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Alex Thomson, un ki­teur sur le Vendée Globe

Kiteboarder - - SOMMAIRE -

L’hi­ver der­nier, Alex Thomson a ani­mé la tête de course du Vendée Globe qu’il a ter­mi­né à la se­conde po­si­tion. Kitesurfeur à ses heures per­dues, il s’est no­tam­ment fait connaître de la com­mu­nau­té kite dé­but 2016 à tra­vers la vi­déo as­sez dingue de son « Sky­walk ». Afin de mieux vous faire connaître cette per­son­na­li­té de la course au large cô­té kite, nous n’avons pu ré­sis­ter à l’in­ter­vie­wer ! Sa­lut Alex, ra­conte-nous comment tu as dé­cou­vert le kite ?

Après mon aban­don du Vendée Globe 2008, j’avais du temps à tuer et comme je vou­lais ap­prendre le kite de­puis long­temps, c’était le mo­ment. J’ai trou­vé une pe­tite école à Dia­ni Beach au Ke­nya et je me suis lan­cé dans le plus beau sport du monde. Au­jourd’hui, je ne fais que du foil, sauf si mon fils Os­car qui a 5 ans veut ve­nir avec moi. Dans ce cas, je prends mon twintip.

Quels sont ton meilleur et ton pire sou­ve­nir en kite ?

Le meilleur, ça a été le Sky­walk. Une ex­pé­rience in­croyable. Maîtriser la ré­cep­tion a été dif­fi­cile, seule­ment trois bonnes réceptions sur treize sauts… J’ai souf­fert, mais je me suis vrai­ment amu­sé. Le pire sou­ve­nir, c’est d’avoir heur­té un reef à 25 noeuds alors que je fai­sais du kite skim­board dans 2mm d’eau. Je me suis cas­sé le pied et j’ai eu plus de 60 cou­pures sur les jambes.

Comment tes spon­sors prennent le fait que tu fasses du kite ?

Mes spon­sors ont tou­jours sou­te­nu mes pas­sions, et sé­rieu­se­ment, c’était top qu’ils aiment mon idée du Sky­walk. De­voir kiter pour le bou­lot était ex­cellent ! Le team Hu­go Boss est très ou­vert d’es­prit. La marque adore faire les choses dif­fé­rem­ment, ils m’ont tou­jours sup­por­té même s’ils croient que je suis fou !

Comment cette idée de Sky­walk est-elle ve­nue ?

J’ai eu l’idée du Sky­walk car j’étais déses­pé­ré de ré­cep­tion­ner les gros jumps pro­pre­ment. Du coup, j’ai ap­pris à sau­ter haut, à ré­cep­tion­ner, et pen­dant l’en­traî­ne­ment on ter­mi­nait su­per loin au large, alors le mieux pour ren­trer, c’était de foi­ler. C’était vrai­ment des va­cances au tra­vail de rêve !

Avec tout ce staff au­tour de toi et les moyens tech­niques mo­bi­li­sés, tu de­vais avoir la pres­sion ?

Oui, j’avais dé­pas­sé le point de non-re­tour. Pour faire ça de ma­nière pro avec une bonne ges­tion du risque et pour bien fil­mer, c’était une grosse dé­pense, donc oui j’ai res­sen­ti de la pres­sion. Mais tu sais quoi, m’ha­biller avec un cos­tard par­fait m’a mis en confiance et quand tu te sens beau, tu vas plus fa­ci­le­ment vers le suc­cès.

Après le Sky­walk, cer­taines per­sonnes ont cri­ti­qué le pro­jet au titre qu’il mon­trait le « mau­vais exemple » ?

Je pense qu’une cas­cade comme celle-là était su­per pour le monde du kite puisque nous avons mon­tré ce sport à plus de 6mil­lions de per­sonnes. De plus, j’ai tra­vaillé avec des per­sonnes ex­cep­tion­nelles et nous avons réa­li­sé une cas­cade avec un im­pact vi­suel in­croyable.

Le ki­te­surf est-il com­plé­men­taire de la course au large se­lon toi ?

J’ai trou­vé su­per utile de na­vi­guer en kitefoil de­puis que mon ba­teau na­vigue lui aus­si sur des foils. Tu ne peux pas avoir une fa­çon plus ba­sique de faire de l’hy­dro­foil avec tout le contrôle pas­sant par tes jambes et ton corps. Ce­la m’a ai­dé à ac­cé­lé­rer ma com­pré­hen­sion des foils.

C’est quoi le pire pour toi du­rant un Vendée Globe : être seul ou ne pas kiter ?

Dé­fi­ni­ti­ve­ment, ne pas kiter. Gé­rer le fait d’être seul est juste un état d’es­prit.

Où est-ce que tu te chal­lenges le plus ? Au large ou en kite ?

Faire le tour du monde à la voile, en so­li­taire et sans as­sis­tance comme sur le Vendée Globe est le chal­lenge spor­tif le plus dif­fi­cile qui existe sur terre. C’est le test de vé­ri­té sur ta ré­sis­tance men­tale et phy­sique. Il y a dix fois plus de per­sonnes à être al­lées dans l’es­pace qu’à avoir fi­ni le Vendée Globe. Ça met les choses en pers­pec­tive, non ? Quand Alex Thomson et Hu­go Boss dé­cident de faire quelque chose, ils le font à fond: en cos­tard et avec une aile spé­cia­le­ment dé­co­rée.

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