Sound Forge Au­dio Stu­dio 12

L’in­dis­pen­sable à pe­tit prix

Keyboards Recording - - KR TESTS - par Vincent Villuis

En re­pre­nant l’an­née dernière le port­fo­lio lo­gi­ciel de So­ny Soft­ware, Ma­gix a mar­qué un grand coup dans les es­prits. En at­ten­dant la ver­sion com­pa­tible Win­dows dite Pro pré­vue dans quelques mois, l’édi­teur al­le­mand lance une ver­sion al­lé­gée en fonc­tions, très ac­ces­sible en termes de prix et ré­pon­dant au nom de Sound Forge Au­dio Stu­dio 12.

Les dé­trac­teurs me di­ront tout de suite : Sound Forge c’est Au­da­ci­ty en payant. Ma ré­ponse se­ra as­sez ra­di­cale : Au­da­ci­ty était dé­jà vieux il y a une di­zaine d’an­nées et n’a ja­mais su se re­nou­ve­ler. Nous sommes fin 2017 et Win­dows 98 est bel et bien mort. Sound Forge a su évo­luer, pas tou­jours de ma­nière per­ti­nente certes, mais sa sta­bi­li­té d’édi­tion au­dio en fait une va­leur sûre.

Un work­flow re­vi­si­té

Sound Forge Au­dio Stu­dio 12 tourne dé­sor­mais en 64 bits et per­met d’édi­ter toute source au­dio en mode sté­réo, d’en­re­gis­trer fa­ci­le­ment jus­qu’à des ré­so­lu­tions de 32 bits / 384 kHz. Grâce à son sys­tème très large de co­decs au­dio et vi­suels, il est aus­si dé­sor­mais pos­sible d’im­por­ter une vi­déo et d’édi­ter son ca­nal au­dio sans dé­té­rio­rer la qua­li­té de l’image lors du ré­ex­port – fort pra­tique pour des pe­tites mo­di­fi­ca­tions mul­ti­mé­dias. L’er­go­no­mie est de­ve­nue plus fluide, no­tam­ment dans le dé­ta­che­ment des fe­nêtres pour tra­vailler sur di­vers fi­chiers ou dé­tails de ma­nière sé­pa­rée. Pa­ra­doxe, les fi­chiers im­por­tés sont plus longs à être cal­cu­lés en wa­ve­form, mais le tra­vail de dé­cou­page, sé­lec­tion, sé­pa­ra­tion s’ef­fec­tue à la vi­tesse grand V. Je ne sais pas si ce­la était propre à mon or­di­na­teur… Ma­gix a in­clus dans le work­flow une édi­tion non des­truc­tive, ce qui per­met d’al­ler très loin dans les ma­ni­pu­la­tions so­nores et de re­ve­nir en ar­rière en cas de doutes exis­ten­tiels im­por­tants.

De nou­velles fonc­tion­na­li­tés fort utiles

Ma­gix a ajou­té de nou­velles fonc­tion­na­li­tés fort utiles en édi­tion au­dio en per­met­tant de tron­quer sous forme de slices et de jouer avec très ai­sé­ment (fu­sion, dé­pla­ce­ment, cross­fa­ding in­ter­ac­tif…) (fi­gure 1), idéal pour cou­per des mi­cro-seg­ments in­dé­si­rables, ré­pé­ter un évé­ne­ment au­dio plu­sieurs fois, en­le­ver un ac­ci­dent dans le fi­chier… L’autre nou­veau­té (ins­pi­rée d’Able­ton se­lon moi et c’est tant mieux) est cette fonc­tion Soft Cut per­met­tant de gom­mer tout click de dé­but et de fin dans une sé­lec­tion au­dio grâce à une sec­tion au­to­ma­tique en pente douce : le bon­heur quand on sou­haite gé­né­rer des boucles ou des one shots nets à la pelle. Cô­té pitch bend, là aus­si une amé­lio­ra­tion de taille par rap­port aux édi­tions an­té­rieures : Ma­gix in­clut une fonc­tion Elas­tic Au­dio en des­si­nant la pro­gres­sion des hau­teurs to­nales, sorte d’Au­to-Tune en mode ho­ri­zon­tal qui ma foi marche as­sez bien sur les fi­chiers aux har­mo­niques simples. Sur du sym­pho­nique ou des po­ly­pho­nies com­plexes, il fau­dra se tour­ner dé­fi­ni­ti­ve­ment sur le seul et unique Me­lo­dyne. Cô­té plug-ins, cette édi­tion offre vingt filtres clas­siques et sur­tout une suite dé­diée à la res­tau­ra­tion fon­dés sur les al­go­rithmes du fer de lance lo­gi­ciel de Ma­gix, Se­quoia. Là en­core, le de­si­gn n’est pas des plus sexy mais leurs uti­li­sa­tions de­meurent très ef­fi­caces, no­tam­ment le De­cli­cker et le De­noi­ser qui battent à plate cou­ture bien des concur­rents. Il est dé­sor­mais pos­sible d’im­por­ter tout plug-in tiers à la norme VST 3 sans sou­ci. La ce­rise sur le gâ­teau est de pro­po­ser la suite sim­pli­fiée Ozone Ele­ments d’iZo­tope per­met­tant de mas­te­ri­ser très dé­cem­ment vos tra­vaux au­dio : Li­mi­ter, Maxi­mi­zer trans­pa­rent, Ima­ger et Equa­li­sa­tion, avec la fonc­tion EQ Match qui per­met de trans­po­ser l’em­preinte au­dio d’un fi­chier sur un autre, très pra­tique pour uni­fier une sé­rie de fi­chiers ou pour rap­pro­cher votre mor­ceau d’une oeuvre de ré­fé­rence. Au fi­nal, la ques­tion qui me ta­raude… Cette ver­sion al­lé­gée en prix est plus sé­dui­sante que les ver­sions Pro sor­ties au­pa­ra­vant chez So­ny. Que va donc pro­po­ser Ma­gix dans sa ver­sion es­tam­pillée su­pé­rieure ?

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