Cla­viers/contrô­leurs :

La sé­rie RD, qui se consacre de­puis trente ans aux pia­nos nu­mé­riques de scène non am­pli­fiés, réunit des mo­dèles 88 notes do­tés d’un cla­vier à ac­tion de mar­teaux et pro­po­sant des op­tions de works­ta­tion avec split, layer et per­for­mance. Le RD2000 de Ro­land

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - par Fran­çois Bou­che­ry

• Ro­land RD-2000

• Na­tive Ins­tru­ments Kom­plete Kon­trol S49 Mk2

Les pia­nistes un peu an­ciens (comme moi !) ont pro­ba­ble­ment sui­vi les séries Ro­land RD-500, 600, 700 SX/GX/NX et 800 qui ont ré­gu­liè­re­ment pro­gres­sé de cent en cent. En pas­sant di­rec­te­ment au mo­dèle 2000, on sent que le construc­teur a vou­lu mar­quer cette fois un grand saut qua­li­ta­tif et, pour les nos­tal­giques, le pia­no ac­cep­te­ra deux ex­ten­sions des so­no­ri­tés RD Le­ga­cy via le site Axial…

Belle fi­ni­tion

Au dé­bal­lage, le RD-2000 se pré­sente en mé­tal noir po­li et son poids de 21,7 kg le si­tue entre un Ya­ma­ha Mon­tage 8 avec ses 29 kg et les Korg Grand­Stage à 20 kg et Cla­via Nord Pia­no 3 à 18,5 kg. Le pan­neau fron­tal offre sur sa gauche deux mo­lettes as­si­gnables pro­fi­lées et ré­tro-éclai­rées, un pitch bend & mo­du­la­tion, un vo­lume gé­né­ral, huit V- Pots type Ma­ckie en­tou­rés de leds pour pi­lo­ter jus­qu’à cinq pa­ra­mètres et neuf sli­ders qui fe­ront of­fice, entre autres, de ti­rettes har­mo­niques (fi­gure 1). Un pe­tit af­fi­cheur se si­tue au centre, tan­dis qu’à droite, on trou­ve­ra les sé­lec­teurs des so­no­ri­tés, le dial cran­té avec les touches de na­vi­ga­tion, la trans­po­si­tion/oc­taves, le dé­clen­che­ment et l’ar­rêt des rythmes et di­verses touches uti­li­taires. À l’ar­rière (fi­gure 2), à cô­té de la prise casque, deux sor­ties sy­mé­triques XLR ty­piques des RD se doublent d’une sor­tie mo­ni­teur en jack, d’une sor­tie sup­plé­men­taire Sub Out et d’une en­trée au­dio en mi­ni-jack qui per­met au RD-2000 de faire of­fice de carte son sté­réo 24 bits / 96 kHz via un dri­ver ac­ces­sible sur le site. Le pia­no em­barque éga­le­ment trois MI­DI In, Out 1, Th­ru / Out 2, les ports USB Device, Host et un em­pla­ce­ment « USB For Up­date » ré­ser­vé aux mises à jour. Il est li­vré avec la pé­dale de sus­tain DP-10 et ac­cepte les Foot Con­trol­lers op­tion­nels FC1/2 et Ext ou la triple pé­dale RPU-3.

