en­quête : le strea­ming ou le grand cham­bar­de­ment !

Le strea­ming est un nouvel usage qui se gé­né­ra­lise. Néan­moins, il s’en dé­gage un grand flou, des craintes, mais aus­si une in­com­pré­hen­sion sur­tout chez les ar­tistes qui n’y com­prennent pas grand-chose. Nous al­lons ten­ter de mieux cer­ner la po­si­tion des uns

KR Home-Studio - - SOMMAIRE - Pierre Em­ber­ger

Le strea­ming, c’est de la ra­dio ?

Non, car dans le mo­dèle de la ra­dio, les gens ne choi­sissent pas les titres qu’ils écoutent, alors que le strea­ming (fi­gure 1), c’est tout le contraire, du coup, nous sommes dans le mo­dèle de dis­tri­bu­tion clas­sique. Le pre­mier mo­dèle ré­mu­nère les au­teurs, le se­cond le pro­duc­teur.

Jus­te­ment, com­ment les pro­duc­teurs abordent-ils le strea­ming ?

Guillaume Leb­lanc, Di­rec­teur Gé­né­ral du Snep (Syn­di­cat Na­tio­nal de l’édi­tion Pho­no­gra­phique) (fi­gure 2), es­time que les pro­duc­teurs qu’il re­pré­sente sont très en­thou­siastes sur le strea­ming et y voient l’ave­nir de la mu­sique en­re­gis­trée. Et pour cause, les re­ve­nus du strea­ming ont pro­gres­sé de 35 % l’an­née der­nière en France, de­ve­nant ain­si le vec­teur n°1 de re­lais de crois­sance dans le do­maine di­gi­tal. Ils de­vancent dé­sor­mais les re­ve­nus du té­lé­char­ge­ment pour fi­na­le­ment re­pré­sen­ter 55 % du marché nu­mé­rique et 16 % du marché mu­si­cal glo­bal soit 73 M€ sur 325 M€.

Per­cée qui se voit en chiffres mais aus­si dans les usages. De plus en plus de consom­ma­teurs bas­culent vers le strea­ming. En 2014, ils ont pro­cé­dé à 12 MD d’écoutes en France, c’est plus de 40 % en un an sur le pé­ri­mètre au­dio. Un autre in­di­ca­teur in­té­res­sant, les nou­veaux abon­nés sont 12 mil­lions.

Avec le strea­ming, on passe d’un mo­dèle de pos­ses­sion à un mo­dèle qu’on peut as­si­mi­ler à un sys­tème de lo­ca­tion de mu­sique en flux. Toute la chaîne de va­leur s’en re­trouve bou­le­ver­sée.

Guillaume Leb­lanc dé­clare : « Il faut faire connaître le strea­ming, nous de­vons faire preuve de pé­da­go­gie et en même temps ef­fec­tuer un tra­vail de so­phis­ti­ca­tion des oeuvres : il y a la place pour mettre en place des abon­ne­ments plus ci­blés. Enfin, nous de­vons ab­so­lu­ment réussir la pro­chaine mi­gra­tion et ain­si faire en sorte que les per­sonnes qui vont vers les offres de strea­ming gra­tuites par­viennent à mettre de l’ar­gent dans un abonnement payant. »

Le strea­ming contre ou en co­ha­bi­ta­tion avec les autres sup­ports ?

Tou­jours d’après Guillaume Leb­lanc (fi­gure 3), il y a au­ra tou­jours des gens qui se tour­ne­ront vers le sup­port phy­sique pour en de­ve­nir le pro­prié­taire. Si ce marché est en dé­crois­sance, il re­pré­sente tou­jours 71 % du marché glo­bal en France !

Le té­lé­char­ge­ment conti­nue­ra d’exis­ter et fe­ra aus­si l’ob­jet d’une offre par les plates-formes de strea­ming. De ma­nière gé­né­rale, nous se­rons tou­jours en co­ha­bi­ta­tion entre les dif­fé­rents modes de consom­ma­tion.

