Ils ont fait l’his­toire :

Mat­tel, fa­bri­cant de jouets, lance en 1981 une sorte d’ins­tru­ment de musique pour faire jou­jou, à l’ins­tar du Sty­lo­phone de Du­breq. La Syn­so­nics Drums est ana­lo­gique et pro­cure un son de base genre bruit blanc et si­gnal si­nu­soï­dal !

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - par Klaus Blas­quiz

Mat­tel Syn­so­nics Drums

En pleine fo­lie de la boîte à rythmes, au dé­but des an­nées 80, Mat­tel Elec­tro­nics sort sa Syn­so­nics Drums (Mo­del 5281), un jouet émi­nem­ment por­table (sur bat­te­rie) même si l’on peut le bran­cher sur sec­teur. L’ins­tru­ment offre quatre sons de per­cus­sions : cym­bale, caisse claire, tom (x 2) et grosse caisse, que l’on dé­clenche et com­mande sur quatre larges pads (sen­sibles à la vi­tesse) et 18 bou­tons. Trois mé­moires per­mettent de sto­cker des pat­terns de bat­te­rie, mais elles sont ef­fa­cées lorsque l’on éteint la Syn­so­nics ! Les sons ne peuvent être « cor­ri­gés », sauf ce­lui de grosse caisse, que l’on « pitche » à l’aide d’un bou­ton dé­dié. Non loin des pads, sont ins­tal­lés des bou­tons de com­mande : trois par pad, per­met­tant de jouer des sé­quences de triples, doubles et simples croches, qui si­mulent des rou­le­ments. Au-des­sus, trois cel­lules de mé­moire per­mettent de sau­ve­gar­der un pat­tern com­plet de bat­te­rie à l’aide de bou­tons eux aus­si dé­diés. On peut jouer la grosse caisse en ap­puyant sur le bou­ton Bass Off/On et, pour fer­mer la char­ley, on ap­puie sur le grand pad Ac­cent tout en frap­pant sur le pad Cym­bal. Le tom 1 peut être ac­cor­dé sur cinq oc­taves en ajus­tant la com­mande Tu­ning si­tuée sur la gauche tout en ta­pant sur le pad « Tom Tom » 1. Le tem­po – la vi­tesse – de la grosse caisse peut être chan­gé en ap­puyant sur les bou­tons (pres­sion) Tem­po Slo­wer ou Fas­ter. Bou­tons au-des­sus des­quels se trouvent les bou­tons Stop, Re­cord et Play­Back. On ne peut plus simple ! On dis­pose d’une prise casque et de prises cinch de sor­tie, ain­si que d’une prise DIN cinq broches, évi­dem­ment pas MI­DI, qui de­vait être uti­li­sée pour une com­mande ex­terne, la­quelle n’a ja­mais été réa­li­sée par Mat­tel.

Tchik boum !

À l’époque de sa sor­tie, on consi­dère la Syn­so­nics comme un jouet, mais très vite les amateurs vont pré­fé­rer ses rudes char­leys de bruit blanc, ses caisses claires « tic tic » et ses toms coui­nants à ceux de la lé­gen­daire TR-808. Beau­coup vont même mo­di­fier l’en­gin afin qu’il pro­pose plus de sons, que l’on puisse les al­té­rer plus fa­ci­le­ment et sur­tout les sto­cker ou au contraire les char­ger de­puis l’ex­té­rieur. Le lé­gen­daire bat­teur de jazz Bud­dy Rich n’a ja­mais « en­dor­sé » des pro­duits qu’il n’ai­mait pas. On l’a vu faire la pro­mo­tion des bat­te­ries Lud­wig, Slin­ger­land, Ro­gers ou Trixon au fil des ans, mais la plus sur­pre­nante des marques qu’il a pu pro­mou­voir est bien celle du fa­bri­cant de la pou­pée Bar­bie. Dans une des pre­mières pubs pour la Syn­so­nics, il est dit : « Nul be­soin d’être un pro pour en jouer », ce à quoi le fa­meux bat­teur ré­pond : « Mais je l’aime quand même ! » Mat­tel, fon­dée en 1945 par Ha­rold « Matt » Mat­son et El­liot Hand­ler, pro­duit prin­ci­pa­le­ment des jeux et des jouets, avec, dans un pre­mier temps, des pho­tos en­ca­drées et des ac­ces­soires pour mai­son de pou­pée. La pou­pée Bar­bie fait ses dé­buts en 1959, et l’on connaît le suc­cès qu’elle va ren­con­trer. Le fa­bri­cant ne com­mence sa gamme de pro­duits élec­tro­niques qu’en 1977 avec une « console » de jeu te­nue à la main qui jouit d’un tel suc­cès que Mat­tel va pro­duire quan­ti­té de vé­ri­tables consoles de jeu, qui vont oc­cu­per une part de plus en plus im­por­tante au mi­lieu d’un énorme ca­ta­logue de Fi­sher-Price, Bar­bie, Mons­ter High et autres Match­box. Mat­tel a son siège en Ca­li­for­nie mais fa­brique au­jourd’hui ses jouets dans ses usines chi­noises. Au dé­but des an­nées 80, il semble avoir pro­duit ses jeux élec­tro­niques à Hong Kong. En ef­fet, il y au­rait eu des pre­miers es­sais de pro­duc­tion de la Syn­so­nics, préMat­tel en quelque sorte, ne por­tant pas en­core le la­bel Mat­tel. Le fait que Kraft­werk, puis les Beas­tie Boys aient uti­li­sé la Syn­so­nics a sans doute ai­dé au suc­cès de la pe­tite ma­chine, que l’on trouve fa­ci­le­ment au­jourd’hui, à un prix sym­pa­thique, tant il en a été pro­duit.

Très vite les amateurs vont pré­fé­rer ses rudes char­leys de bruit blanc, ses caisses claires « tic tic » et ses toms coui­nants à ceux de la lé­gen­daire TR-808.

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