Res­tons en bons termes…

… mu­si­caux

KR Home-Studio - - LE SENS DU SON -

Ada­gio de type cha­conne ayant un pe­tit cô­té fan­fare, com­po­sé de mor­ceaux dis­cré­pants aux al­lures de di­ver­ti­men­to ? Le point d’in­ter­ro­ga­tion fi­nis­sant cette dé­no­mi­na­tion est éga­le­ment ce­lui que l’on re­trouve sus­pen­du au-des­sus de la tête d’un cer­tain mu­si­cien à son énon­cé… Re­mé­dions-y.

Je ne suis pas content de vous. Ré­cem­ment, alors que je tra­vaillais avec des mu­si­ciens pour­tant ex­pé­ri­men­tés, je me suis aper­çu que cer­tains d’entre eux, qui consti­tuent une grande ma­jo­ri­té en fait, n’avaient une connais­sance que très su­per­fi­cielle en ma­tière de ter­mi­no­lo­gie mu­si­cale. De­voir ex­pli­quer à l’un d’entre eux que la co­da (la queue) ne dé­signe pas la fin à pro­pre­ment par­ler d’un mor­ceau mais la pièce fi­nale condui­sant à cette fin (quand on ar­rête de jouer) est une perte de temps et des plus aga­çants. Idem pour da ca­po (à la tête), que l’on peut certes ima­ger en se ta­pant fré­né­ti­que­ment le des­sus du chef, pré­ci­sé­ment, pour si­gni­fier qu’on re­tourne au dé­but du mor­ceau. On pour­ra ain­si, au bé­né­fice de tous, votre ser­vi­teur in­clus, pas­ser en re­vue cer­tains termes, la plu­part d’ori­gine ita­lienne, dans un désordre peu sa­vant : un exer­cice fort di­ver­tis­sant et ex­trê­me­ment ins­truc­tif.

Ru­ba­to ma non trop­po, please !

A cap­pel­la si­gni­fie qu’il n’y a d’autre ins­tru­ment que la voix, ad libitum est sy­no­nyme de li­ber­té, on peut donc se ser­vir à vo­lon­té, ada­gio que l’on est plu­tôt lent, à l’aise, al­le­gro (mais les maigres aus­si) que l’on est vif, al­lègre, gai, et par­fois ma non trop­po, an­dante que l’on est plus mo­dé­ré, et qu’une ap­pog­gia­ture est une pe­tite note ve­nant ap­puyer la note prin­ci­pale. Cer­taines de ces ap­pog­gia­tures, des or­ne­ments pou­vant être im­pro­vi­sés, pour­ront par­fois tour­ner à l’ara­besque, même si elles ne sont pas in­cluses dans un mor­ceau de type ara­besque, voire de mu­sique turque. Une aria est un chant ac­com­pa­gné par un or­chestre, comme peut l’être une can­tate, pièce ba­roque com­po­sée de plu­sieurs mor­ceaux, alors qu’un lie­der pren­dra plu­tôt la forme d’un poème ger­ma­nique (ach, chaime la na­dur’ !), qu’une au­bade de­vra obli­ga­toi­re­ment être exé­cu­tée sous le bal­con d’une belle, et à l’aube, quand la sé­ré­nade le se­ra le soir (ta­page noc­turne). Ils pour­ront être in­ter­pré­tés ru­ba­to, c’est-à-dire en jouant avec le rythme et sur­tout le tem­po, qui bien sûr fluc­tua (nec mer­gi­tur, puisque joué à Paris). À la dif­fé­rence de l’opé­ra (sorte de co­mé­die mu­si­cale avant l’heure), ces pièces ne com­portent au­cun as­pect théâ­tral et sont plu­tôt concer­tantes. Pré­ci­sé­ment, un con­cer­to est une oeuvre en trois mou­ve­ments où un ou plu­sieurs so­listes dia­loguent avec un or­chestre (un or­chestre qui peut être sym­pho­nique), ces trois mou­ve­ments, un ra­pide, un lent et un autre ra­pide, étant le plus sou­vent et suc­ces­si­ve­ment une so­nate, un lied et un ron­do. Une sym­pho­nie quant à elle est une com­po­si­tion ins­tru­men­tale de grandes pro­por­tions, consti­tuée de plu­sieurs mou­ve­ments, jouée par un or­chestre de grande taille, l’or­chestre sym­pho­nique pré­ci­sé­ment, et pas for­cé­ment en consé­cu­tion (en­chaî­né), alors qu’un di­ver­ti­men­to, qui, lui, est tou­jours gai (mais vi­ril), se­ra plu­tôt pour or­chestre ré­duit. Il faut sa­voir, pour faire simple, que toutes ces mu­siques pour­ront être jouées sous forme de suite, for­mée d’un en­semble plus ou moins or­don­né de pièces ins­tru­men­tales ou or­ches­trales jouées en concert plu­tôt qu'en ac­com­pa­gne­ment. Des pièces d’ori­gines très va­riées ti­rées d’un opé­ra, d’un bal­let ou même d’une mu­sique de théâtre ou de film et écrites par des com­po­si­teurs dif­fé­rents et de toutes époques. Toutes ces pièces de mu­sique pour­ront être pré­cé­dées d’une ou­ver­ture, en in­tro­duc­tion, qui se pré­sen­te­ra par­fois sous la forme d’un pré­lude ou d’un pro­logue. Une cha­conne de son cô­té est une danse po­pu­laire d’ori­gine his­pa­nique (com­men­çant fré­quem­ment en ana­crouse sur le deuxième temps), plus lente qu’une pas­sa­caille, la­quelle pour­ra ex­po­ser un mo­tif, voire un leit­mo­tiv, un thème qui re­vien­dra éven­tuel­le­ment tout au long de la pièce, de ma­nière ob­ses­sion­nelle. Pour conti­nuer à s’amu­ser : www.alyon.org/mu­sique/tech­nique/ ter­mi­no­lo­gie_­mu­si­ca­le_i­ta­lienne.html Klaus Blas­quiz

Dic­tion­naire de termes mu­si­caux de 1925. Ma­nus­crit an­no­té par Bee­tho­ven.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.