Com­ment les ar­tistes consi­dèrent-ils le strea­ming ?

Su­zanne Com­bo (dé­lé­guée gé­né­rale de la Guilde des Ar­tistes de la Mu­sique) af­firme que « le strea­ming reste une étran­ge­té pour les ar­tistes en termes de va­leur. Ils ne com­prennent pas qui capte la va­leur de leur créa­tion. Ils ne com­prennent pas non plus les ac­cords com­mer­ciaux que contractent la­bels et plates-formes de strea­ming d’au­tant qu’ils sont dif­fé­rents entre eux. Un la­bel n’au­ra pas le même poids qu’une ma­jor. D’autre part, les plates-formes sont sai­gnées à blanc par les ma­jors qui leur font si­gner des contrats dans les­quels elles exigent un mi­ni­mum ga­ran­ti (ce que verse une plate-forme en échange de l’ex­ploi­ta­tion d’un ca­ta­logue). Du coup, les plates-formes ont du mal à faire des marges, d’au­tant qu’elles dé­pensent beau­coup d’ar­gent dans le dé­ve­lop­pe­ment afin de pou­voir dé­ga­ger un chiffre d’af­faires rai­son­nable. »

Alors, com­bien gagnent les ar­tistes ? Eh bien, le pro­blème c’est que les la­bels ne com­mu­niquent pas grand-chose sur ce su­jet. D’après le Snep, le taux moyen de ré­mu­né­ra­tion sur le strea­ming et le té­lé­char­ge­ment est de 13 % sur la part qui re­vient au pro­duc­teur. Plus pré­ci­sé­ment, Spo­ti­fy et pour un titre : c’est en moyenne 0,0065 € par clic à ré­par­tir entre les ayants droit et 0,004 € pour YouTube. On com­prend mieux la contes­ta­tion qui se gé­né­ra­lise par­mi les ar­tistes et on com­prend mieux pour­quoi cer­tains gros en viennent à créer Ti­dal (fi­gure 4), même si nous voyons une opé­ra­tion Live Na­tion der­rière ce sem­blant d’in­dé­pen­dance. Nous ne croyons pas que ces ar­tistes se cou­pe­ront des ma­jors. Oh non !

Enfin, pour­quoi les ma­jors rentrent-elles en ac­tions dans les So­cié­tés de ser­vices de strea­ming ? D’abord, ce sont les branches la­bels qui in­ves­tissent. La rai­son ? Il s’agit pour elles de se cou­vrir en se per­sua­dant que si les plates-formes dé­collent, elles dé­collent avec elles !

Cô­té créa­teurs, com­ment sont consti­tués les contrats entre la Sacem et les plates-formes de strea­ming ?

Nous avons ren­con­tré Ca­ro­line Cham­par­naud (Di­rec­trice du Dé­par­te­ment des Droits Pho­no­gra­phiques et Nu­mé­riques à la Sacem) (fi­gure 5) qui nous aide à mieux com­prendre l’ac­tion de la Sacem dans ce do­maine :

Les contrats de la Sacem en ma­tière de strea­ming sont tou­jours ar­ti­cu­lés de la même fa­çon : un taux ap­pli­cable sur les re­ve­nus gé­né­rés par la plate-forme (abonnement ou pu­bli­ci­taire) as­sor­ti se­lon le type de ser­vice d'un mi­ni­mum par stream ou par abon­né. Les plates-formes pro­po­sant des ser­vices équi­va­lents se voient pro­po­ser des contrats iden­tiques.

Les ac­cords entre la Sacem et les plates-formes on­line portent sur une mul­ti­tude de ter­ri­toires à l’ex­cep­tion des Amé­riques et de l’Asie/Océa­nie. La Sacem col­lecte donc di­rec­te­ment les droits re­la­tifs à son ré­per­toire dans ces ter­ri­toires sans pas­ser par les so­cié­tés lo­cales. Les contrats conclus sont tou­jours de courte du­rée afin de pou­voir être ré­ajus­tés ré­gu­liè­re­ment, no­tam­ment en rai­son des évo­lu­tions très ra­pides des fonc­tion­na­li­tés pro­po­sées par les plates-formes.

