L

Kiteboarder - - NOM DE ZEUS ! -

e pro­blème, c’est que le dé­bat ac­tuel nous parle d’un temps re­la­ti­ve­ment court, tant du point de vue cli­ma­tique que du rap­port de notre es­pèce aux dif­fé­rentes sources d’éner­gie, alors qu’il nous semble né­ces­saire de prendre da­van­tage de re­cul pour bien ex­pli­quer le pro­blème. Rien de tel qu’un pe­tit voyage in­ter­si­dé­ral dans le pas­sé comme dans le fu­tur pour éclair­cir cer­tains points. Sau­tez dans notre DeLo­rean « cli­ma­ti­sée » et at­ta­chez vos cein­tures !

UN GRAND DÉ­BAT PHI­LO­SO­PHIQUE

Com­ment la po­lé­mique sur le ré­chauf­fe­ment pla­né­taire, an­thro­pique (hu­main) pour les uns, na­tu­rel pour les autres, se­ra-t-elle ap­pré­hen­dée par nos hé­ri­tiers dans quelques siècles ? Et s’il s’agis­sait du plus grand dé­bat scien­ti­fique et phi­lo­so­phique de­puis Ga­li­lée, de­puis la confron­ta­tion entre par­ti­sans de l’hé­lio­cen­trisme et du géo­cen­trisme ? Rap­pe­lez-vous : ceux qui croyaient que le so­leil tour­nait au­tour de la Terre, centre de l’uni­vers (géo­cen­trisme), op­po­sés à ceux qui dé­fen­daient que la Terre tour­nait au­tour du so­leil (hé­lio­cen­trisme). Cette der­nière hy­po­thèse, dé­fen­due par Ni­co­las Co­per­nic, Gior­da­no Bru­no puis Ga­li­lée, est au­jourd’hui une vé­ri­té scien­ti­fique, mais il n’en a pas tou­jours été ain­si. Ga­li­lée fut même re­te­nu en ré­si­dence sur­veillée, après sa condam­na­tion par l’In­qui­si­tion pour avoir dé­fen­du cette hy­po­thèse scien­ti­fique de­vant l’Église. La po­lé­mique ac­tuelle sur le cli­mat est peut-être notre « hé­lio­cen­trisme vs géo­cen­trisme » bis, à la sauce XXIe siècle. D’un cô­té, ceux qui consi­dèrent que l’homme est tout puis­sant sur son en­vi­ron­ne­ment. De l’autre, ceux qui consi­dèrent que l’uni­vers a toute puis­sance sur notre pla­nète, au contraire de l’homme. L’image que nous ex­po­sons de nous-mêmes, Homo sa­piens, dans les mé­dias, laisse en­tendre que nous avons au­jourd’hui un contrôle sur notre pla­nète qui s’ap­pa­ren­te­rait presque au pou­voir di­vin dans la Bible. Cette idée est bien de son temps. En ef­fet, l’homme consi­dère que son pou­voir n’a ja­mais été aus­si dé­ve­lop­pé, avec la maî­trise de l’éner­gie nu­cléaire comme de la gé­né­tique. Il faut bien ad­mettre que ja­mais notre es­pèce n’avait eu au­tant de pou­voirs sur son propre des­tin et ce­lui d’autres es­pèces vi­vantes. Tou­te­fois, d’autres scien­ti­fiques, dont Hen­rik Svens­mark ou Nir Sha­viv, en tra­vaillant sur les rayons cos­miques, nous montrent dans le même temps que nous ne sommes pas grand-chose face à la puis­sance des étoiles et de l’uni­vers, qui par­ti­cipent éga­le­ment à notre mo­dèle cli­ma­tique, mais sur des temps beau­coup plus longs. Homme nou­veau dieu pour les uns, lil­li­pu­tien pour les autres… Faites vos jeux, rien ne va plus ! Pour au­tant, les deux hy­po­thèses posent cha­cune une ques­tion in­té­res­sante. D’un cô­té, le GIEC pose la saine ques­tion de l’in­fluence de l’homme sur son cli­mat et son en­vi­ron­ne­ment, qui est ma­ni­feste, et sa ca­pa­ci­té à le dé­truire (pol­lu­tion, dé­fo­res­ta­tion, ex­tinc­tions d’es­pèces…). De l’autre cô­té, des cher­cheurs ques­tionnent in­di­rec­te­ment la place et le pou­voir de l’homme dans l’uni­vers. Pour ce seul mo­tif, ce dé­bat sur le cli­mat est in­té­res­sant, même s’il ap­pa­raît ici au moins au­tant phi­lo­so­phique que scien­ti­fique.

UN DÉ­BAT DÉ­JÀ DÉ­PAS­SÉ ?

À en croire cer­tains, si la théo­rie du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique tom­bait à l’eau, nous pour­rions consom­mer du pé­trole à vo­lon­té sans nous po­ser de ques­tions, et même « avoir de grosses voi­tures » ! Vrai­ment ? Avons-nous be­soin du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique pour nous po­ser les bonnes ques­tions re­la­tives à l’usage des éner­gies fos­siles ? C’est là, jus­te­ment, qu’il est temps de sor­tir de ce pas­sion­nant dé­bat scien­ti­fique et phi­lo­so­phique op­po­sant les an­tiCO2 aux « cli­ma­to-scep­tiques » ! Un dé­bat qui pour­rait de­ve­nir pa­thé­tique. Pour ca­ri­ca­tu­rer un peu, l’op­po­si­tion entre un homme res­pon­sable de tout, qui doit culpa­bi­li­ser et vivre dans la dé­crois­sance, ou bien, si le CO2 n’y est pour rien, un homme dé­com­plexé, qui sur­con­somme du pé­trole jus­qu’à en de­ve­nir obèse… Il faut en pre­mier lieu consi­dé­rer le pro­blème d’un point de vue éco­no­mique. La spé­cu­la­tion, la vo­la­ti­li­té des prix, la forte crois­sance mon­diale avant la crise des « sub­primes », montrent clai­re­ment un pé­trole dont le prix ne peut al­ler qu’à la hausse. Pour l’ins­tant, le prix stagne, car l’éco­no­mie mon­diale tourne au

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.