Ar­chi­tec­ture et er­go­no­mie

Le mo­teur so­nore offre en réa­li­té trois types de syn­thèse, avec tout d’abord la mo­dé­li­sa­tion acous­tique is­sue du V-Pia­no qui concer­ne­ra les dix pre­miers sons ré­per­to­riés sur la ma­chine sous le sigle MD. On dis­pose aus­si d’une mo­dé­li­sa­tion d’orgue à roues pho­niques avec le Vir­tual Tone Wheel et du reste des 1 100 ins­tru­ments par­mi les­quels 68 sont en­core des pia­nos, pro­viennent du sam­pling (PCM) et in­tègrent les so­no­ri­tés Su­perNa­tu­ral es­tam­pillées SN, fleu­ron des li­brai­ries de la marque qui com­portent une ex­pres­sion ren­for­cée. Le plus pe­tit élé­ment du RD-2000 est le « Tone » et, hor­mis les so­no­ri­tés V-Pia­no qui res­te­ront en mode Single, chaque Tone peut être as­si­gné à l’une des huit zones dis­po­nibles en mode in­terne ou ex­terne (Ext), car le RD-2000 pos­sède aus­si de puis­santes fonc­tions de cla­vier maître aux­quelles il ne manque que l’af­ter­touch. Chaque zone se dé­ter­mine en split ou layer avec ses mul­tief­fets as­so­ciés (quatre au maxi­mum) et son rou­ting au­dio vers les sor­ties Main ou Sub Out pour for­mer l’un des 300 « Pro­grams » ré­par­tis sur les huit banques de A à H. On y ac­cède à tra­vers le dial ou di­rec­te­ment via les touches Bank Down & Up. Chaque zone est en réa­li­té dé­jà af­fec­tée à un Tone par dé­faut qui s’af­fiche à l’écran en ap­puyant sur En­ter. L’ac­ti­va­tion des Tones s’ef­fec­tue sim­ple­ment via les huit bou­tons Zone du pan­neau avant (rouge en In­terne, vert en Ex­terne), tan­dis qu’un vo­lume est af­fec­té aux huit cur­seurs (fi­gure 3). En­fin, cent « Scenes », for­mées de Tones ou de Pro­grams des­ti­nés à la per­for­mance en live, peuvent être rap­pe­lées ra­pi­de­ment via les touches de droite iden­ti­fiées par un ré­tro-éclai­rage rouge, à par­tir du mo­ment où l’on au­ra en­clen­ché le bou­ton Scene. Elles offrent la pos­si­bi­li­té d’ins­crire un texte de mé­mo­ri­sa­tion à l’in­té­rieur de l’écran, et Ro­land en pro­pose cinq à titre d’exemple, dont une pour le contrôle d’un cla­vier ex­terne (fi­gure 4).

Dix pia­nos au top

La plu­part du temps sur les pia­nos nu­mé­riques, c’est le pre­mier pro­gramme qui est cen­sé tout em­por­ter. Ici, ce se­ra le Stage Grand, une so­no­ri­té somp­tueuse, très brillante et clai­re­ment is­sue de la mo­dé­li­sa­tion. Il suf­fit pour s’en convaincre de lais­ser

