Mat Bas­tard

Entre L.A. et Cam­brai…

Keyboards Recording - - MUSIC PLAY -

Quelles sont les rai­sons qui t’ont pous­sé à par­tir pour Los An­geles et à dé­mar­rer une car­rière so­lo ?

Mat Bas­tard : Les gars de Skip The Use avaient en­vie de faire d’autres pro­jets avec dif­fé­rentes per­sonnes. De mon cô­té, j’avais dé­jà de­puis long­temps l’idée de faire un al­bum so­lo en de­hors du groupe. En pa­ral­lèle, je suis par­ti aux États-Unis pour faire de la pro­duc­tion, réa­li­ser des al­bums pour d’autres ar­tistes. J’en ai fait beau­coup pen­dant deux ans. À cô­té de ça, j’ai aus­si com­men­cé à pro­duire mon disque.

Quelles ont été les ins­pi­ra­tions qui t’ont me­né à l’écri­ture de ce pre­mier al­bum so­lo ?

Je parle beau­coup de thèmes so­ciaux, as­sez po­pu­laires au sens pre­mier du terme, mais aus­si de thèmes au­to­bio­gra­phiques, comme la chan­son « More Than Friends » qui parle de la ma­nière dont j’ai ren­con­tré ma femme. Il y a éga­le­ment des choses un peu plus émo­tion­nelles, comme dans « Ta­ma­chute » qui évoque la dé­pres­sion, ain­si que des su­jets comme le fé­mi­nisme, la po­li­tique, le vivre en­semble… Com­poses-tu sur l’or­di­na­teur ou di­rec­te­ment avec un ins­tru­ment ? Vrai­ment les deux, je tra­vaille beau­coup avec mon or­di et ma gui­tare. En plus, j’ai la chance d’avoir un stu­dio et une équipe à Los An­geles. Pour moi, les al­bums, ce sont tou­jours des photos du monde. Je fais un ar­rêt sur image et j’écris sur ce que je vois. Le monde est mul­tiple, il est va­rié et nuan­cé, et il n’est pas sin­gu­lier. Donc, à chaque fois que je fais des chan­sons, ça dé­li­mite mes thèmes et j’es­saie de me ser­vir de la musique comme d’un che­min et non pas comme un en­droit où abou­tir. Après, si je veux faire une chan­son fraîche, alors je vais uti­li­ser des sons un peu plus frais. Je se­rai un peu plus groo­vy, un peu plus fun­ky… Si je veux abor­der des choses un pe­tit peu plus dures, je vais alors uti­li­ser d’autres ma­té­riaux. Du coup, c’est pour ça que je com­pose vrai­ment chan­son par chan­son. Le fil conduc­teur va être la vi­sion des choses et c’est ce qui re­lie les mor­ceaux en un tout.

J’ai vou­lu im­pli­quer le col­lec­tif fran­çais en Ca­li­for­nie, parce qu’on a vrai­ment une touche fran­çaise et un sa­voir-faire grâce à des gé­nies comme Olive et comme Mike…

Et donc à quel mo­ment écris-tu les textes ? Ça dé­pend. Soit ça part d’un riff, je fais la musique et je pose le texte. Soit, par­fois, j’ai dé­jà le texte. J’écris beau­coup et, quand j’ai un truc en tête, je le note dans mon té­lé­phone. La musique, je la com­pose sou­vent au­tour d’un riff et au­tour d’un son. Je suis un grand fan de syn­thèse et je vais tra­vailler alors l’iden­ti­té so­nore avec les émo­tions que j’ai.

Au fur et à me­sure, tu t’es consti­tué ton propre stu­dio à Ma­li­bu. De quoi se com­pose-t-il ?

J’ai un sys­tème Ge­ne­lec as­sez clas­sique, avec deux grosses en­ceintes de stu­dio et un cais­son de basses. Mon or­di bien sûr, avec le­quel je tra­vaille beau­coup. Des­sus, j’ai la Kom­plete de Na­tive Ins­tru­ments que j’ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment. Je tra­vaille éga­le­ment pas mal avec les pro­duits d’Ar­tu­ria, c’est une marque que je suis, ils m’ont d’ailleurs fait un syn­thé Ori­gin que j’uti­lise énor­mé­ment. Je tra­vaille aus­si avec leurs lo­gi­ciels, no­tam­ment la V Col­lec­tion. J’aime créer des sa­tu­ra­tions avec des syn­thés ana­lo­giques. J’ai une basse Ja­guar de chez Fen­der. Je suis éga­le­ment fan de bat­te­rie, de ryth­miques, qu’elles soient élec­tro­niques ou ana­lo­giques. Com­ment s’est réa­li­sée la pro­duc­tion de l’al­bum ? La moi­tié s’est faite en France, l’autre aux États-Unis. J’ai une équipe, un col­lec­tif au­tour de moi qui s’ap­pelle WMF. De­dans, il y a mon as­so­cié Ro­main Stru­ga­la qui est un pro­duc­teur élec­tro ta­len­tueux et un com­po­si­teur ; Oli­vier T’Ser­vrancx qui fait de la gui­tare avec moi sur scène, et qui est aus­si in­gé­nieur du son spé­cia­liste des bat­te­ries, avec qui je fais de la musique de­puis 23 ans ; Ber­trand Char­let, lui aus­si pré­sent avec moi sur scène, est le pro­prié­taire du stu­dio Le Han­gar à Sons à Pro­ville dans le Nord près de Cam­brai, dans le­quel on a fait la moi­tié de l’al­bum, et il est aus­si un ex­cellent gui­ta­riste. Il y a éga­le­ment l’équipe de Los An­geles où on a pro­duit pas mal de choses dif­fé­rentes pen­dant deux ans. J’ai vou­lu im­pli­quer le col­lec­tif fran­çais en Ca­li­for­nie, parce qu’on a vrai­ment une touche fran­çaise et un sa­voir-faire grâce à des gé­nies comme Olive et comme Mike qui joue de la basse.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.