DR8 Sal­mié­ri

pro deep !

KR Home-Studio - - TESTS -

Le fa­bri­cant fran­çais n’en est pas à son coup d’es­sai en ma­tière de packs per­cus­sifs et pour­suit sa col­la­bo­ra­tion avec le bat­teur Claude Sal­mié­ri pour la concep­tion de ce nou­veau kit de huit mi­cros, des­ti­né à l’en­re­gis­tre­ment de la bat­te­rie et des per­cus­sions. Au pro­gramme, des courbes de fré­quences plus pleines, de la ligne plus fine, un mi­cro de grosse caisse loo­ké vin­tage, et tou­jours au­tant d’agres­si­vi­té au ni­veau prix ! Reste à en ana­ly­ser son rap­port à la qua­li­té…

Celle-ci s’an­nonce avec par­ti­cule, tant est re­mar­quable la ma­jes­té de cette mal­lette qui hé­berge nos « drum mics ». Pro­dipe a tou­jours eu un faible pour les em­bal­lages soi­gnés, et le DR8 ne fait pas ex­cep­tion, se voyant li­vré dans un flight-case élé­gant. Dom­mage seule­ment que la poi­gnée soit en plas­tique, quoique suf­fi­sam­ment so­lide, mais sur­tout que les fer­moirs soient un peu lé­gers : il fau­dra être soi­gneux ! Quoi qu’il en soit, l’in­té­rieur est im­pec­ca­ble­ment rem­bour­ré de mousse an­ti­choc et tout est par­fai­te­ment pro­té­gé, et pré­sen­té !

Les trois ca­va­liers !

Le DR8 com­prend trois types de mi­cro dif­fé­rents, avec quatre DRM-C (fi­gure 1) pour la caisse claire et les toms, trois DRM-OV (fi­gure 2) pour les ove­rheads et le char­ley, et un DRM-KD (fi­gure 3) pour la grosse caisse. Les DRM-C sont dynamiques, uni­di­rec­tion­nels et offrent une ré­ponse en fré­quences entre 50 Hz et 15 kHz, tan­dis que les KD des­cendent à 30 Hz, tou­jours jus­qu’à 15 kHz, tout en étant dynamiques et su­per-car­dioïdes. Les trois DRM-OV sont par contre élec­trets, car­dioïdes, tou­jours uni­di­rec­tion­nels. Ils offrent une ré­ponse en fré­quences s’éten­dant de 30 Hz à 18 kHz, et né­ces­sitent une ali­men­ta­tion fan­tôme (9 V - 52 V) en rai­son de leur cel­lule à conden­sa­teur « black-elec­tret ». En sus, une bonne nou­velle du cô­té ac­ces­soires, avec la pré­sence de quatre clamps pra­tiques per­met­tant de mon­ter les DRM-C di­rec­te­ment sur le cercle des fûts, et ain­si de se dis­pen­ser de pieds de mi­cro, tout en conser­vant une bonne la­ti­tude de po­si­tion­ne­ment grâce

à une cou­lisse au­to­ri­sant d’ajus­ter la hau­teur du mi­cro par rap­port à la peau. Con­cer­nant les ove­rheads, on dis­pose d’une pince pour la fixa­tion sur un pied, mais, pe­tite déception, Pro­dipe a lais­sé tom­ber les pe­tites bon­nettes qui étaient li­vrées avec les an­ciens packs…

Le DRM‐KD

Ce mi­cro des­ti­né à la grosse caisse est sans au­cun doute la star de ce cof­fret, puis­qu’il vient tout juste de faire son ap­pa­ri­tion dans le ca­ta­logue Pro­dipe, au sein du­quel il est dis­po­nible en so­lo pour 99 €. Grande nou­veau­té donc, qui nous re­plonge dans la mode vin­tage. Il adopte en ef­fet un de­si­gn rap­pe­lant ce­lui qui a fait la for­tune des AKG D12 dans les 70’s, avec la bonne vieille forme rec­tan­gu­laire des fa­milles et la grille bi­co­lore chro­mée/noire : on a beau faire mo­derne chez Pro­dipe, on n’en a pas pour au­tant per­du le sens des valeurs tra­di­tion­nelles ! No­tons sim­ple­ment une seule pe­tite conces­sion à l’image de la lé­gende : le clamp de fixa­tion au pied de mi­cro n’est pas ici en mé­tal, mais en plas­tique, et n’est pas di­rec­te­ment fixé au mi­cro sur une ro­tule d’orien­ta­tion de l’angle de po­si­tion ver­ti­cale comme il l’était sur le D12, ce qui, au pas­sage, pou­vait d’ailleurs s’avé­rer peu pra­tique en rai­son du serrage né­ces­si­tant un tour­ne­vis. On bé­né­fi­cie donc ici d’un pe­tit pa­pillon bien pra­tique qui per­met­tra un ré­glage fa­cile. Par contre, le prin­cipe de fixa­tion est conçu au­tour d’un tube fe­melle dans

