Ka­ri­mouche du groove en fran­çais

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Après Em­bal­lage d’Ori­gine et près de 400 dates, Ca­ri­ma Ama­rouche alias

Ka­ri­mouche sort son se­cond al­bum, Ac­tion. « Pas­sé la côte de la tren­taine / la qua­ran­taine à l’ho­ri­zon / on a moins

le temps de rê­ver / on est condam­né à l’ac­tion. » Ma­gyd Cher­fi, Vincent Se­gal,

Kosh ou R.wan ont col­la­bo­ré à ce projet pro­duit par l’ac­cor­déo­niste Lio­nel Sua­rez, dont elle nous a en­tre­te­nus avant son pre­mier concert au Pan Pi­per.

KR:Quel par­cours t’a conduite à la chan­son ? Ka­ri­mouche : À la base, je suis cos­tu­mière et co­mé­dienne. Je fai­sais du one-man-show et ça m’ar­ri­vait de po­ser des textes de Piaf, de Brel ou de Fré­hel sur des grosses ins­trus hip hop quand j’étais in­vi­tée par des cou­sins ou des ga­mins de mon quar­tier. Après, j’ai tour­né avec la com­pa­gnie de danse hip hop Kä­fig et j’ai com­men­cé à écrire de vrais mor­ceaux comme « Le P’tit Ka­wa » ou « Rag­ga­muf­fin ». Ça fait long­temps que tu avais « Le P’tit Ka­wa » dans la tête ?

Je l’ai écrit en 2000 et l’al­bum est sor­ti en 2010 parce que je n’ima­gi­nais pas faire de disque un jour. Au ha­sard des ren­contres, j’ai croi­sé la route de Phi­lippe Del­mas d’Ar­tis­tic Tour, qui a dé­ci­dé de me pro­duire. On a tour­né pen­dant quatre ans et fait près de 400 concerts en France et à l’étran­ger. Ça ne t’a pas po­sé de pro­blème de chan­ter en fran­çais à l’étran­ger ?

Ben non ! Com­bien de fois je suis al­lée à des concerts en an­glais où je ne com­pre­nais rien mais que j’ado­rais pour le groove et le flow. Du coup, quand on a joué en Égypte, j’ai vu toutes ces pe­tites têtes voi­lées et dé­voi­lées re­muer sur la mu­sique, je t’avoue que j’ai kif­fé ! C’est un peu mon chal­lenge, même si je n’y suis pas en­core ar­ri­vée com­plè­te­ment, j’as­pire à faire groo­ver la langue fran­çaise. Que re­pré­sente la danse dans ton spec­tacle ?

Je viens d’une forme par­ti­cu­lière du one-man-show, le stand-up, qui est dé­jà très ex­pres­sif où tu parles avec les mains, avec le sens du rythme, et puis j’ai gran­di dans une fa­mille de femmes qui aiment dan­ser, du coup j’ai été at­teinte moi aus­si et j’adore les gens qui dansent même s’il y en a plein qui disent « Ah mais moi je ne sais pas dan­ser ! », en vrai tout le monde sait dan­ser, il y a sim­ple­ment des gens qui n’osent pas mais cha­cun peut avoir sa propre ex­pres­sion. Il y a beau­coup de col­la­bo­ra­tions pour Ac­tion, com­ment ça s’est pas­sé ?

J’ai sol­li­ci­té R.wan et Ma­gyd Cher­fi qui m’a écrit par exemple « Ki C’Ki MM ». J’ai dé­cou­pé son texte brut pour trou­ver la struc­ture. Pour « La Marche Ar­rière », il a fait les textes et moi la mu­sique avec Lio­nel Sua­rez et on a co-écrit « Princes Prin­cesses ». Ça me ras­sure de tra­vailler avec des gens qui me connaissent, j’ai l’im­pres­sion d’ar­ri­ver à m’ap­pro­prier le texte, car j’adore in­ter­pré­ter. Quelle for­mule de scène as-tu en­vi­sa­gée pour ce deuxième al­bum ?

On était trois dans l’an­cienne équipe avec Jean-Pierre Ca­po­ros­si aux cla­viers, Kosh au beat­box et à la MPC. À pré­sent, la for­mule est re­nou­ve­lée et on est cinq avec un gui­ta­riste, un autre cla­vié­riste et un bat­teur-per­cus­sion­niste, car j’avais en­vie de tra­vailler un peu plus le son de la ryth­mique, mais tou­jours trai­tée avec du beat­box, en al­lant da­van­tage vers le cô­té ma­chine, avec des pads or­ga­niques, ty­pés élec­tro, joués en di­rect. Ce n’est pas évident de mé­lan­ger les deux, j’ai dé­jà fait ré­duire la bat­te­rie à une grosse caisse / caisse claire et quelques ac­ces­soires. J’ai eu aus­si en­vie d’es­sayer plu­sieurs pistes nou­velles, comme des pro­gram­ma­tions dans Able­ton Live, que l’on n’uti­li­sait pas avant, pour dé­clen­cher un qua­tuor de violons ou faire un ap­pui avec des choeurs par exemple. Ça t’a pris pas mal de temps entre les deux al­bums ?

Je tour­nais en même temps que je fai­sais du stu­dio et c’était com­pli­qué de gé­rer les deux. D’autre part, j’ai écou­té les conseils de mon en­tou­rage qui me di­sait de prendre le temps, vu le marché du disque. J’avais aus­si en­vie de chan­ter plus, tout en gar­dant des pas­sages très ur­bains. Chaque mor­ceau est dif­fé­rent, dans « Mon Nom Est… », c’est comme un pe­tit wes­tern, « Des Mots Dé­mo­dés » un tan­go, « Princes Prin­cesses » est plus hip hop, « La Tête Dans Le Gui­don » est un mor­ceau très six­ties… J’ai eu l’im­pres­sion d’être dans un grand ci­né­ma à me faire des films toute la jour­née dans des salles dif­fé­rentes. Fran­çois Bou­che­ry

Ac­tion [Blue Line / PIAS] www.blue­li­ne­pro­duc­tions.in­fo

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