Com­ment la Sacem col­lecte-t-elle ?

Dans le cas du strea­ming d’oeuvres mu­si­cales, la Sacem col­lecte 15 % des re­ve­nus pu­bli­ci­taires pour un ser­vice qui offre des titres gra­tui­te­ment au consom­ma­teur et 12 % sur le chiffre d’af­faires gé­né­ré par les abon­ne­ments payants. En 2014, la Sacem a ré­par­ti 20 mil­lions d’eu­ros pro­ve­nant des ser­vices de strea­ming.

La re­de­vance SDRM est-elle in­té­grée dans les ac­cords ?

Les contrats conclus avec les plates-formes le sont à la fois pour la Sacem et la SDRM. En ef­fet, en Eu­rope, les ex­ploi­ta­tions d’oeuvres par in­ter­net mettent en jeu tant le droit de re­pro­duc­tion que le droit d’exé­cu­tion pu­blique.

Com­ment sont cal­cu­lés ces deux droits au mo­ment de la ré­par­ti­tion ? Les règles de par­tage entre droit de re­pro­duc­tion et droit d’exé­cu­tion pu­blique sont éta­blies par les So­cié­tés d’Au­teurs de cha­cun des pays. À titre d’exemple, en France, dans le cas du strea­ming par abonnement, trois quarts des sommes col­lec­tées sont af­fec­tés au droit de re­pro­duc­tion et un quart au droit d’exé­cu­tion pu­blique (sur dé­ci­sion du Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion).

La Sacem s’en sort-elle dans le trai­te­ment des don­nées ?

La Sacem (fi­gure 6) re­çoit tous les mois des té­ra­oc­tets de don­nées qu’il lui faut trai­ter pour pou­voir cal­cu­ler les droits dus en fonc­tion des oeuvres qu’elle re­pré­sente, puis les fac­tu­rer, et enfin les col­lec­ter avant de les ré­par­tir. Les sys­tèmes d’information de la Sacem sont en évo­lu­tion per­ma­nente pour l’ai­der à s’adap­ter à ces vo­lumes gran­dis­sants et aux nou­veaux mo­dèles éco­no­miques. En 2014, elle a trai­té 251 mil­liards d’actes de té­lé­char­ge­ment et de strea­ming (+284 % par rap­port à 2013). Plus de 55 % des vo­lumes trai­tés ont trait au strea­ming, qu’il soit vi­déo (YouTube, Dai­ly­mo­tion) ou au­dio (Deezer, Spo­ti­fy…). La Sacem af­firme être très vi­gi­lante sur les dé­lais de trai­te­ment sur­tout quand il s’agit de ser­vices de strea­ming im­por­tants.

La qua­li­té des don­nées que la Sacem re­çoit est très im­por­tante pour lui per­mettre d’iden­ti­fier les oeuvres. Les plates-formes ne lui four­nissent mal­heu­reu­se­ment pas tou­jours des don­nées de qua­li­té, la pous­sant à oeu­vrer beau­coup à l’amé­lio­ra­tion, au­près d’elles mais éga­le­ment dans des groupes de tra­vail in­ter­na­tio­naux et bien en­ten­du au sein d’Ar­mo­nia (le por­tail eu­ro­péen de li­cences que la Sacem a créé avec la SGAE es­pa­gnole et la SIAE ita­lienne) pour amor­tir les coûts de trai­te­ment de ces don­nées.

Fi­na­le­ment, quel est le rôle de la Sacem dans le strea­ming ?