le­quel cou­lisse le tronc du mi­cro, et qui ne pos­sède pas de sys­tème de serrage. Il laisse ain­si le mi­cro libre de tour­ner dans le tube, et de se désaxer lé­gè­re­ment, si, par exemple, le câble est bou­gé, ce qui peut tou­jours ar­ri­ver sur scène. Heu­reu­se­ment, la prise est as­sez so­lide pour un bon main­tien dans des condi­tions nor­males ! Pour le reste, c’est du ve­lours de fi­ni­tion !

De la courbe pleine

C’est éga­le­ment au ni­veau de la ré­ponse en fré­quences que le DRM-KD re­joint l’élo­quence de son vé­né­rable an­cêtre. On re­trouve en ef­fet ici le même pe­tit boost dans les basses fré­quences, entre 100 et 200 Hz, qui per­met­tra de ré­cu­pé­rer tout le deep-end né­ces­saire au bon gros kick de 24’’. Sur la 22’’ en érable que nous avons d’abord uti­li­sée pour le test, les basses sont très pré­sentes, avec un sé­vère dé­pla­ce­ment de ga­melle quand on y va un peu. Ça ronfle à l’aise, comme dans les deux cy­lindres d’une Fat Boy et l’on ne se­ra pas en manque de riz bass-ma­tique si l’on aime les drum­trax bien rock.

De plus, une se­conde pe­tite crête bien agréable vient nous cha­touiller le kick au­tour de 5 kHz, pour ré­cu­pé­rer au pas­sage un peu de pré­ci­sion, avec un click de la batte bien poin­tu comme il faut. Idéal éga­le­ment pour les grosses per­cus­sions, ou les basses slap­pées, qui, en plus du low-end, ont be­soin d’un peu de mé­tal en haut de la courbe. C’est ici chose faite, et l’on dis­pose ef­fec­ti­ve­ment du mor­dant né­ces­saire à la clar­té de l’at­taque.

Reste la plaine cen­trale qui, elle aus­si, re­prend la nette pla­ti­tude de la tra­di­tion D12. Pro­dipe y va même sur son ca­ta­logue d’un slo­gan in­té­res­sant, af­fir­mant que « con­trai­re­ment à cer­tains mi­cros à la ré­ponse en fré­quences ar­ti­fi­ciel­le­ment creu­sée, le DRM-KD res­ti­tue l’in­té­gra­li­té du son de la grosse caisse, lais­sant à l’in­gé­nieur du son la li­ber­té d’éga­li­ser ». C’est pas beau, ça ? Mais en clair, qu’est-ce que ce­la peut bien sug­gé­rer ? Eh bien tout sim­ple­ment que l’on n’a pas op­té pour le pe­tit creux dans les mé­diums que pro­pose, par exemple, l’autre grande star du kick, le D6 d’Au­dix, ou le PGA52 de Shure.

En ef­fet, ce­lui-ci est sou­vent plé­bis­ci­té par les ama­teurs de son très pê­chu, qui n’ont pas en­vie de se prendre la tête à fil­trer tout le mé­dium pou­vant s’avé­rer vite dé­bor­dant sur des fûts larges, et qui peuvent ob­te­nir le boom et le click d’un seul coup, sans EQ. C’est ef­fec­ti­ve­ment très pra­tique, mais peut po­ser un pro­blème de cha­leur lorsque l’on sou­haite re­trou­ver les so­no­ri­tés vin­tage plus apla­ties et moins agres­sives des 70’s, ou lorsque l’on en­re­gistre des grosses caisses de 18’’ ou de 16’’, dont le meilleur bois va jus­te­ment don­ner toute son ori­gi­na­li­té dans ce creux de la courbe du mi­cro.

Pro­dipe opte donc ici pour cette pe­tite touche un peu moins mo­derne, qui de­man­de­ra peut-être un peu plus d’at­ten­tion à l’éga­li­sa­tion, mais qui of­fri­ra aus­si une plus grande po­ly­va­lence au set, ne le can­ton­nant pas au pop/rock.

