No Mo­ney Kids

Va­ria­tions en blues élec­tro

Keyboards Recording - - MUSIC PLAY -

Par­lez-nous de votre groupe…

Fé­lix Mat­schu­lat : On vient de la ré­gion pa­ri­sienne et on est ac­tuel­le­ment ba­sés à Ar­gen­teuil. Le groupe se com­pose de Jean-Marc Pe­la­tan aux basses, syn­thés et pro­gram­ma­tion plus prises de son, mixage et mas­te­ring et moi qui fais les gui­tares, le chant et les com­pos. On bosse en­semble de­puis 2010 mais on a com­men­cé sur un autre pro­jet de chan­sons pop où il y avait une for­ma­tion plus étof­fée, avant de dé­ci­der il y a trois/quatre ans de ten­ter l’aven­ture à deux. En gros, s’il fal­lait sché­ma­ti­ser notre dé­marche, il y a la par­tie blues au­then­tique et ce qu’on ap­pelle dans notre bio la par­tie « ru­gueuse » qu’amène Jean-Marc. C’est la sym­biose des deux qui fait le son No Mo­ney Kids. Qu’est-ce qui fait que la sauce prend ? Fé­lix : Là où les deux styles se re­joignent je pense, c’est sur l’as­pect tri­bal avec ce cô­té en­tê­tant, voire re­don­dant que peut avoir l’élec­tro à tra­vers ses boucles qui se ré­pètent sous une forme ma­thé­ma­tique et qu’on re­trouve dans la transe du blues. Ce qui marque aus­si notre pro­jet, c’est une sorte de tam­pon so­nore qu’on garde sur toutes nos pro­duc­tions. Com­ment vous si­tuez-vous par rap­port à la vague « re­vi­val » du ma­tos ? Jean-Marc Pe­la­tan : En fait c’est la technologie qui nous per­met de faire des choses et c’est tout le temps comme ça. C’est l’in­ven­tion de la cla­ri­nette qui a per­mis à Mo­zart de faire ses sym­pho­nies. En élec­tro­nique, on vit une époque de dingue parce qu’on fait de la musique avec de la musique. Ça veut dire que tu prends des bouts de musique et tu re­fais une musique. On est à un apo­gée tech­no­lo­gique et c’est dur parce qu’on peut se perdre très fa­ci­le­ment. Nous, on a la ra­cine blues qu’on ne peut pas perdre et qui est à la fois une mise en place, un es­prit et une fa­çon de jouer. Vous êtes tom­bés de­dans quand vous étiez pe­tits ? Fé­lix : Mon père était mu­si­cien et il m’a trans­mis le vi­rus qua­si­ment gé­né­ti­que­ment. Je suis pas­sé par beau­coup de styles, du ro­cka­billy au punk et au reg­gae mais en gar­dant la do­mi­nante blues. J’ai re­mar­qué que chaque fois que j’ai­mais un ar­tiste, c’était pour sa sim­pli­ci­té et son au­then­ti­ci­té.

Jean-Marc : C’est là qu’on se re­joint tout à fait, ce n’est pas vrai­ment le style de musique qui nous im­porte mais com­ment il est réa­li­sé. Il y a le mot « au­then­tique », mais aus­si « groove ». C’est comme la langue fran­çaise qui pos­sède plu­sieurs ac­cents et, nous, on pos­sède cet ac­cent au­quel on tient. Quels sont tes cla­viers de pré­di­lec­tion ? Jean-Marc : Je suis un grand fan des Korg dans tout ce qui est MS-10, MS-20 de la pé­riode ana­lo­gique, car je pense que le son de chaque com­po­sant dé­pend de l’époque. Si tu n’as pas les com­po­sants de cette pé­riode, ça ne peut pas son­ner pa­reil. J’ai aus­si un CX-3 à ti­rettes et un Po­ly-800 que j’ai cus­to­mi­sé en lui ajou­tant des po­tards. J’ai eu la chance d’ache­ter mes pre­miers « ana­lo » au mo­ment où les gens se dé­bar­ras­saient de leur ma­tos à l’ar­ri­vée du nu­mé­rique. On a pas mal de syn­thés très at­ta­chants mais as­sez cheap : No Mo­ney Kids oblige ! Com­ment les uti­lises-tu sur scène ? Jean-Marc : Je ne les prends pas sur scène, j’en­re­gistre avant de toutes pe­tites sé­quences au­dio dans Live, ce qui per­met de les ma­ni­pu­ler dans tous les sens et de les dé­clen­cher au pied à par­tir d’un pé­da­lier Boss RC-50 en jouant la basse par-des­sus. L’idée n’est pas de faire une dé­mo tech­nique mais d’en­voyer le plus pos­sible à deux ! En gros, on met des sa­tu­ra­tions par­tout ! Ce qui me plaît, c’est que tout soit dans le rouge, même si c’est in­ter­dit. Je me suis même ha­bi­tué au rouge nu­mé­rique, sur­tout de­puis qu’on a des conver­tis­seurs qui sonnent comme l’UAD Apol­lo 16 que j’uti­lise en tour­née.

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