Bernard Herr­mann Com­po­ser Tool­kit

Ins­pi­ré par l’es­thé­tique du gé­nial com­po­si­teur des BO de Ci­ti­zenKane, Psy­cho,Ver­ti­go et TaxiD­ri­ver, le Bernard Herr­mann Com­po­ser Tool­kit est exac­te­ment ce que son nom laisse pré­sa­ger : une banque or­ches­trale « boîte à ou­tils » qui nous pro­pulse dans l’écr

Keyboards Recording - - TESTS - Les syn­thés sont aus­si de la par­tie… par Pierre Es­tève

L’in­no­va­tion est ins­crite dans l’ADN de Spit­fire Au­dio. Eux qui jus­qu’à pré­sent, lors­qu’ils pro­dui­saient des banques or­ches­trales, les en­re­gis­traient avec la ré­ver­bé­ra­tion, ont choi­si l’exact contraire, en li­vrant le Bernard Herr­mann Com­po­ser Tool­kit (BHCT) en ver­sion très sèche. Et ce pour une rai­son ex­trê­me­ment simple et lo­gique : ils se sont ins­pi­rés des en­re­gis­tre­ments d’ori­gine, où les ins­tru­ments sont très pré­sents, dans des mixages pun­chy et par­fois « dans ta face », qui donnent à la BO une âpre­té toute par­ti­cu­lière. Pour au­tant, BHCT, en­re­gis­tré à Air Stu­dio I, se ma­rie très bien avec les autres banques or­ches­trales de la marque et ne sonne ja­mais « vin­tage ». C’est l’es­prit d’une écri­ture qui prime, pas la lettre du pla­giat d’une époque. Avec ses 186 742 samples qui oc­cupent (quand même) plus de 147 Go de Wav com­pres­sés, la banque est très dé­taillée et bé­né­fi­cie d’un tra­vail d’ana­lyse des par­ti­tions du maître qui a don­né nais­sance à des ar­ti­cu­la­tions par­ti­cu­liè­re­ment « herr­man­niennes ».

Le­çon d’or­ches­tra­tion

Dans son tra­vail pour la TV et le film, Bernard Herr­mann était par­ti­cu­liè­re­ment in­ven­tif. Ses par­ti­tions pour Or­son Welles ( Ci­ti­zenKane), Mar­tin Scor­sese ( TaxiD­ri­ver), et sur­tout Al­fred Hit­ch­cock ( Ver­ti­go,Psy­cho,Le­soi­seaux,Mar­nie…) montrent à quel point il osait des or­ches­tra­tions et des mé­langes de timbres in­ven­tifs et au­da­cieux. Comme l’uti­li­sa­tion ex­clu­sive de cordes pour Psy­cho. Ou en­core l’as­so­cia­tion harpe et vi­bra­phone dans Ver­ti­go, cors et piz­zi­ca­to dans Nor­th­byNor­th­west et même douze flûtes dans la par­ti­tion re­je­tée de TornCur­tain (Le­ri­deau­dé­chi­ré). C’est donc lo­gi­que­ment qu’en plus des sec­tions ha­bi­tuelles de l’or­chestre, on trouve dans BHCT des ar­ti­cu­la­tions « cou­leur » telles que le com­po­si­teur les avait uti­li­sées. Comme harpe + cé­leste, harpe + vi­bra­phone ou en­core trom­pette + xy­lo­phone. Ci­tons aus­si les cordes jouant si­mul­ta­né­ment une moi­tié avec sour­dine et l’autre sans, ou un en­semble de huit cors. Dans le dos­sier des ins­tru­ments, on trouve 26 ins­tru­ments ba­siques ( de aà x), dont un Stu­dio Or­ches­tra com­plet (cordes + bois + cuivres), les fa­meuses cordes ai­guës de Psy­cho et di­vers timbres ins­pi­rés de tel ou tel film, ain­si que deux dos­siers, Ad­van­ced et Ste­reo Mixes. Le dos­sier Ad­van­ced est lui- même sub­di­vi­sé en cinq sous- dos­siers : Ex­ten­ded Tech­niques (dont des ac­cords de di­vers timbres en Ma­jeur, mi­neur, di­mi­nué, mais aus­si une pa­no­plie d’ac­cords à quatre sons et plus, très utiles non seule­ment pour pro­duire rapidement, mais aus­si pour don­ner un ré­sul­tat so­nore très réa­liste), In­di­vi­dual Ar­ti­cu­la­tions, Le­ga­to Tech­niques, Other Patches ( Eco­no­mic, Light et Time Ma­chine) et Synths (fi­gure 1). L’in­ter­face uti­li­sa­teur re­prend les trois fe­nêtres ha­bi­tuelles : Ge­ne­ral Over­view dans la­quelle on choi­sit l’ar­ti­cu­la­tion ac­tive, le mix ra­pide et les contrô­leurs d’ex­pres­sion, Ex­pert View pour dé­fi­nir plus fi­ne­ment les mi­cros uti­li­sés, le com­por­te­ment du round-robin, la ges­tion de mé­moire ou la trans­po­si­tion, en­fin, Os­ti­na­tum qui per­met de sé­quen­cer un maxi­mum de dix notes (de pré­fé­rence des ar­ti­cu­la­tions courtes) et sim­pli­fie la pro­gram­ma­tion de courtes phrases ryth­miques.

Ex­pé­ri­men­ta­tions élec­tro­niques

La cu­rio­si­té de Bernard Herr­mann ne s’est pas li­mi­tée à l’or­chestre, et il s’in­té­res­sa aus­si aux ins­tru­ments élec­tro­niques de son époque, en par­ti­cu­lier vers la fin de sa vie. Ci­tons par exemple les ondes Mar­te­not dans TheDayT­heEar­thS­tood Still et des syn­thés Moog dans Sis­ters ou End­lessNights. On trouve donc dans BHCT des ar­ti­cu­la­tions de syn­thés am­pli­fiés dans le stu­dio (et non di­rec­te­ment bran­chés sur la console) qui se mé­langent par­fai­te­ment à l’or­chestre. Pour ter­mi­ner, si­gna­lons que le fait de tra­vailler avec le Bernard Herr­mann Com­po­ser Tool­kit a été l’oc­ca­sion d’ap­pro­fon­dir notre connais­sance de ses or­ches­tra­tions et de son écri­ture. L’ou­til de pro­duc­tion a donc aus­si des qua­li­tés pé­da­go­giques.

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