Uj­jaya

So­me­thing Hap­pens

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Écou­ter, oui, c’est ce que vous fe­rez, comme une pre­mière mem­brane qui vous fe­ra ac­cé­der à ce Quelque Chose Qui Se Pro­duit, à la fois cette com­mu­nion et cette ex­trac­tion du reste. Les at­mo­sphères, sons, voix se com­binent en es­paces où l’on est tel­le­ment là et par­tout ailleurs. Uj­jaya est fait de voyages, il n’ha­bite pas les lieux, il est ha­bi­té de lieux. Tout au plus ha­bite-t-il ce­lui qui re­cèle ses deux MacBook avec Reak­tor, Mas­sive, Ab­synth, Cu­base LE et Rea­per, mon­tage de par­ti­tions Win­dows sur les Mac où faire tour­ner les syn­thés HG For­tune sur Frui­ty Loops, console Sound­craft, Ya­ma­ha FX500 et Di­gi­Tech Space Sta­tion par­mi une nuée d’ef­fets… « J’es­saye un tas de com­bi­nai­sons pour n’en re­te­nir que très peu. L’im­por­tant est vrai­ment d’avoir le cou­rage de sup­pri­mer ce qui n’est pas es­sen­tiel. La mu­sique m’est don­née, mon rôle est ce­lui de filtre. » Vous croyiez écou­ter, mais c’est bien da­van­tage que vous fe­rez…

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KR: Vous êtes très ac­tif, outre l’or­ga­ni­sa­tion du 1er Fes­ti­val Am­bient Pa­ri­sien (2e édi­tion en cette fin de mai), vous avez don­né ré­cem­ment un Sleep Concert de 21 hà 6 h, ra­con­tez-nous com­ment ce­la se vit ?

Plus je me rap­proche de la date, plus j’es­saye d’in­ver­ser mon nyc­thé­mère. Je me lève de plus en plus tard et me couche de plus en plus tard. En plus l’am­bient a une qua­li­té ré­gé­né­rante pour ce­lui qui la joue. Pour les au­di­teurs, j’es­saye de jouer une mu­sique à un vo­lume suf­fi­sam­ment bas pour qu’ils puissent s’en­dor­mir, et j’ac­com­pagne leur som­meil. Cer­tains dorment très peu et as­sistent pra­ti­que­ment à tout le concert les yeux ou­verts. D’autres dorment par in­ter­mit­tence. D’autres per­çoivent la mu­sique avec une acui­té telle que cer­tains pas­sages peuvent les mettre mal à l’aise même joués à une in­ten­si­té li­mi­naire. Vous pos­sé­dez un in­croyable ins­tru­men­ta­rium, fruit de vos voyages, avez-vous échan­tillon­né ces ins­tru­ments, par exemple dans l’idée de leur évi­ter de dis­pa­raître dans la mé­moire col­lec­tive ?

Mis à part le yomk­wom (planche de paille bur­ki­na­baise), le ce­lam­pung (per­cus­sion à res­sort ba­li­naise) et le bian qin (xy­lo­phone de pierre chi­nois), la plu­part des ins­tru­ments que je pos­sède ont dé­jà fait l’ob­jet d’en­re­gis­tre­ments. Par ailleurs je suis en contact avec des ins­tru­men­tistes qui font vivre ou re­vivre les ins­tru­ments tra­di­tion­nels de leur pays. À cô­té de l’in­for­ma­tique et des DJ, je vois des gens re­la­ti­ve­ment jeunes qui per­pé­tuent les tra­di­tions ins­tru­men­tales. Quand les jeunes gé­né­ra­tions se las­se­ront du tout in­for­ma­tique, il y au­ra un retour vers l’ins­tru­ment et vers leurs ra­cines. Oli­via Clain

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