Ren­contres :

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - Pro­pos re­cueillis par Éric Chau­trand

Ka­mil Rus­tam,

Mo­lé­cule, Re­quin Cha­grin,

Té­mé Tan, Cats On Trees, Soom T,

I Am Stram­gram, Thiefs

C’est le 3 juillet der­nier, peu avant son concert au Club Nu­bia, que nous avons ren­con­tré Ka­mil Rus­tam, lors des ré­pé­ti­tions au stu­dio RIFFX de La Seine Mu­si­cale. Nous en avons pro­fi­té pour par­ler de son al­bum Cos­mo­po­li­tain, de ses influences mu­si­cales et de sa car­rière au sens large.

Par­lons de suite de cet al­bum, pour­quoi ce titre Cos­mo­po­li­tain ?

Ka­mil Rus­tam : C’est un peu comme ce­la que je me sens, cos­mo­po­lite ! D’abord, mes pa­rents étaient de plu­sieurs ori­gines, je suis né en Hol­lande, j’ai été éle­vé à Pa­ris, je vis au­jourd’hui aux États-Unis, j’aime beau­coup de mu­siques dif­fé­rentes, tout ce­la se re­flète dans mon al­bum. Parle-nous de la ge­nèse de l’al­bum… Ce­la s’est dé­rou­lé sur presque un an. Au dé­part, l’al­bum de­vait com­por­ter moins de titres et puis au fi­nal d’autres mor­ceaux sont ve­nus. Ce qui est cer­tain, c’est que j’au­rais ai­mé qu’il y ait plus de mor­ceaux chan­tés. J’adore les chan­sons, la voix et, si j’avais su le faire, j’au­rais chan­té moi-même ! C’est jus­te­ment lorsque nous avons sou­hai­té ra­jou­ter des mor­ceaux que l’idée d’un titre chan­té est ap­pa­rue. Tre­vor Wes­ley, que l’on en­tend sur le titre « Temp­ted », chante dans les clubs de L.A., tout le monde le connaît là-bas. Nous avons sou­vent joué en­semble et j’adore ce qu’il fait. Ce titre est un peu dif­fé­rent de ce qu’il a l’ha­bi­tude de faire, mais je trouve qu’il ap­porte un cô­té gos­pel à l’al­bum, que j’aime beau­coup par ailleurs. Et du cô­té du choix des mu­si­ciens qui t’ac­com­pagnent ? Le fait d’être à L.A. me per­met d’ap­pe­ler les mu­si­ciens que je connais, avec qui je tra­vaille et que j’ap­pré­cie beau­coup. Si j’étais à Pa­ris, je fe­rais de même. D’ailleurs, Ma­nu Kat­ché et Laurent Ver­ne­rey jouent sur cer­tains titres. Vin­nie Co­laiu­ta n’ar­rê­tait pas de me dire : « Mais fais ton al­bum, fais ton al­bum, je vien­drai jouer… » Alors je me suis dé­ci­dé et j’ai lais­sé à cha­cun de l’es­pace pour s’ex­pri­mer et mar­quer de leur « patte » les titres aux­quels ils par­ti­ci­paient.

Com­ment ce­la s’est dé­rou­lé con­crè­te­ment, les thèmes étaient-ils dé­fi­nis, y a-t-il de l’écri­ture en stu­dio ?

En fait, tout a été co­écrit avec Ar­naud Du­noyer, des ma­quettes avec des am­biances avaient même été réa­li­sées. Celles-ci ont ser­vi de guide en­suite pour les mu­si­ciens, mais cha­cun a re­joué avec son style, prin­ci­pa­le­ment les bat­te­ries que j’avais juste pro­gram­mées comme re­père. Seules les par­ties so­lo ont été tra­vaillées sur place.

Peux-tu nous ex­pli­quer l’uti­li­sa­tion, dans « New Am­ster­dam », de la par­tie de sax de Mi­chael Bre­cker en­re­gis­trée en 1997 ?

En fait, j’avais ren­con­tré Mi­chael il y a long­temps lors de séances avec Mi­chel Ber­ger. Nous sommes res­tés amis et, un jour, j’avais com­po­sé un mor­ceau, dé­jà en vue d’un al­bum, je pas­sais par New York et je lui ai de­man­dé s’il pou­vait me faire un saxo­phone des­sus. Il a ré­pon­du fa­vo­ra­ble­ment, il est ve­nu en stu­dio et a en­re­gis­tré sa par­tie. Et puis l’al­bum n’a pas vu le jour ! Entre-temps, Mi­chael est dé­cé­dé et je me suis dit que c’était quand même idiot de ne pas uti­li­ser ce beau ca­deau qu’il m’avait fait et qu’il fal­lait lui rendre hon­neur en quelque sorte. Fi­na­le­ment, nous avons en­re­gis­tré le titre au­tour du saxo­phone, avec Pe­ter Ers­kine à la bat­te­rie qui a beau­coup joué avec Mi­chael. J’ai re­pris le thème que j’avais com­po­sé ini­tia­le­ment pour ha­biller ce beau cho­rus de sax.