À chaque nou­velle gé­né­ra­tion de ser­vices mu­si­caux lé­gaux sur in­ter­net, la Sacem a veillé à ac­com­pa­gner le dé­ve­lop­pe­ment des ser­vices concer­nés : sa rai­son d’être est de fa­vo­ri­ser la dif­fu­sion des oeuvres de ses membres. Avec l’ap­pa­ri­tion des grandes plates-formes de mu­sique pan-eu­ro­péennes, la Sacem a ré­pon­du pré­sent : les li­cences pan-eu­ro­péennes (per­met­tant l’uti­li­sa­tion de tout le ré­per­toire de la Sacem dans toute l’Union Eu­ro­péenne) avec iTunes, lea­der du té­lé­char­ge­ment, et Spo­ti­fy, lea­der du strea­ming, datent de 2009. Les ac­cords avec Google (oc­tobre 2012) et YouTube (fé­vrier 2013) per­mettent l’uti­li­sa­tion de tout le ré­per­toire de la Sacem dans 127 pays. Dans le cas de Google Mu­sic, l’ac­cord a été conclu avant même le lan­ce­ment du ser­vice. En juillet 2014, la Sacem était la pre­mière So­cié­té d’Au­teurs en France à si­gner avec Net­flix, avant même son im­plan­ta­tion dans l’Hexa­gone.

Les So­cié­tés d’Ar­tistes contre le Snep ?

La ba­taille au­tour de la pre­mière uti­li­sa­tion est en cours, l’en­jeu se porte ici sur les re­ve­nus au titre des droits voi­sins et par­ti­cu­liè­re­ment chez les ar­tistes in­ter­prètes. À ce pro­pos, Guillaume Leb­lanc af­firme que le strea­ming n’est pas un se­cond mode d’ex­ploi­ta­tion. « Ici, nous sommes dans le cadre d’un contrat de tra­vail entre un ar­tiste et un pro­duc­teur, le pre­mier cède ses droits d’ar­tiste au pro­duc­teur, c’est une re­la­tion di­recte. Sur chaque vente phy­sique ou nu­mé­rique, l’ar­tiste re­çoit un taux de royau­té pour le fruit de son tra­vail.

Le strea­ming de­vient le mode prin­ci­pal de ré­mu­né­ra­tion, or, dans ce cadre, Ada­mi et Spe­di­dam ne sont pas dans la boucle puis­qu’elles ne sont concer­nées que par la ré­mu­né­ra­tion équi­table et la co­pie pri­vée. » Jean-Paul Ba­zin, ad­mi­nis­tra­teur à la Spe­di­dam (fi­gure 7), lui, dé­clare que « le seul ob­jec­tif des pro­duc­teurs est d’ex­clure les ar­tistes de toute ré­mu­né­ra­tion en provenance d’in­ter­net, car si au­jourd’hui le marché phy­sique re­pré­sente en­core 71 % du marché glo­bal en France il y a fort à pa­rier qu’à l’ave­nir le marché di­gi­tal le dé­passe. »

Alors que veulent vrai­ment les So­cié­tés d’Ar­tistes ? On es­time qu’il faut gé­né­rer 1 mil­lion de clics pour qu’un ar­tiste prin­ci­pal gagne entre 500 et 1000 € au titre des droits voi­sins. De l’autre cô­té, un ar­tiste in­ter­prète non prin­ci­pal ne touche rien, or, il s’agit de l’im­mense ma­jo­ri­té des ar­tistes. Ce qui ex­plique la po­si­tion de la Spe­di­dam qui de­mande un vrai par­tage de la va­leur.

Com­ment ? Elle pro­pose deux sché­mas. Le pre­mier est d’im­po­ser une ges­tion col­lec­tive obli­ga­toire : les plates-formes s’adressent à un gui­chet unique qui per­çoit pour le compte des pro­duc­teurs et des ar­tistes une re­de­vance qu’elle leur ré­par­tit en­suite se­lon un ba­rème à dé­fi­nir. Le se­cond sché­ma est une pro­po­si­tion de ré­mu­né­ra­tion ga­ran­tie qui se­rait per­çue au­près des plates-formes et ver­sée aux seules So­cié­tés d’Ar­tistes, chaque pro­duc­teur pou­vant conti­nuer par ailleurs à exer­cer ses droits di­rec­te­ment au­près des plates-formes.

