Bang & Oluf­sen BM3

le ru­ban ins­pi­ra­teur

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Oh le beau Royer ! Eh bien non : il s’agit en fait d’un mi­cro fa­bri­qué au mi­lieu des an­nées 50 par le cé­lèbre « de­si­gner de hi-fi » da­nois Bang & Oluf­sen. BM est une abré­via­tion de Bånd­mi­kro­fon, mais c’est aus­si un BeoMic. Le 3 mar­quant le fait qu’il s’agit du troi­sième mo­dèle de trans­duc­teur pro­duit par la marque cou­ron­née, qui n’en sor­ti­ra que cinq en tout et pour tout.

Peter Bang et Svend Oluf­sen fondent leur en­tre­prise en 1925 et, cu­rieu­se­ment, le pre­mier pro­duit qu’ils pro­posent est un cer­tain B&O Eli­mi­na­tor, un ap­pa­reil des­ti­né à éli­mi­ner le bruit dans le cou­rant du sec­teur. Deux ans plus tard sort leur pre­mier élé­ment de ce qui n’est pas en­core de la hi-fi, une su­perbe ra­dio, la Five Lam­per, qui porte dé­jà la marque du construc­teur : un de­si­gn très épu­ré et un en­com­bre­ment net­te­ment ré­duit par rap­port aux ra­dios de l’époque, qui sont par­fois de vé­ri­tables ca­thé­drales. Une es­thé­tique par­ti­cu­liè­re­ment raf­fi­née, lo­gi­que­ment très scan­di­nave, qui va conduire la marque à re­cher­cher la col­la­bo­ra­tion des meilleurs de­si­gners, et ce­la de plus en plus au fil des dé­cen­nies. Au tout dé­but des an­nées 50, le construc­teur comp­tant ajou­ter un pre­mier ma­gné­to­phone à son ca­ta­logue, le Beo­cord Uni­tape, est ame­né à réa­li­ser un mi­cro, qui se­ra bap­ti­sé MD1, pour Mi­cro­phone Dy­na­mique N°1 on ima­gine. On ignore ce que fut le deuxième mi­cro pro­duit, mais le troi­sième, ce­lui qui nous in­té­resse, et qui a in­té­res­sé Royer, le BM3 (le BM4 est iden­tique mais offre plu­sieurs im­pé­dances quand le BM3 ne pro­pose que 150 ohms), est éga­le­ment un mi­cro dy­na­mique mais à ru­ban, cette fois, plu­tôt qu’à bo­bine mo­bile. Au mi­lieu des an­nées 50, ces mi­cros, les BM3, 4 et 6, se­ront dis­tri­bués par Dy­na­co aux États-Unis, sous la dé­no­mi­na­tion Dy­na Mikes, ce qui fe­ra qu’on en trou­ve­ra dans le monde en­tier, alors que les autres pro­duits B&O sont en­core dif­fi­ciles à trou­ver ailleurs qu’en Scan­di­na­vie.

Gra­dient de pres­sion

Le BM3 est donc un mi­cro à ru­ban, à l’al­lure fleu­rant bon la science-fic­tion des an­nées 30 (des­si­né par Erik Rørbæk Mad­sen), à gra­dient de pres­sion et qui a été qua­li­fié de « full-bass », tant sa bande pas­sante s’étend agréa­ble­ment vers le bas. Comme la plu­part des ru­bans, son dia­gramme po­laire de cap­ta­tion est de type en 8, ce qui si­gni­fie qu’il est bi­di­rec­tion­nel : le son pro­ve­nant de l’ar­rière est cap­té aus­si bien que ce­lui qui pro­vient de l’avant, sans que ce qui vient du des­sus, du des­sous et des cô­tés ne le soit.

Un trans­for­ma­teur Nu-Me­tal est pla­cé dans le corps en acier (inox) et un switch est pré­sent en « fa­çade » qui per­met de mu­ter le mi­cro ou de le pla­cer en po­si­tion voix ou mu­sique. En po­si­tion M, pour Mu­sique, la bande pas­sante va de 20 à 11 000 Hz (ou cycles par se­conde), alors qu’en po­si­tion T, pour Talk, une at­té­nua­tion des graves est ap­pli­quée du type roll-off (en des­sous de 100 Hz), ain­si qu’une at­té­nua­tion de ni­veau de 4 dB. Le ru­ban en du­ra­lu­min (al­liage à base d’alu­mi­nium, de cuivre, de ma­gné­sium et de man­ga­nèse) ne fait que quelques mi­crons d’épais­seur et ne pèse que 1,3 mg ! Une masse né­gli­geable qui per­met d’évi­ter toute ré­so­nance dans le re­gistre au­dible. Le­dit ru­ban, par­ti­cu­liè­re­ment fra­gile par es­sence, est pro­té­gé contre le vent et co­pieu­se­ment sus­pen­du in­té­rieu­re­ment. Par­ti­cu­la­ri­té du mi­cro : il est le plus sou­vent équi­pé d’un connec­teur XLR à mon­tage à vis (un énorme pas) ou à baïon­nette (sur de­mande), quand la ver­sion lo­cale l’était d’une DIN 3. Il est sur­tout pour­vu d’une ro­tule, ce qui per­met de le pen­cher dans tous les sens sans avoir à ma­ni­pu­ler le pied sur le­quel il est ins­tal­lé.

B&O, Spei­den et Royer

Le mi­cro (BM3 et 4) est pro­duit de 1955 à 1966, quand il est rem­pla­cé par le BM6 au look plus « straight », un de­si­gn qui va éga­le­ment ins­pi­rer Royer plus de trente ans plus tard.

L’in­gé­nieur du son amé­ri­cain Bob Spei­den, un fan in­con­di­tion­nel des ru­bans B&O, ap­pre­nant que ces mi­cros ne se fai­saient plus, dé­cide en 1983 de s’en faire fa­bri­quer sept ré­pliques. Il contacte en­suite Dave Royer et de leur col­la­bo­ra­tion va naître toute une série de mi­cros, jus­qu’au SF 12 sté­réo. Le marché du mi­cro à ru­ban était, en ces an­nées 80, plu­tôt dor­mant et Royer a été ce­lui par le­quel tout a re­com­men­cé. Klaus Blas­quiz

B&O BM3.

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