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ood­brass De­luxe

L’idée de trans­po­ser les murs d’un ma­ga­sin de mu­sique « de trot­toir » à un ap­par­te­ment lo­gé dans un im­meuble lamb­da dans le 19e à Paris et qui s’adresse de pré­fé­rence aux pro­fes­sion­nels n’est pas nou­velle. Alain Plu­chot l’avait dé­jà eue au temps de Backs­tage dans les an­nées 90. Il s’agis­sait d’ins­tau­rer un en­droit VIP pour ré­pondre aux be­soins spé­ci­fiques de nom­breux ar­tistes que le ma­ga­sin ac­cueillait. Car, qu’on le veuille ou non, client or­di­naire et ar­tiste n’ont pas les mêmes de­mandes, mal­gré tout, ils doivent être trai­tés dans les meilleures condi­tions.

Chez les pro­fes­sion­nels, l’en­jeu est clair : pou­voir bien ana­ly­ser leurs pro­jets en cours d’éla­bo­ra­tion, leur don­ner les bonnes ré­ponses dans un en­droit tran­quille, et sans être in­ter­rom­pu par un client toutes les cinq se­condes. On peut ap­pe­ler ça : s’oc­cu­per des grosses af­faires ou gé­rer les grands comptes…

Alain Plu­chot se sou­vient : « C’est au temps de Backs­tage que nous avions dé­jà inau­gu­ré cette nou­velle fa­çon de faire. L’idée de l’ap­par­te­ment nous était ve­nue à cette époque. Lors d’un sé­jour à New York. Nous avions vi­si­té un ma­ga­sin qui dis­po­sait d’un se­cond point de vente lo­gé dans un ap­par­te­ment, ce con­cept s’était ins­tal­lé chez Sam Ash. L’ap­par­te­ment était rem­pli de sam­pleurs et de syn­thé­ti­seurs… Nous avions trou­vé ça su­per ! »

Vingt ans après, Alain Plu­chot, en col­la­bo­ra­tion avec Wood­brass, a pu réa­li­ser ce con­cept si ap­pré­ciable, et ça tombe bien, car, outre les pro­fes­sion­nels, il se trouve de plus en plus de gens qui ne veulent plus se rendre dans un ma­ga­sin : trop de monde, rares sont les pos­si­bi­li­tés de pou­voir dis­cu­ter, abon­dance de pro­duits et donc dif­fi­cul­té de bien choi­sir, pa­ra­doxa­le­ment, peu de ma­té­riel en dé­mons­tra­tion et qui n’est pas for­cé­ment ce que l’on cherche, et c’est sans par­ler de l’im­pos­si­bi­li­té de dis­po­ser à l’es­sai des pro­duits haut de gamme, car, en fait, les trois quarts des ma­ga­sins vendent la même chose et ciblent plu­tôt le grand pu­blic.

Com­ment le lieu a-t-il été pen­sé ?

L’ap­par­te­ment de 130 m2 se ré­par­tit en cinq pièces. Cha­cune est dé­diée à un sec­teur : gui­tares élec­triques, gui­tares acous­tiques, mi­cro­phones. On y trouve aus­si une ca­bine do­tée d’une console (SSL XL-Desk) (fi­gure 1), de pé­ri­phé­riques (mo­dules au for­mat 500 : Ru­pert Neve De­si­gns, Grace De­si­gn, API, Kush Au­dio… Pré­am­plis : Chand­ler Li­mi­ted, Uni­ver­sal Au­dio…) et de mo­ni­tors (Neu­mann, Fo­cal, Ques­ted, EVE Au­dio) (fi­gure 2). Enfin, une salle d’ac­cueil « comme à la mai­son » vient com­plé­ter le ta­bleau. On y ajou­te­ra cui­sine et long bal­con, ain­si que deux cou­loirs qui ac­crochent sur leurs murs des gui­tares Gib­son et Gretsch. La ré­flexion du lieu s’est d’abord construite au­tour de l’agen­ce­ment des gui­tares acous­tiques et élec­triques. « Ex­po­ser de belles gui­tares dans un en­droit sym­pa et beau va avec l’idée du haut de gamme » , dixit Alain Plu­chot (fi­gure 3).

Le reste des pièces a été amé­na­gé pour ré­pondre à une seule ques­tion : où écou­ter des mo­ni­tors, es­sayer des pé­ri­phé­riques, des mi­cro­phones dans de bonnes condi­tions ? Eh oui, ils ne sont pas lé­gion les ma­ga­sins équi­pés d’une pièce iso­lée et suf­fi­sam­ment bien cor­ri­gée pour ef­fec­tuer des tests de mi­cro­phones, qu’ils soient pour la voix, les gui­tares acous­tiques ou les am­plis gui­tare (fi­gure 4). De­luxe y re­mé­die et pro­pose même au client d’en­re­gis­trer ses propres prises qu’il pour­ra en­suite ré­écou­ter pour se faire sa propre opi­nion. Et on a le choix entre les mi­cro­phones qui sont bran­chés sur place, on y re­trouve le Neu­mann D-01 nu­mé­rique, le nou­veau U 47 FET ré­édi­té, Lau­ten Ocea­nus et At­lan­tis, d’autres mo­dèles is­sus d’AEA ou de Royer Labs (fi­gure 5).

À no­ter que De­luxe in­cor­po­re­ra pro­chai­ne­ment des syn­thé­ti­seurs haut de gamme.

Wood­brass Mu­sic School

Ch­ris­tophe Chau­vin, créa­teur de Wood­brass, avait de­puis plu­sieurs an­nées l’idée d’ou­vrir une école de mu­sique. C’est chose faite (fi­gure 6). Pour ce­la,

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