ren­contre : Mademoiselle K

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L’an­glais, la basse, son propre la­bel… la chan­teuse Mademoiselle K a fait sa ré­vo­lu­tion. Retour sur une mu­ta­tion con­vain­cante avec un al­bum qui sonne comme du rock an­glais.

KR:Quand est née cette en­vie d’un al­bum en an­glais ? Mademoiselle K : La dé­ci­sion est ré­cente mais le pro­ces­sus a été long. L’en­vie gran­dit en moi de­puis que, grâce à l’Al­liance Fran­çaise, on joue dans plein d’en­droits du monde. Quand tu chantes en fran­çais, pen­dant un concert à l’étran­ger, tu ai­me­rais bien que les spec­ta­teurs te com­prennent. J’avais dé­jà fait des es­sais en an­glais sur des ghost tracks de mes pré­cé­dents al­bums et là, je me suis dit que c’était le mo­ment. J’ai sor­ti trois al­bums en fran­çais, j’ai po­sé un uni­vers… je pou­vais com­men­cer un autre cycle. Le point de dé­part ?

Je suis d’abord par­tie à New York per­fec­tion­ner mon an­glais dans une école, il y avait cette ex­ci­ta­tion de re­tour­ner à l’école, d’ap­prendre. Comme c’était après la der­nière tour­née, l’éner­gie in­croyable de la ville m’a fait beau­coup de bien. J’y suis al­lée pour me nour­rir mais c’est aus­si là-bas que je me suis mise à la basse. For­cé­ment, je suis ren­trée dans des ma­ga­sins de mu­sique ! J’ai eu un coup de foudre pour des basses trop sty­lées. J’ai ache­té le même mo­dèle de Te­le­cas­ter que Sting, elle a un peu vé­cu et n’a pas le ver­nis d’ori­gine. J’ai vé­cu avec cette basse la même ex­pé­rience qu’avec ma pre­mière gui­tare Jazz­mas­ter. Tout à coup, tu as un vieil ins­tru­ment qui t’ins­pire. La basse est vrai­ment ve­nue avec l’an­glais. Com­ment ça s’est concré­ti­sé lors de la com­po­si­tion ? Quand je suis re­ve­nue à Paris, j’ai re­vu Peter, mon gui­ta­riste, et, quand on s’est re­mis à jouer en­semble, j’étais à la basse. C’était to­ta­le­ment neuf, il n’y avait pas de « conflits » entre nous. Avant, j’étais dé­jà sen­sible au groove mais quand tu joues de la basse… C’est gé­nial, juste avec une note que tu coupes ou que tu laisses son­ner, tu construis un groove. Après, pour chaque chan­son, c’est dif­fé­rent. La mé­lo­die de « Mor­ning Song » m’est ve­nue quand je ren­trais chez moi à pied une nuit. J’avais mon iP­hone avec moi, j’ai pu l’en­re­gis­trer. « Hun­gry Dir­ty Ba­by », c’est un truc un peu ré­gres­sif que je traî­nais de­puis plu­sieurs an­nées. Je me suis pris la tête sur la struc­ture, elle m’a ob­sé­dée, au point que je ne pou­vais pas pas­ser à autre chose. Ton choix d’adop­ter l’an­glais n’a pas été sans consé­quence…

Oui, EMI, la mai­son de disques de mes trois pre­miers al­bums, m’a vi­rée. Du coup, j’ai vou­lu en­re­gis­trer un 4-titres en an­glais pour dé­mar­cher les la­bels. On l’a fait avec Jo­lyon Vau­ghan Tho­mas, une su­per ex­pé­rience. Pro­blème : les la­bels étaient in­té­res­sés par mon image mais at­ten­daient un autre al­bum en fran­çais. Ils ne com­pre­naient pas ma dé­marche. Alors, j’ai mon­té la struc­ture Kra­vache, on a ob­te­nu l’aide de l’Ada­mi. On a eu un bud­get pour pro­duire tout le reste de l’al­bum. Plus tard, je suis al­lée à Londres.

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