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Kiteboarder - - SACRÉ BONHOMME ! -

’in­ven­tion des frères Le­gai­gnoux colle par­fai­te­ment à notre pro­ta­go­niste qui par­tage avec le kite ces deux traits de ca­rac­tère que son his­toire de vie a fa­çon­nés. Sou­vent et pen­dant long­temps, Syl­vain n’a pas été consi­dé­ré à sa juste va­leur, voire in­com­pris, ré­gu­liè­re­ment mo­qué, pris pour un con. Comme di­rait feu Pierre Des­proges, « Il vaut mieux se taire et pas­ser pour un con plu­tôt que de par­ler et de ne lais­ser au­cun doute sur le su­jet ». Ce­pen­dant, vo­lon­tai­re­ment ou pas, en dis­cu­tant avec Lu­do Fran­co un jour sur Skype, nous étions d’ac­cord que Syl­vain avait lar­ge­ment contri­bué à ren­for­cer sa pa­no­plie de Su­per Bour­rin. Et on s’est bi­don­né comme des ba­leines. For­cé­ment, nous avons eu au même mo­ment quelques flashs sa­vou­reux. Ceux qui se sont ar­rê­tés à cette image n’ont rien com­pris et, sur­tout, ils ne peuvent pré­tendre le connaître ou af­fir­mer qu’ils sont ses potes. Pen­dant ces dix an­nées où j’ai tra­vaillé avec lui pour le Spé­cial Test de Ki­te­boar­der, j’ai dé­cou­vert un pote in­croyable, ex­tra­or­di- naire au sens propre du terme et d’un cou­rage qui force le res­pect. Mais ce n’était pas ga­gné pour s’en sor­tir… « Je me rap­pelle de ses mains… Elles étaient énormes… » m’a-t-il dit un jour sur le tra­jet qui nous em­me­nait vers Ta­ri­fa. Sé­guir. On l’ap­pe­lait Sé­guir sur la scène de catch lyon­naise. Le père de Syl­vain ins­pi­rait même de la crainte aux gi­tans du quar­tier. Tout le monde ne part pas avec les mêmes chances dans la vie. Dans la lo­te­rie gé­né­tique, la na­ture a do­té Syl­vain d’ex­cel­lentes qua­li­tés, dont une va­che­ment utile, l’in­tel­li­gence. Qua­li­té peu ex­ploi­table si on ne donne pas à la per­sonne la chance de la dé­ve­lop­per. En re­vanche, un dé­fi­cit d’af­fec­tion (di­rons­nous pour ne pas ren­trer dans les dé­tails) offre à l’être hu­main une re­dou­table ca­pa­ci­té à se sur­pas­ser pour in­flé­chir le cours des choses. À la base, c’est de l’ins­tinct de sur­vie, pu­re­ment ani­mal. Avec de l’in­tel­li­gence et d’autres qua­li­tés, ce­la s’ap­pelle don­ner un vrai sens à sa vie. Ne ja­mais su­bir et sur­vivre aux coups tor­dus de la vie. Syl­vain Hoceini fait par­tie de ces hommes prêts à tout don­ner pour ne pas som­brer. Eh bien, il a eu une bonne idée de s’ac­cro­cher, car qu’est-ce que l’on s’est mar­ré pen­dant ces tests. Des crises de rire en ra­fale. Et grâce à lui, à son ex­pé­rience, nous avons ri­dé dans des condi­tions im­pro­bables que l’on dé­con­seille­rait for­te­ment à beau­coup de monde. Ça va du light wind de chez light wind au bas­ton mo­nu­men­tal avec vagues dé­biles.

À LA REN­CONTRE DU TROI­SIÈME TYPE

2005. Sa­lon nau­tique de Pa­ris. Fraî­che­ment em­bau­ché chez Ki­te­boar­der, me voi­là en en­tre­tien avec ce­lui que l’on ap­pelle But­cher pour faire connais­sance et par­ler de la fu­ture ses­sion de tests à Ta­ri­fa en jan­vier de l’an­née sui­vante. Alors, à la fin de l’en­tre­tien je n’étais pas sûr à 100 % d’avoir sai­si toutes les sub­ti­li­tés des mes­sages sub­li­mi­naux qu’il a ten­té d’in­sé­rer dans mon cer­veau. Sa­cré per­son­nage, me suis-je dit, et en­core je n’avais rien vu, ni vé­cu… Ce­la dit après s’être re­ni­flé, on a vite bien ac­cro­ché. Quand un jour de car­ton mo­nu­men­tal à So­to­grande, j’ai as­sis­té à une

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