ré­son­ner une note dans les graves pour consta­ter qu’à la dif­fé­rence du sam­pling, on ne per­çoit pas le bou­clage ca­rac­té­ris­tique de fin d’échan­tillon. Le tou­cher à échap­pe­ment du nou­veau PHA-50 à sen­sa­tion ivoire ren­force l’im­pres­sion de réa­lisme grâce à une lour­deur des touches due aux bords en bois et à la no­tion de re­bond qui per­met toutes les nuances (trilles, ré­pé­ti­tions, ar­pèges…). On ob­tient même ce pe­tit ef­fet de ré­sis­tance au mo­ment où le mar­teau est cen­sé frap­per les cordes… c’est su­perbe ! L’édi­tion in­terne du tou­cher est éga­le­ment très com­plète, avec cinq courbes de vé­lo­ci­té et des ré­glages fins tels que Key Touch Off­set, Ve­lo­ci­ty, Ve­lo De­lay Sens… qui per­mettent de cus­to­mi­ser vé­ri­ta­ble­ment son jeu. Les autres pro­grammes V- Pia­no dé­ve­loppent des va­ria­tions de timbres tout aus­si convain­cantes dans des tex­tures plus boi­sées et mé­diums, comme Con­temp Con­cer­to, et Bold Beau­ty qui rap­pelle clai­re­ment un cer­tain mo­dèle au­tri­chien ! Pour au­tant, on n’a pas beau­coup plus d’in­di­ca­tions sur les al­go­rithmes uti­li­sés mais est-ce vrai­ment né­ces­saire quand on s’adresse à un per­for­mer qui bé­né­fi­cie­ra d’une édi­tion sim­pli­fiée, concen­trée sur les pa­ra­mètres acous­tiques es­sen­tiels d’un mo­dèle de con­cert ? Le Pia­no De­si­gner (fi­gure 5), ré­ser­vé aux sons mo­dé­li­sés, per­met en ef­fet d’ap­por­ter plus de timbre avec le Tone Co­lor (0 > 127), de gé­rer l’ou­ver­ture du cou­vercle Lid (0 > 6), la ré­so­nance sym­pa­thique String Re­so­nance (0 > 10), la ré­so­nance de la pé­dale, les bruits de mar­teaux, etc. Le seul re­gret est que ces pa­ra­mètres ne soient pas dis­po­nibles via l’app épo­nyme (Pia­no De­si­gner), pour­tant com­pa­tible avec le FP-90 en Blue­tooth An­droid/iOS et, de même, qu’au­cun édi­teur ne soit pré­vu avec le RD-2000, ce qui au­rait quand même été utile en stu­dio. Il y a une telle dif­fé­rence entre les mo­dèles MD et le reste des pia­nos échan­tillon­nés qu’on se de­mande si Ro­land n’au­rait pas mieux fait de les ou­blier, sauf qu’il n’y a pas de cou­pure entre deux pro­grammes en PCM, ce qui n’est pas le cas avec les pia­nos mo­dé­li­sés ! Dif­fé­rence éga­le­ment, la po­ly­pho­nie est illi­mi­tée avec les V-Pia­no alors qu’elle est au maxi­mum de 128 voix pour les PCM. Le reste des sons des li­brai­ries SN est dé­jà connu et on re­trouve les très belles cordes/pads, les gui­tares sa­tu­rées exé­crables, les pia­nos élec­triques fi­dèles, les Cla­vi­net ori­gi­naux (au­to-wah), les cuivres moyens, les bons syn­thés et l’ab­sence de cor­ne­muse (bag­pipe) ! Le troi­sième mo­teur so­nore TW per­met de se consti­tuer un orgue à la carte à par­tir de plu­sieurs pre­sets de roues pho­niques en ex­ploi­tant les ti­rettes, ra­jou­tant les per­cus­sions et la Les­lie édi­table pour pro­duire de belles com­bi­nai­sons proches des cé­lèbres Ham­mond des an­nées 50, sans tou­te­fois le vi­bra­to/cho­rus qui manque à l’ap­pel.

En an­nexe

L’ac­com­pa­gne­ment pro­pose 200 mo­tifs de bat­te­rie plu­tôt cor­rects, ma­jo­ri­tai­re­ment bi­naires et on au­rait ap­pré­cié que le tem­po soit en ac­cès di­rect comme le start/stop des rythmes, sans être obli­gé de re­pas­ser par le me­nu. La pos­si­bi­li­té d’un en­re­gis­tre­ment sur clé USB est in­té­res­sante, d’au­tant qu’elle se double en play-back d’une fonc­tion d’an­nu­la­tion du centre, pra­tique pour bais­ser la voix dans une op­tique de ka­rao­ké. La na­vi­ga­tion reste fluide via l’écran et les nom­breux ac­cès sur le cla­vier, de plus on ap­pré­cie le bou­ton One Touch Pia­no per­met­tant de re­ve­nir di­rec­te­ment à la so­no­ri­té acous­tique si l’on se re­trouve per­du, ain­si que l’écran mo­men­ta­né qui af­fiche les va­leurs dès qu’on bouge une com­mande (fi­gure 6). Le RD2000 est bel et bien un pia­no nu­mé­rique de scène du XXIe siècle, pour­vu d’une er­go­no­mie in­tui­tive, d’un tou­cher ir­ré­pro­chable et des sons de pia­nos les plus mo­dernes… c’est un vrai plai­sir de le jouer et, en plus, il est beau !

2 Con­nec­tique ar­rière.

1 Deux mo­lettes as­si­gnables et huit V-Pots.

4 Ins­crip­tion d’un texte dans les scènes.

3 Ac­ti­va­tion des huit zones in­ternes ou ex­ternes.

5 Pia­no De­si­gner.

6 Écran mo­men­ta­né.

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