N’ayant pas sous le pied de grosse caisse de 18’’ pour le test, nous avons ten­té l’ex­pé­rience avec un tom basse de 16’’ trans­for­mé en bass drum avec un pe­tit cous­sin et un adap­ta­teur : on ob­tient une so­no­ri­té très na­tu­relle, qui reste douce et onc­tueuse sur toutes les in­ten­tions dynamiques, sans dé­na­tu­rer la ré­so­nance du fût. Cette qua­li­té per­met­tra aus­si d’uti­li­ser le mi­cro pour des basses aux doigts bien ron­flantes, ou pour un ca­jon. Et pour les plus gros fûts, on pour­ra tou­jours mettre un pe­tit tour vers la gauche sur le po­tard des mé­diums !

Je ne veux voir qu’une tête !

À l’ins­tar des pré­cé­dents kits de mi­cros Sal­mié­ri, comme le ST8, nous dis­po­sons ici d’un même mo­dèle pour la caisse claire et les toms. Pro­dipe a re­vu le de­si­gn de ce mi­cro po­ly­va­lent, plus com­pact. La grille reste noire et par­ti­cu­liè­re­ment so­lide, et là en­core, on est dis­pen­sés de pince, le mi­cro in­cor­po­rant di­rec­te­ment la ro­tule d’angle et le sys­tème de vis­sage au pied ou au clamp de mi­cro. Tout ce­la est simple mais pra­tique, so­lide mais élé­gant, et confor­table grâce à un pe­tit pa­pillon de ré­glage suf­fi­sam­ment vo­lu­mi­neux.

Cô­té har­mo­nique, la courbe de ré­ponse s’est éga­le­ment lé­gè­re­ment apla­tie, comme pour le mi­cro de grosse caisse. Si les an­ciens ST8 avaient une pe­tite min­ceur au­tour des 1 kHz, le DRM-C nous la fait bien lisse à ce ni­veau, et pousse en­suite la cam­brure vers les som­mets, entre 3 et 8 kHz, pour of­frir une bonne dé­fi­ni­tion des ai­gus.

À l’es­sai, les mi­cros s’avèrent très po­ly­va­lents, per­met­tant de tra­vailler dans de nom­breux styles, mais aus­si sur des fûts très dif­fé­rents, sans ja­mais dé­cro­cher. La ré­ponse li­néaire des mé­diums per­met de ré­cu­pé­rer le corps des toms basses avec une bonne cha­leur, tan­dis que le timbre de la caisse claire est somp­tueu­se­ment af­fi­né par le boost en hau­teur de la courbe. Cette pré­sence scin­tillante ap­pa­raît clai­re­ment, et pour­ra même être un peu cal­mée à la console, si l’on sou­haite une so­no­ri­té plus vin­tage. Par contre, il se­ra idéal pour les pe­tites per­cus­sions, comme les bon­gos ou les tim­bales cu­bains. Bref, un qua­tuor éner­gique mais aux courbes pleines : une bonne équa­tion !

Am­biance et char­ley !

Cô­té room, enfin, on re­trouve les trois mi­cros à conden­sa­teur DRM-OV, dont la cap­sule s’est lé­gè­re­ment ré­tré­cie par rap­port aux an­ciens ST8-A1, celle-ci pas­sant de 22 à 16 mm. On perd théo­ri­que­ment un peu en fi­nesse dans les ai­gus, avec une courbe de fré­quences lé­gè­re­ment moins haute, les an­ciens ST8 an­non­çant 20 kHz, contre 18 kHz ici. Mais que l’on se ras­sure, nous n’avons consta­té au­cune perte no­table de pré­ci­sion sur l’en­re­gis­tre­ment des ré­verbs, qui res­tent très claires et dé­fi­nies dans une res­ti­tu­tion sté­réo pé­tillante. De plus, ce nou­veau mo­dèle aug­mente sa ca­pa­ci­té d’en­cais­se­ment à 135 dB, ce qui per­met de se rap­pro­cher un peu des grosses cym­bales si l’on a be­soin de pré­sence sup­plé­men­taire. Enfin, un lé­ger boost vers les 10 kHz amé­liore le ren­du du char­ley et per­met au mi­cro une ex­cel­lente pré­ci­sion sur le jeu très fer­mé. Un bon com­pro­mis entre fi­nesse et patate ! Ma­nuel Du­bi­geon

fi­gure 1 Le DRM‐C pour la caisse claire et les toms.

fi­gure 2

Le DRM‐OV pour les ove­rheads

et le char­ley. fi­gure 3 Le DRM‐KD pour la grosse caisse.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.