l'am­pli­tude et les pa­ra­mètres des os­cil­la­teurs. Pour les 48 os­cil­la­teurs, on peut choi­sir un mé­lange de dif­fé­rentes formes d'onde : sine (sli­der com­plè­te­ment à gauche), saw­tooth (au mi­lieu), pulse (com­plè­te­ment à droite), entre ces trois po­si­tions, on mé­lange pro­por­tion­nel­le­ment les formes d'onde. La lettre H (Hold) per­met de main­te­nir la note pour se concen­trer sur l'édi­tion. À la droite de cette zone, dans la troi­sième zone, on trouve un grand sli­der ho­ri­zon­tal, la « Morph Bar », qui per­met de mor­pher entre les pa­ra­mètres de droite et de gauche de la zone 5. Juste en des­sous de la Morph Bar, se trouve la zone des gammes et du live quan­tize. Elle per­met de for­cer les notes à res­pec­ter telle ou telle gamme (fi­gure 1). En­fin, la cin­quième zone, la plus grande dans l'in­ter­face, est celle des pa­ra­mètres de voix. Ils sont au nombre de huit : Pitch, Pan, FM Pitch, FM Amount, Fil­ter Pitch, Fil­ter Re­so­nance, LFO Fre­quen­cy et LFO Amount. Ils sont lis­tés verticalement dans deux co­lonnes droite et gauche. Le mor­phing entre les deux états se fait par la Morph Bar. Voi­là pour les grandes lignes, mais il est à no­ter que chaque zone bé­né­fi­cie de nom­breuses pos­si­bi­li­tés de ré­glage trop longues à dé­tailler ici.

Dis­rup­tif

SLOO pro­pose une ap­proche ré­so­lu­ment dis­rup­tive et créa­tive de la syn­thèse so­nore qui nous rap­pelle que nous sommes bien dans l'âge de la « com­pu­ter mu­sic ». Un grand bol d'air frais à l'heure où la plu­part des édi­teurs s'es­criment à pro­po­ser de sem­pi­ter­nelles ému­la­tions des syn­thés ana­lo­giques his­to­riques. Mer­ci Mon­sieur Tim Exile pour ce su­perbe ins­tru­ment. Nous at­ten­dons la suite avec im­pa­tience !

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