On en­tend une très jo­lie gui­tare acous­tique sur ce titre, peux-tu nous en par­ler ?

C’est une vieille Ra­mi­rez de 1967 fa­bri­quée en bra­si­lian (bois) par un lu­thier qui se nomme Ter­za­no et qui fai­sait les gui­tares pour Se­go­via, à l’époque, en tant qu’ap­pren­ti. Il est en­suite de­ve­nu la star des lu­thiers de la marque ! Le son sur l’al­bum est à peine trai­té tant il est bon d’ori­gine. Qu’as-tu uti­li­sé comme autres gui­tares sur cet al­bum ? J’ai tou­jours mes pré­fé­rées, deux Strat de 1963, dont une as­sez spé­ciale : elle a été com­man­dée ini­tia­le­ment avec un manche maple, ce qui ne se

fai­sait plus en 63. D’au­tant qu’il s’agit d’un maple cap, avec la touche rap­por­tée, de types lap­board( épaisse couche de bois sur le manche ). Un lu­thier m’a confié qu’il s’agi­rait peut-être d’un exem­plaire unique sur l’an­née 63. Je ne me sers de ces gui­tares que pour en­re­gis­trer, je ne prends pas le risque de les jouer sur scène, ni de les trans­por­ter ! J’ai éga­le­ment uti­li­sé une Gib­son ES-275, réa­li­sée par le Cus­tom Shop Gib­son, épaisse comme une 335, mais avec une forme rap­pe­lant la 175. Un genre de pe­tite L-5 en quelque sorte, que j’uti­lise pour tout ce qui est jazz. J’ai joué avec une vraie L-5 de 1948, équi­pée de mi­cros DeAr­mond, in­trans­por­table aus­si ! Sur scène et pour le concert au Nu­bia, j’ai ame­né ma Tom An­der­son, avec la­quelle je joue de­puis 25/30 ans main­te­nant !

Peux-tu nous par­ler de ta fa­çon de com­po­ser à la mai­son, dis­poses-tu d’un home-stu­dio ?

Oui bien sûr. J’uti­lise Pro Tools, par­fois Lo­gic, prin­ci­pa­le­ment pour des rai­sons de com­pa­ti­bi­li­té avec les in­gés-son lo­caux. Pour la prise de la gui­tare acous­tique, j’ai uti­li­sé deux SM57, un po­si­tion­né vers le che­va­let, l’autre vers la 12e case du manche, rou­tés vers deux pré­am­plis Neve vin­tage. Cô­té carte son, je tra­vaille avec une Apol­lo 8 Quad de chez Uni­ver­sal Au­dio rac­cor­dée sur un Mac sous Sier­ra. J’adore ça, si je n’avais pas été mu­si­cien, j’au­rais sû­re­ment été in­for­ma­ti­cien ! Cô­té gui­tare, je me suis mis au Kem­per, qui m’ap­porte les mo­dé­li­sa­tions de ma­nière sa­tis­fai­sante. Je ne joue pas en­core avec sur scène, mais je connais de nom­breux gui­ta­ristes qui ont sauté le pas. Quel est ton set de scène pour les concerts ? Ma Tom An­der­son, une Go­din pour les par­ties acous­tiques, un pé­da­lier ba­sique avec mes ef­fets ha­bi­tuels : un ac­cor­deur, une pé­dale de vo­lume, un Xo­tic EP Boos­ter, une Maxon SD-9, sorte de TS9 avec plus de gain. En gé­né­ral, je pars d’un son clair sur l’am­pli et je fais le reste avec les pé­dales, de ma­nière à re­trou­ver mon son un peu par­tout ! Le mot de la fin ?… Eh bien j’es­père que l’al­bum plai­ra au plus grand nombre. Je vais le faire tour­ner un peu en France cet été, avec une date à Mo­na­co à La Note Bleue, puis sur L.A. et une date à New York.

L’ équipe mu­si­cale deKam il Rus tam pour ses concert sa uNu­bia était com­po­sée de Fa brice Al­lem an( sax),Al ex an dr eHe ri ch on( trom­pette ), Ar­naud Du noyer( cla­vier ), Ni­co­las M ont azaud(perc us ), Laurent Ver­ne­rey( basse) et Ni­co­las Vic­ca­ro (bat­te­rie).

Cos­mo­po­li­tain [Can U Feel It Re­cords] www.ka­mil­rus­tam.com

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.