Le sens du son :

Keyboards Recording - - SOMMAIRE - par Klaus Blas­quiz

Pro­duc­tion broad­cast (part 1)

Un mu­si­cien, un au­teur/com­po­si­teur, peut pro­duire de la musique pour la musique, qu’il va vendre en concert et en en­re­gis­tre­ment, mais aus­si de la musique à l’image, pour le ci­né­ma ou le broad­cast. Un do­maine lar­ge­ment igno­ré ou né­gli­gé, qui offre pour­tant de grandes op­por­tu­ni­tés, qu’il n’est pas in­utile de vi­si­ter.

Même s’il ne mé­rite pas de fi­gu­rer au pa­ra­dis des mu­si­ciens, il est un genre de pro­duc­tion mu­si­cale ( né il y a plus de soixante ans) qui de­vrait sti­mu­ler le com­po­si­teur : ce­lui du gé­né­rique, de l’in­di­ca­tif ( comme on di­sait à l’époque hé­roïque de l’ORTF), du jingle et du so­nal.

La Radio Té­lé­vi­sion Fran­çaise, qui de­vient ORTF sous De Gaulle, hé­rite de la tra­di­tion de la radio et du ci­né­ma fran­çais. On marque, on in­dique, mais aus­si on bouche les trous : il faut ab­so­lu­ment évi­ter le blanc (ou le noir) so­nore à l’image, qui est sy­no­nyme de panne ou d’er­reur de dif­fu­sion. La peur du silence est gé­né­ra­li­sée : le té­lé­spec­ta­teur va-t-il zap­per ou dé­tour­ner son at­ten­tion en cas d’ar­rêt du fond so­nore ?

La du­rée du mes­sage, le plus sou­vent mu­si­cal, ne dé­passe que ra­re­ment les 3 mn, tout comme dans la pro­duc­tion pho­no­gra­phique, où il faut « ren­trer » dans le for­mat 45 tours. La chose est étrange : il n’y a en ef­fet pas de li­mi­ta­tion du fait du sup­port puis­qu’il n’y a pas… de sup­port.

Pour ce qui concerne la ponc­tua­tion, le lo­go de marque ou le so­nal, la du­rée peut des­cendre à 1 se­conde (trois ou quatre notes). On rem­place un dis­cours, une an­nonce, un ap­pel par un élé­ment ou un en­semble de pro­po­si­tions mu­si­cales, en vir­gule, en illus­tra­tion, en em­bel­lis­se­ment (la musique, ça dé­core). Dans ce cas, il n’y a ja­mais d’in­tro et ra­re­ment de co­da iden­ti­fiée, sauf par une formule de type so­nal : une pe­tite mé­lo­die de ponc­tua­tion fi­nale, qui in­dique que la musique est ter­mi­née et que main­te­nant : place à la vraie émis­sion, le bla-bla et/ou la musique d’illus­tra­tion ou de fond so­nore !

Iden­ti­fi­ca­tion

L’in­di­ca­tif et le gé­né­rique consti­tuent le moyen d’iden­ti­fier, et de pré­pa­rer l’au­di­teur/ té­lé­spec­ta­teur à en­trer dans le corps de l’émis­sion. La musique de gé­né­rique est ain­si soit illus­tra­tive (c’est une émis­sion gaie, dra­ma­tique, d’in­for­ma­tion, de di­ver­tis­se­ment, de culture), soit d’an­nonce (on vous de­mande tout votre in­té­rêt, ar­rê­tez votre ac­ti­vi­té pré­sente et soyez toute at­ten­tion, toute ouïe !). On « capte » votre at­ten­tion, avant de vous cap­ti­ver.

On pour­rait pen­ser que cette ac­ti­vi­té, la pro­duc­tion mu­si­cale broad­cast, est un art mi­neur, un peu comme la musique d’as­cen­seur ou la musique au mètre (illus­tra­tion so­nore). Et pour­tant, de grands com­po­si­teurs, d’ex­cel­lents mu­si­ciens et de très com­pé­tents pro­duc­teurs sont des ha­bi­tués du genre. Cer­tains, comme pour la musique de film, ont fait leur car­rière ex­clu­si­ve­ment dans ce do­maine. Et s’en portent plu­tôt bien (droits d’au­teur).

Contrai­re­ment au ci­né­ma, le gé­né­rique est court en TV (et en­core plus en radio) et sou­vent dé­nué de « com­po­si­tion » vi­suelle. Il fut un temps où les émis­sions ne se fai­saient pas 24h/24, en conti­nu, et il fal­lait sou­vent « don­ner » du gé­né­rique de chaîne en dé­but de pro­gramme ( ou­ver­ture d’an­tenne) et en fin d’émis­sion. En quelque sorte en « si­gna­ture », en lo­go de marque, en « ac­croche so­nore ».

En cours d’émis­sion, les titres (et sous-titres) sont mar­qués d’un so­nal, d’un jingle iden­ti­fiant très court. L’ha­billage so­nore est le plus sou­vent mu­si­cal : un thème iden­ti­fiant, un leit­mo­tiv, est dé­cli­né en fonc­tion de l’heure, du pro­gramme, de l’em­pla­ce­ment dans le pro­gramme (grille ho­raire). On se bat pour être plus ac­cro­cheur que le voi­sin, et sur­tout plus fort (com­pres­sion) et plus in­tel­li­gible ! La musique y est presque ex­clu­si­ve­ment ins­tru­men­tale, très ra­re­ment im­pro­vi­sée (pas de so­lo !) et les ar­ran­ge­ments sont très li­sibles et uni­que­ment in­trin­sèques. Et quand il y a de la voix, des voix, elles sont tou­jours de type ins­tru­men­tal et sur­tout sans texte, sans pa­roles ! L’an­nonce ou la dé­si­gna­tion étant presque tou­jours en voix off (non chan­tée).

À suivre…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.