Il faut bien com­prendre que ce que re­ven­diquent les So­cié­tés d’Ar­tistes, c’est la re­con­nais­sance de leurs droits dans la nou­velle éco­no­mie nu­mé­rique, ce qui est pour eux un en­jeu ma­jeur pour l’ave­nir.

Le web 3.0, ce qu’il chan­ge­ra à l’ave­nir

D’après Pa­trice La­za­reff, la tech­nique du blo­ck­chain que l’on nomme aus­si le web 3.0 (fi­gure 8), per­met­tra aux ayants droit de re­ce­voir des ré­mu­né­ra­tions plus équi­tables grâce aux nou­veaux contrats nu­mé­riques qui se­ront adap­tés au plus près aux ac­teurs de l’oeuvre. Elle pré­sente l’avan­tage de ré­ta­blir la trans­pa­rence com­plète sur chaque tran­sac­tion comme le té­lé­char­ge­ment et d’avoir un moyen ex­trê­me­ment fiable pour as­su­rer le cal­cul de la ré­par­ti­tion.

Ce pro­cé­dé a été mis au point pour fa­ci­li­ter les échanges au­tour du bit­coin. À l’ave­nir, il concer­ne­ra l’en­semble des ser­vices sur in­ter­net (y com­pris la mu­sique) qui peut être dé­cen­tra­li­sé, car tous les or­di­na­teurs connec­tés à ce nou­veau ré­seau de­vien­dront une par­tie de cette base de don­nées. L’ob­jec­tif est aus­si de fa­ci­li­ter la ges­tion des titres de pro­prié­té en gé­né­ral, d’au­tant que ce sys­tème as­sure plus de trans­pa­rence et risque de condam­ner la pi­ra­te­rie ou de lui faire perdre beau­coup de son in­té­rêt. Qui dit trans­pa­rence dit plus de confiance. Ces deux fac­teurs réunis condui­ront sans doute le pu­blic à mieux ré­mu­né­rer la mu­sique qu’il consomme et donc à aug­men­ter la ré­mu­né­ra­tion de l’ar­tiste.

Mais, com­ment ? Puis­qu’il s’agit ici de par­tage ? De­puis quinze ans, on dit qu’il faut em­pê­cher les gens de par­ta­ger, ça n’a pas réus­si et au mieux, ça ne relance pas les ventes. Le fait que le pu­blic ait ac­cès aux dé­tails du contrat le condui­ra à mieux com­prendre à qui son ar­gent se des­tine entre les au­teurs, ar­tistes, pro­duc­teurs et édi­teurs.

La conclu­sion

Chaque ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique pro­voque un cham­bar­de­ment dans le do­maine où elle a lieu. Nous avons connu l’ex­plo­sion du té­lé­char­ge­ment dans les an­nées 2000, place au strea­ming qui tend à s’ins­tal­ler de ma­nière durable (fi­gure 9). C’est bien lui qui pro­voque la bas­cule dé­fi­ni­tive du phy­sique au nu­mé­rique et c’est aus­si lui qui désor­ga­nise to­ta­le­ment l’in­dus­trie mu­si­cale, met­tant à mal la par­tie pro­duc­tion par ses faibles re­ve­nus en retour et qui, par ri­co­chet, fra­gi­lise les ar­tistes. Mais, c’est mieux que rien !

fi­gure 1

Spo­ti­fy.

fi­gure 2 Guillaume

Leb­lanc, Di­rec­teur Gé­né­ral

du Snep.

Le site du Snep.

fi­gure 3

Sur le site de Ti­dal.

fi­gure 4

fi­gure 5

Ca­ro­line Cham­par­naud, Di­rec­trice du Dé­par­te­ment des Droits Pho­no­gra­phiques et Nu­mé­riques

à la Sacem.

fi­gure 6

Siège de la Sacem à Neuilly. fi­gure 7 Jean-Paul Ba­zin, ad­mi­nis­tra­teur à la Spe­di­dam.

fi­gure 8

Web 3.0.

Deezer Elite.

fi­gure 9

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