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Kiteboarder - - UNE FILLE QUI EN A VRAIMENT -

omment vous dire… Com­ment vous ra­con­ter… Com­ment vous ex­pli­quer… Il y a un peu plus d'un an, il me pre­nait l'en­vie d'être la pre­mière femme à faire cette tra­ver­sée. Mais qu'est-ce qui m'a pris ce jour-là ! J'avais en­vie de me dé­pas­ser, de re­prendre confiance en moi, d'avoir un ob­jec­tif, de m'en­traî­ner pour et de sor­tir de ma zone de confort. Alors pen­dant un an, je suis sor­tie de ma zone de confort ! En­traî­ne­ment phy­sique, men­tal, ki­ter, beau­coup… J'ai vé­cu un an au gré du vent, à me dire « Y'a du vent ? Ça souffle ? Ça rentre à la Sa­line ? Y'a de l'air là, re­garde les pal­miers ! Windgu­ru, ça dit quoi ? » Bref, je vi­vais kite, je man­geais kite, je dor­mais kite, je pen­sais kite… Je suis par­tie m'en­traî­ner toute seule à l’île Mau­rice. Je dor­mais chez PikPik, je leur louais un vé­lo pour al­ler au spot, car mon bud­get ne me per­met­tait pas plus, et je louais du matériel chez Yoa­neye. C'était la pre­mière fois que je ki­tais seule. J'avais tou­jours été ac­com­pa­gnée avant, j'avais tou­jours eu be­soin que l'on check mon matériel, que l'on garde un oeil sur moi pen­dant mes ses­sions. Ja­mais je n'au­rais pen­sé être ca­pable d'être mo­teur de tout. Il a fal­lu une équipe, car même si j'étais toute seule sur mon kite ce sa­me­di 12 juillet, il y a eu un team der­rière tout ça. La préparation n'a pas été fa­cile, par­fois très dif­fi­cile, à tel point que je me di­sais que cette tra­ver­sée al­lait être les doigts dans le nez à cô­té de toute la préparation. Quelle pré­ten­tieuse… Elle a été à l'image de tout ce dé­fi, dif­fi­cile du dé­but à la fin ! Alors j'ai de­man­dé à Steph, le pre­mier à m'avoir sui­vi, de me pré­pa­rer phy­si­que­ment et à Thier­ry de bos­ser avec moi sur le men­tal. Tous deux avaient pour consigne que je de­vienne une ma­chine ! Puis, il m'a fal­lu un conseiller tech­nique, alors quoi de mieux que Sé­bas­tien Cou­py, le pre­mier homme à avoir réa­li­sé la tra­ver­sée. C'était par­ti, le projet pre­nait forme pen­dant que moi je pre­nais du muscle ! Des squats, des pompes, des es­ca­liers et du gai­nage (mon meilleur ami du­rant un an). Sur mon scoo­ter, pour al­ler au tra­vail, je fai­sais du gai­nage « al­lez hop tu tiens jus­qu'au pont de la ri­vière des Galets », « route du lit­to­ral, hop hop hop tu contractes les fesses, les ab­dos ». Et je peux vous af­fir­mer qu'elle est longue la route du lit­to­ral. Du gai­nage quelles que soient les cir­cons­tances : deux mi­nutes de bros­sage de dents et deux mi­nutes de chaise pour le même prix, la vais­selle sur la pointe des pieds, en flé­chis­sant un peu les jambes.

24 DÉCEMBRE 2013, L’AN­NONCE OF­FI­CIELLE

Mon dé­fi prend vie sur une page Fa­ce­book. Vous êtes nom­breux à me suivre. Je suis sur­prise de cet en­goue­ment et ça m'en­cou­rage en­core plus. Hur­ley et Spy, avec Fa­brice, de­viennent mes pre­miers par­te­naires et ils me font confiance, ça fait chaud au coeur. Puis JeanLuc, que je croise un après-mi­di au kite, me pro­pose tout na­tu­rel­le­ment son aide. Peu à peu, le projet prend forme. A cô­té de ça, je conti­nue ma vie nor­male tout en consa­crant tout mon temps libre à « Dé­fi kite au fé­mi­nin ». C'est dur, je ne sais plus où don­ner de la tête car un tel projet, vous l'ima­gi­nez bien, de­mande un fi­nan­ce­ment. Je ne sais pas faire. Il faut se vendre et je n'aime pas cette par­tie là. Il me fau­drait des pou­voirs ma­giques ! Le des­tin met sur ma route la fée de mon dé­fi en la per­sonne de Ju­lie Cas­ter­man qui tra­vaille pour Apos­trophe, une boîte de com­mu­ni­ca­tion. Cette femme- là té ! Une ma­gi­cienne ! Elle est plu­tôt dans la cul­ture me dit-elle mais mon projet la touche. Alors deux ma­chines qui se ren­contrent, ça bosse! Dos­siers de spon­sors, re­cherche

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