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Études ins­tru­men­tales et mu­si­co­lo­giques, for­ma­tion pé­da­go­gique et ani­ma­tion (DEFA, Dis­co­thé­caire). Mais mon ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle a été pour beau­coup dans ma for­ma­tion et consti­tue même un axe es­sen­tiel ; c’est elle qui a ser­vi de sup­port à ma thèse de doc­to­rat. J’ai ap­pris en ren­con­trant d’autres pro­fes­sion­nels, que ce soit sur le ter­rain, dans le cadre de tra­vaux d’équipe in­ter­dis­ci­pli­naires ou d’ac­tions par­ti­cu­lières (ac­tions au­tour de la lu­the­rie conduites avec Ber­nard Ba­schet par exemple). Et je di­rai enfin que la ren­contre avec les élèves han­di­ca­pés est peut-être ce qui m’a aus­si le plus ap­por­té. Avec eux j’ai été conduite à me dé­faire de re­pré­sen­ta­tions, à me mettre à l’écoute de ce qu’ils sont, à si­tuer les compétences dont ils dis­posent et à ap­prendre à « faire avec ». Ce der­nier point m’a ai­dée à pen­ser et mettre en oeuvre une dé­marche pro­fes­sion­nelle créa­tive. Com­ment votre par­cours pro­fes­sion­nel a-t-il abou­ti à la pré­si­dence de l’as­so­cia­tion MESH ?

Mon par­cours pro­fes­sion­nel a dé­mar­ré dans un centre d’en­fants han­di­ca­pés mo­teurs. C’est le ha­sard qui m’y a conduite. Je de­vais trou­ver du tra­vail et ce­lui-ci m’a été pro­po­sé. Je n’avais alors ja­mais abor­dé ce mi­lieu. Très vite, je me suis pas­sion­née pour cette dé­marche pro­fes­sion­nelle qui m’ou­vrait les yeux sur le con­cept même de la « mu­sique », ce que ce­la si­gni­fiait réel­le­ment et com­ment on pou­vait abor­der la pra­tique de l’art par dif­fé­rents che­mins : de nature fon­da­men­tale (le geste mu­si­cal) ou dé­tour­née (avec les yeux, avec l’uti­li­sa­tion de mé­dia­teurs). Quelles que soient les autres ac­ti­vi­tés pro­fes­sion­nelles que j’ai conduites, j’ai donc tou­jours « gar­dé un pied » dans le mi­lieu du han­di­cap.

J’ai fait beau­coup de théâtre mu­si­cal. Je suis in­ter­ve­nue au CNTE (ap­pe­lé au­jourd’hui CNED) d’abord au­près d’une équipe de for­ma­teurs en art plas­tique pour faire des liens ou éta­blir des ponts avec la mu­sique, puis en tant que res­pon­sable de la for­ma­tion mu­si­cale au­près des ins­ti­tu­teurs. J’y suis res­tée qua­torze ans et c’est du­rant cette pé­riode (en 1984) que j’ai créé l’as­so­cia­tion MESH. En 1990 j’ai quit­té le CNED pour prendre le poste de pro­fes­seur de mu­sique au CNEFEI (au­jourd’hui INSHEA), centre qui forme les en­sei­gnants spé­cia­li­sés. J’y suis res­tée 22 ans. En 2012, je me suis mise en re­traite pour me cen­trer sur l’as­so­cia­tion MESH qui connais­sait une pé­riode dif­fi­cile. J’en suis de­ve­nue la Pré­si­dente en 2013. Et le « Ré­seau Na­tio­nal Mu­sique et Han­di­cap » ?

Il a été créé en 2009. Il est le ré­sul­tat d’un tra­vail réa­li­sé en par­te­na­riat avec de nom­breux ac­teurs im­pli­qués dans cette pro­blé­ma­tique et ayant ré­di­gé en­semble – sous le pa­tro­nage du Mi­nis­tère de la Culture – une charte pour l’ac­cès à la mu­sique des per­sonnes han­di­ca­pées. Jus­qu’en 2012, il a été confié à l’as­so­cia­tion MESH, pour l’ani­ma­tion et la co­or­di­na­tion. Sans en­ti­té ju­ri­dique et fonc­tion­nant seule­ment jus­qu’alors à par­tir des dé­ci­sions d’un co­mi­té de pi­lo­tage, le RMH a pris sa réelle in­dé­pen­dance en 2012 en se consti­tuant en as­so­cia­tion – « Ré­seau Na­tio­nal Mu­sique et Han­di­cap » (RNMH). Il a été alors de­man­dé à MESH d’en as­su­rer la Pré­si­dence du­rant deux an­nées, le temps de pas­ser la main à d’autres. En de­ve­nant Pré­si­dente de l’as­so­cia­tion MESH en 2013, j’ai donc dû as­su­rer de fait éga­le­ment la Pré­si­dence du RNMH. Quelles sont les dif­fé­rences entre ces deux or­ga­nismes ?

Le Ré­seau est là pour ras­sem­bler des pro­fes­sion­nels de dif­fé­rents sec­teurs (culture, mé­di­co-so­cial, Édu­ca­tion Na­tio­nale, col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales) et fa­vo­ri­ser le pas­sage d’in­for­ma­tions, de do­cu­men­ta­tions et d’échanges. De fait, sa ri­chesse est la ren­contre de tous ces ac­teurs qui peuvent pro­duire et ali­men­ter des dé­bats, mu­tua­li­ser des don­nées ap­por­tées par eux et être force de pro­po­si­tion pour faire avan­cer la lé­gis­la­tion et la dy­na­mique d’in­clu­sion.

MESH agit plus « pas à pas » avec des études, des re­cherches et ac­tions ci­blées, re­la­tives au sec­teur de la pé­da­go­gie mu­si­cale. En res­tant proche du ter­rain, MESH évolue en pro­po­sant de nou­velles for­ma­tions ou en les fai­sant évo­luer en fonc­tion des re­tours ou at­tentes des pro­fes­sion­nels ren­con­trés. MESH, avec son centre res­source et l’en­ca­dre­ment d’ate­liers trem­plins, oriente aus­si ou ré­pond aux at­tentes des fa­milles ou per­sonnes han­di­ca­pées en de­mande de pra­tique mu­si­cale.

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